RÉFORMES UNIVERSITAIRES : MADAME LE MINISTRE MARIE-ODILE ATTANASSO EN PARLE SUR RADIO ORTB

5 Nov, 2017 | Par | Rubrique : A la une, Manchette
« 90 Minutes Pour Convaincre » sur Radio Bénin a reçu, ce Dimanche 29 Octobre 2017, Madame Marie Odile ATTANASSO, Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique. Le débat était sur le thème : « Réformes dans l’enseignement supérieur sous le régime de la Rupture« .
En l’entame de l’émission, l’invitée a tenu à remercier le Chef de l’État pour l’avoir reconduite dans ses fonctions lors du remaniement ministériel passé. Ce renouvellement constitue pour elle « un signe de détermination. Le Chef de l’État nous demande d’aller plus loin et d’améliorer le sous secteur de l’éducation ».
Le 1er dossier abordé au cours de l’émission a concerné les nouvelles modalités d’accès des étudiants au niveau supérieur.
Pour Madame le ministre, le mode choisi pour accéder à l’enseignement supérieur est la sélection sur dossier dans les écoles et instituts universitaires. Avant les réformes, l’État avait l’habitude de sélectionner un certain nombre de boursiers et de demi-boursiers. Et une bonne partie qu’on appelle des sponsors, les totalement-payants étaient à la sélection des différentes autorités des universités.
Ce système avait pour conséquence, selon le ministre, la sélection des étudiants ayant 10 de moyenne au détriment de ceux qui avaient 15 ou 16 de moyenne. Cette méthode était injuste à ses yeux. D’où à son arrivée, elle a apporté du nouveau dans le système de sélection.
Dans sa réforme, Madame le ministre a signifié, qu’au lieu de faire le dépôt des dossiers après le BAC, l’orientation sera faite en cours d’année afin de permettre à tous les candidats de déposer les dossiers en attendant qu’ils aient le BAC. Après cela, la sélection se fait par mode de calcul. Ainsi, nous ferons la somme de la moyenne obtenue au BAC, les moyennes des matières fondamentales de la filière et la moyenne coefficiée du français ou d’une autre matière, le tout sur trois (03). La moyenne obtenue permettra de savoir si vous êtes sélectionné ou non. Ce qui fait que le bachelier qui a eu 15 de moyenne au BAC peut être sélectionné à la place de celui qui a obtenu 16 de moyenne. Ceci, à cause de la pondération sur la matière fondamentale.
Mais ce mode de sélection ne s’applique pas dans celui fait dans les facultés à grand effectif. Selon Madame le Ministre, les critères de sélection sont définis par les chefs d’établissements. Donc, ce volet étant académique, il échappe aux réformes.
Le dossier suivant abordé est celui de la généralisation des frais d’inscription. Selon madame le Ministre, « jusqu’au moment où je vous parle, les frais d’inscription n’ont pas encore changés ». Ensuite, elle a laissé entendre que  » les frais d’inscription sont à 15.000f ». Répondant à la question des journalistes sur les nouveaux frais d’inscription annoncés, elle a dit que  » les 25.000f, 50.000f et 75.000f annoncés sont en débat ».
Au cours du débat, madame le Ministre a laissé entendre que  » lorsque vous regardez par rapport au décret 2008 qui a été mis en vigueur entre 2008-2009 supprimant les frais d’inscription aux non-boursiers, non-secourus, non salariés, vous avez 70% des étudiants qui ne paient pas de frais d’inscription. Seuls les 30% paient les frais d’inscription. Je ne sais pas s’il y a une université qui peut résister à ces frais qu’on donne aux universités ». Elle continue dans son argumentaire en disant que  » lorsque vous regardez cela, le responsable d’entité, à force de ne pas avoir de moyens, agit sur les frais de formation ». A travers ces dires, nous comprenons qu’après cette décision de gratuité, les promesses faites par l’État n’ont pas été respectées. Ce qui pousse les entités à ne pas fonctionner correctement. Ceux-ci sont obligés d’augmenter les frais de formation.
Alors, l’une des ambitions du gouvernement de la rupture est d’harmoniser les frais d’inscription pour tout le monde de manière à ce que les entités aient plus de moyens et réduisent les frais de formation. Selon madame le Ministre, le débat est en cours avec le chef de l’État.
En ce qui concerne les conditions d’attribution des allocations universitaires, avant, lorsque vous passez de la 1ère année à la 2ème année, il vous fallait avoir 11,51 de moyenne pour bénéficier de la bourse. Aujourd’hui, « nous sommes dans le système LMD » et « le décret a été revu en fonction des nouvelles modalités de formation » a dit le Ministre. Selon la Nouvelle réforme, lorsque vous êtes boursiers et retenus en 1ère année, vous avez la bourse pour les 3 années à venir et vous avez droit à redoubler une seule fois sinon vous la perdez.
Les bourses seront donc payées mensuellement par voie bancaire. Cette bancarisation va permettre la sécurisation des étudiants et l’assainissement de l’environnement.
Dans sa collaboration avec les associations estudiantines, le Ministre a fait savoir que l’État a décidé de ne pas réorganiser ces associations, mais leur a donné des critères de collaboration. Les étudiants seront libres de créer les associations, des instituts, mais leur interlocuteur auprès de l’administration rectorale, du ministère et de l’État doit être représentatif pour toutes les associations à 30% au niveau rectorale et à 40% au niveau national. Celles qui n’auront pas atteint ce pourcentage au cours de l’élection, resteront des associations légales qui peuvent mener leurs activités sur le campus. Ces représentants seront élus pour un mandat de 3 ans.
De la construction des amphis, madame le ministre a fait savoir que les bâtiments qui étaient des éléphants blancs ont été achevés, équipés et livrés dans toutes les universités publiques.
 » Nous avons comme ambition de revoir la spécialisation des amphis et des laboratoires qui sont construits. Et nous rassurons qu’il y a beaucoup d’études qui sont déjà terminées et que nous rentrons effectivement dans le processus de construction pour la rentrée 2017-2018 « , a-t-elle ajouté.
Concernant le dossier de recrutement des enseignants, le Ministre a fait savoir que nous avons dépassé la proportion qu’il faut en matière de masse salariale au niveau du budget national. Recruter encore, nous obligerait à sortir des normes indiquées par la sous-région. En 2018, il y aura des recrutements d’assistants et de professeurs.  » Nous avons mis en place une nouvelle modalité de recrutement. Nous avons discuté avec les recteurs et le processus va être enclenché dans quelques jours. Tout est fin prêt pour qu’on lance le recrutement des enseignants » a fait savoir le Ministre de l’Enseignement supérieur.
Le dernier dossier abordé est celui des établissements privés. Sur ce volet, le Ministre a fait savoir que  » nous avons eu 87,91% de succès aux examens ». Des réticences importantes ont été constatées de ces établissements.  Donc, elle promet faire prendre une décision dans les prochains jours qui va contraindre tous les étudiants en licence et Master à passer cet examen. Dans le cas contraire, les diplômes qui seront signés par les établissements ne seront pas valables.
Par Florentin DOSSOU

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