Dialogue interreligieux du Bènin :

8 Fév, 2017 | Par | Rubrique : A la une, Afrique, International, Manchette

Sur l’initiative de M. Samuel Dossou-Aworet, en collaboration avec la Conférence Episcopale du Bénin et la Conférence des Evêques, il se tient dans les locaux de la Fondation Espace Cievra Afrique à Glo-Djigbé une rencontre internationale du dialogue interreligieux. Le thème de cette rencontre est : « Le vivre ensemble entre adhérents de différentes communautés religieuses au Bénin et en Suisse : Rencontrer l’autre dans sa différence, défis, risques et chances ».

Voici en intégralité les discours de la cérémonie d’ouverture qui a eu lieu ce samedi 04 février 2017.

Mot de La Présidente du Comité d’Organisation

Monsieur le Garde des Sceaux, ministre de la Justice, de la Législation et des droits de l’Homme, Représentant le Chef de l’Etat,
M. le Représentant du président de la Cour Suprême,
Mme le représentant du président de la Cour Constitutionnelle,
M. le Médiateur
M. le Préfet de l’Atlantique,
M. le Secrétaire Général du Gouvernement,
Madame l’Ambassadeur des USA près le Bénin,
Mesdames et Messieurs les Professeurs et Chercheurs,
Imams et représentants de la religion musulmane,
Dignitaires et représentants des religions endogènes,
Révérendes Pasteurs de l’Eglise du Christianisme céleste,
Révérend Pasteur de l’Eglise Protestante,
Majestés royales et chefs traditionnels
Mesdames et Messieurs les représentants de la Presse,
Honorables invités,

Mesdames et Messieurs,
Il est nécessaire et important d’être courageux. Trois raisons motivent cette affirmation enthousiaste :
1. Le dialogue interreligieux est un thème prioritaire de notre monde actuel ;
2. Ce projet représente un cas d’école de la synergie que nous devons réaliser pour articuler le monde (spirituel) religieux, celui civil (temporel) et politique ;
3. Cette initiative qui devient aujourd’hui une réalité est une entreprise prophétique.

Cette rencontre internationale, je m’en réjouis, est un acte d’audace !
Elle est d’abord audacieuse par son objet : un domaine complexe difficile à saisir et de plus, intellectuellement et spirituellement très sensible. Cette rencontre est ensuite audacieuse par son projet : inventer une méthodologie organique pour y parvenir. Elle est enfin audacieuse par son caractère mixte.
Cette rencontre est mixte, parce que des institutions religieuses y participent, parce que plusieurs chapelles de la croyance divine y sont représentées et parce que vous provenez de divers espaces religieux.

Je me réjouis de voir que nous avons réussi à réunir ici des acteurs différents de la chose religieuse. C’est une tentative d’une nouvelle alliance entre les principaux opérateurs de la vie religieuse. De toutes ces forces en présence doit résulter un nouvel élan pour le vivre ensemble.

Le programme est ambitieux, mais restons modestes. Il vous faudra dans ces journées de travail, la patience, la rigueur, l’humilité du chercheur religieux, plus que l’assurance péremptoire ou le désir de convaincre qui sont souvent l’apanage du savant civil. En venant ici, vous avez accepté ce défi ; je vous en remercie et vous souhaite de faire preuve d’une audace à la hauteur de notre ambition.

Je remercie, enfin, Monsieur Samuel DOSSOU-AWORET qui nous réunit dans ce rapport symbolique entre les valeurs culturelles de nos lieux de provenance et celles cultuelles des religions.
Je ne puis terminer sans implorer et invoquer au nom du Comité d’organisation, la bénédiction divine sur nos travaux. Puisse nos travaux qui seront bientôt ouverts par le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, de la Législation et des droits de l’Homme, se poursuivent dans la paix, se clore le moment venu dans l’harmonie et que nous puissions bénéficier mutuellement de nos lumières.
Du fond du cœur, je vous remercie.

DISCOURS PRÉSIDENT FONDATEUR      
FONDATION ESPACE AFRIQUE

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,
Monsieur le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, de la Législation et des Droits de l’Homme, représentant le Chef de l’Etat,
Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement,
Mesdames et Messieurs les membres du Corps diplomatique et les Représentants des Organisation Internationales au Bénin,
Madame la Directrice de la Coopération suisse au Bénin,
Mesdames et Messieurs les Députés à l’Assemblée Nationale,
Excellence, Nosseigneurs du Bénin et de la Suisse,
Distingués Imams et hauts représentants de la religion musulmanes,
Distingués dignitaires et hauts représentants des Religions endogènes,
Distingués Révérends Pasteurs de l’Eglise Protestante méthodiste du Bénin,
Distingués Révérends Pasteurs de l’Eglise du Christianisme céleste,
Distingués Révérends Pasteur des Eglises Evangéliques
Majestés Royales et Chefs traditionnels…,
Honorables Invités,
Mesdames et Messieurs,

L’événement qui commence ce jour apporte la preuve que lorsqu’il y a une volonté, il y a toujours un chemin. Les prémices remontent à l’année 2011 à l’occasion de la visite du Pape Benoit XVI dans notre pays. Par notre sens béninois de l’Accueil, par notre diversité tout aussi chatoyante que paisible, le Bénin a impressionné le monde à travers la réalité de la cohabitation pacifique qui existe entre nos communautés.

