Plénière à l’Assemblée nationale : Aké Natondé, l’initiateur de la loi sur l’embauche, parle de ses avantages et invite ses collègues à un vote utile

22 Mar, 2017 | Par | Rubrique : Chronique

Les députés de la 7è législature, dans le cadre de la 2è session extraordinaire de l’année 2017, abordent actuellement l’examen du rapport relatif à la proposition de loi fixant les conditions et la procédure d’embauche, de placement de la main-d’œuvre et de résiliation du contrat de travail en République du Bénin. Une occasion pour l’initiateur de cette proposition de loi,  le député Aké Natondé,  qui se bat constamment dans le sens de la création puis de la  sécurisation des emplois aux jeunes, de porter sa toge. Au cours des débats généraux ce jour mardi 21 mars 2017, il a passé en revue les avantages et surtout les progrès réalisés dans le secteur de l’embauche au Bénin aussi bien pour les employeurs que pour les travailleurs,  avec le vote de cette loi. Rassurant de ce que tout sera fait pour le vote du code de travail, il a invité ses collègues à donner carte blanche à la présente loi.

Lire ci-dessous l’intégralité de ses propos :

« …Merci monsieur le président, je n’ai pas grand-chose à dire. Je pense que le collègue Noureni Atchade dans la première partie de son intervention, a  suffisamment entretenu l’Assemblée Nationale sur les avantages de cette loi si elle était votée par la représentation nationale. Je crois que l’exposé des motifs tel que présenté  par la commission a été très exhaustif.  Le problème du sous emploi est crucial dans notre pays en ce 21 è siècle où l’économie mondiale est en récession. L’économie béninoise étant fragile, n’échappe pas à cette récession et ses effets pervers qui engendrent le sous-emploi et le chômage des jeunes.

Et lorsque nous connaissons le nombre  de diplômés qui sortent de nos universités, le nombre de jeunes qui sortent des ateliers, des apprentis qui sont « libérés » chaque année et qui viennent sur le marché de l’emploi, il est important pour notre pays, pour le législateur béninois,  de compléter les dispositions en matière de code du travail parce que notre code actuel assez figé qui ne promeut pas la création d’emploi, parce que c’est l’entreprise qui crée l’emploi.  Et cette proposition de loi vise à équilibrer les droits de l’employeur et de l’employé afin de rendre plus fluides les relations entre ces deux parties.

C’est pour cela que nous avons proposé cette loi et je pense que, cette loi une fois adoptée, permettra de régler vraiment dans une certaine mesure ce problème de frilosité des entreprises  à créer l’emploi.  C’est vrai que les collègues vont donner leurs avis et peut être des amendements. Ce qui est sûr, c’est que la loi telle que proposée permettra déjà de limiter le phénomène des stagiaires éternels qu’il y a dans nos entreprises. Il y a des employeurs qui ont tellement peur de recruter parce qu’ils savent qu’une fois qu’on a recruté un Béninois et qu’il devient agent permanent  dans la structure, il se met en grève jusqu’à la retraite. Est-ce que c’est sérieux ? Il faut corriger ça.

Vous voyez des structures qui recrutent des stagiaires et qui renouvellent les stages indéfiniment puisque la loi n’interdit pas de renouveler les stages. Et généralement ces gens qui sont des stagiaires ne sont pas déclarés à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS).  Monsieur le président, la loi va corriger tout ça. Désormais, les entreprises  pourront recruter avec des contrats à durée déterminée. Avant, le contrat à durée déterminée  (CDD) était tellement rigide que lorsque l’entreprise se permet de prendre quelqu’un en contrat à durée déterminée, la rupture de contrat n’est même pas prévue. Or il faut une certaine souplesse dans ce domaine pour rassurer l’employeur et lui permettre de prendre la responsabilité d’engager de nouveaux employés.

Cette loi vient corriger ce manque. Monsieur le président, je crois sincèrement que si j’ai quelque chose encore à ajouter, c’est d’inviter les collègues à voter cette loi pour permettre de renforcer le corpus législatif de notre pays  en matière de législation du travail.  Le code du travail suivra plus tard. Nous allons y travailler. Je vous remercie.  … »

Propos recueillir Émeric Joël ALLAGBE

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