Journée Internationale de l’Epilepsie (JIE 2017) : Le message du Sénat des Jeunes du Bénin (SJB) à la jeunesse

10 Fév, 2017 | Par | Rubrique : A la une, Afrique, Manchette


Le 8 février est la Journée Internationale de l’Epilepsie (JIE) dont le but est de promouvoir les droits des malades épileptiques dans le monde entier. Pour cette année 2017, la Chambre Santé & Environnement du Sénat des Jeunes du Bénin (SJB) revient sur l’essentiel de ce qu’il faut savoir sur l’épilepsie : une maladie fréquente mais souvent mal comprise par les populations.

​​Qu’est-ce que l’épilepsie ?

L’épilepsie est une maladie neurologique chronique, non contagieuse, caractérisée par la répétition plus ou moins fréquente de crises dites épileptiques, de formes cliniques variables (notamment des crises convulsives, partielles ou généralisées). Cependant, la plupart des gens résument l’épilepsie à l’une de ses manifestations la plus spectaculaire appelée crise tonico-clinique.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l’épilepsie touche plus de 50 millions de personnes dans le monde dont 30 millions dans la région asiatique et 10 million en Afrique y compris le Bénin.

L’épilepsie peut concerner toutes les tranches d’âges mais, le plus souvent, elle touche les enfants, les adolescents et les personnes âgées.

​​​Quelles sont les causes de l’épilepsie ?

Les causes de l’épilepsie sont très nombreuses. Tout le monde peut être concerné par l’apparition d’une crise épileptique sans pour autant être « épileptique ».
D’une manière générale, on distingue 3 catégories d’épilepsies :
✅Les épilepsies secondaires ou symptomatiques qui sont liées à une lésion cérébrale : malformation congénitale, accident vasculaire cérébral (AVC), tumeur cérébrale, traumatisme crânien
✅Les épilepsies idiopathiques ou génétiques pour lesquelles il n’y a aucune cause décelée ou détectée. Elle sont souvent liées à une prédisposition génétique.
✅Les épilepsies cryptogéniques pour lesquelles une cause organique supposée existe mais les lésions ne peuvent être mises en évidence avec les moyens médicaux.
Un facteur prédisposant peut aussi être d’origine toxique comme les médicaments (exemple du tramadol) qui abaissent le seuil épileptogène. Des crises occasionnelles peuvent aussi être causées par des convulsions fébriles, l’hypoglycémie, les troubles ioniques, l’hypocalcémie, l’hyponatrémie, l’alcoolisme, l’ivresse aiguë, etc.

​​​​​Comment se manifeste l’épilepsie ?

L’épilepsie est un symptôme neurologique causé par un dysfonctionnement passager du cerveau. La manifestation visible de l’épilepsie est la crise qui peut varier en intensité et en fréquence. Tout le monde peut être concerné par une crise d’épilepsie, mais dans la moitié des cas, il n’y en aura plus jamais d’autres.

Les crises, qui ne se traduisent pas toutes par une perte de connaissance brutale, peuvent prendre différentes formes. Il existe une variété de symptômes dont :

✅Des absences (essentiellement chez les enfants) durant lesquelles la personne perd le contact avec son entourage pendant quelques secondes ;
✅Des mouvements anormaux (mâchonnements, rotation de la tête et des yeux, etc.) ;
✅Des contractions musculaires involontaires ;
✅Des hallucinations sensorielles (auditives, visuelles) ;
✅Des convulsions (lors de la crise dite tonico-clonique) avec perte de connaissance.

Le diagnostic de l’épilepsie se fait sur la base des données cliniques (fournies notamment par le patient et son entourage) et des examens complémentaires. L’enregistrement des données électro-encéphalographiques est l’unique moyen pour mettre directement en évidence l’activité épileptique. En effet, l’électro-encéphalographie (EEG) permet d’enregistrer de manière directe l’activité électrique produite au niveau le plus élémentaire par les neurones. Cet examen est incontournable pour le diagnostic et la classification des épilepsies.

​​​​​Quelle conduite tenir en face d’une crise d’épilepsie ?

Les crises peuvent être impressionnantes pour les témoins. Si une crise de convulsion survient, il faut s’assurer que l’individu ne puisse pas se blesser par ses mouvements, il faut donc garder son calme et
✅Ecarter les objets autour de lui ;
✅Poser sous sa tête un linge plié ou un coussin ;
✅Eloigner la personne de la possible source de son épilepsie : lumière intermittente, bruit inhabituel, etc. ;
✅Ne pas empêcher les mouvements  de la personne en crise ;
✅Ne rien mettre dans sa bouche ;
✅Rester avec la personne jusqu’à la fin de la crise et la réconforter.

Il est nécessaire d’appeler les secours si les crises se succèdent et/ou si la personne a des difficultés à respirer.

​​​​Comment traite-t-on l’épilepsie ?

➡ Prévention
L’épilepsie est une affection neurologique qui nécessite un diagnostic médical. L’épileptique connu doit, de façon générale, éviter tout ce qui peut favoriser l’apparition des crises comme : les situations de fatigue, le manque de sommeil, la consommation d’alcool, le stress physique et/ou psychique, les bruits permanents ou anormaux, la lumière intermittente, la fièvre, etc.

Le tabac, le café, le thé peuvent, indirectement, augmenter la fréquence des crises par un effet négatif sur la qualité du sommeil.

➡ Traitement médicamenteux et/ou chirurgical
Le traitement des épilepsies sont la plupart du temps médicamenteux. Dans 70-80% des cas, des médicaments anticonvulsifs permettent d’éliminer ou de réduire la fréquence des crises. Pour être efficace, la prise doit être quotidienne et régulière.

Chez les enfants, l’épilepsie disparaît à l’adolescence dans 6 cas sur 10, lorsque les circuits neuronaux ont fini leur développement. Dans 2 autres cas, les médicaments peuvent être supprimés après plusieurs années de traitement sans crise. Un cinquième des cas résiste toutefois aux médicaments. Une opération chirurgicale (ablation d’une petite partie du cerveau) peut alors être envisagée.
Dans certains cas, très particuliers, l’épilepsie peut être définitivement guérie en éliminant sa cause, quand il s’agit d’une lésion, tumeur ou malformation par exemple.

​​​​ Quelques conseils à l’endroit des personnes épileptiques

Il convient de déterminer et éviter le plus possible les éléments (énumérés ci-dessus) déclenchant la crise. Il faut surtout suivre régulièrement le traitement prescrit et ne pas hésiter à consulter régulièrement son médecin.

Ahmed AMOUSSA
Chambre Santé & Environnement du Sénat des Jeunes du Bénin (SJB)

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