Je me réjouis de la tenue de la présente rencontre, longtemps souhaitée par chacun de nous, en particulier la conférence des Evêques Suisses, à qui je rends un hommage particulier.
Au nom de la Fondation Espace Afrique dont je suis le Président Fondateur, je souhaite la plus cordiale bienvenue à tous nos hôtes de marque. Chers amis, mon pays vous offre son hospitalité à l’africaine et vous demande de vous sentir comme chez vous.

Avec la multiplicité de nos provenances et la qualité des participants à cette rencontre historique, je n’ai aucun doute que nous aurons de riches et fructueux échanges qui nous seront mutuellement profitables.
Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale, merci de tout cœur pour votre présence si réconfortante. Vous nous donnez la preuve de votre écoute permanente, cette qualité que vous avez toujours su incarner et pour laquelle nous restons admiratifs.

Je témoigne ma reconnaissance au Chef de l’Etat, qui aurait bien voulu être des nôtres, n’eût été des contraintes d’agenda. J’exprime ma gratitude au ministre de la Justice et de la Législation qui le représente valablement et à qui je demande de lui transmettre mes respects. A vous tous, distingués invités des institutions publiques et privées, personnes ressources, en vos titres et qualités, j’adresse ma profonde gratitude.

Aux évêques, aux hauts responsables des églises protestantes, et célestes, aux Imams et hauts dirigeants islamiques nationaux, aux hauts dignitaires des religions endogènes, aux responsables des églises évangéliques et à tous les autres représentants de confessions et cultes religieux, à vous tous majestés royales et notabilités de divers rangs, je vous dis un sincère merci pour votre présence rassurante.
A toute la communauté scientifique, Enseignants, étudiants, élèves…

Vous qui êtes venus nous apporter la connaissance et qui comme nous êtes venus apprendre, comment ne pas vous rendre l’hommage qui vous est dû ?
Merci aussi à toutes celles et ceux qui ont donné de leur personne et de leur temps, notamment au sein de Comité d’Organisation et en dehors, pour que ce jour soit. J’espère que tous ensemble, nous prendront une part active et attentive à ces jours d’échanges consacrés au Dialogue interreligieux.

Mesdames et messieurs, distingués invités,
Nous voici réunis pour parler de Paix. Oui, cette Paix qui de nos jours est constamment menacée par le développement de l’intolérance religieuse, de la xénophobie, du communautarisme exacerbé. Cette paix qui est mise en péril au quotidien par des individus d’une violence rare, qui sèment la désolation et la mort au nom de ce qu’ils disent être des croyances pieuses.

Vous convenez avec moi que de par nos convictions religieuses, nous ne pouvons-nous désintéresser de nos frères et sœurs qui sont dans la souffrance. Une telle attitude serait en pleine contradiction avec notre comportement de croyants. Plus préoccupant encore est cet avenir incertain. Qu’adviendra-t-il demain ? Ou encore à qui le tour ? Et pour combien de temps encore ?

Face à ces dures réalités, nous sommes donc tous interpellés. Nous voulons un monde de Paix. Nous ne pourrons le bâtir qu’ensemble. Il nous faut cultiver chaque jour que Dieu fait, les valeurs comme le respect et l’estime mutuelle entre croyants, les rapports de bon voisinage et de fraternité entre adeptes de différentes religions.

C’est pourquoi il est bon d’avoir des rencontres du genre de celle que tous tenons en ce moment, afin de mieux nous connaitre pour s’apprécier et s’enrichir mutuellement de nos échanges :
Le Bénin se caractérise par une cohabitation pacifique entre chrétiens, musulmans et religions autochtones.
La quête de paix implique donc nécessairement le dialogue serein entre religions, entre croyants. La richesse de la diversité religieuse doit être préservée à tout prix.
La Suisse et l’Europe se caractérise par une présence forte d’une diaspora où se côtoie une multiplicité de religions et croyances.
Le but du voyage de la Conférence des Évêques Suisses est de mieux comprendre le modèle béninois de tolérance et de dialogue entre les communautés religieuses en vue d’en tirer les leçons qui en émaneront en vue d’en faire usage auprès de la diaspora multi religieuses de plus en plus nombreuse en Suisse et en Europe.

Mesdames et messieurs, distingués invités,
La foi ne s’impose pas, vous le savez aussi bien que moi : elle se propose dans une dynamique d’écoute et de partage appelée dialogue et requiert un climat de tolérance et de paix entre les interlocuteurs.
En Afrique en particulier au Bénin, il nous faut nous appuyer sur les valeurs traditionnelles transmises de génération en génération, comme le respect sacré de la vie, l’importance de la famille, le sens de l’accueil de l’autre et la solidarité entre membres d’un même village ou d’une même communauté. C’est ce que nos amis suisse sont là pour faire avec nous.

La tradition musulmane affirme dans ce sens qu’il n’y a pas de contrainte en religion et qu’il faut dialoguer avec les autres croyances dans la plus grande courtoisie.

Je suis convaincu comme tant d’autre, que « La bonté de l’homme est une flamme qu’on peut cacher, mais qu’on ne peut jamais éteindre… Je ne suis pas vraiment libre si je prive quelqu’un d’autre de sa liberté, tout comme je ne suis pas libre si l’on me prive de ma liberté. » J’espère que la bonté cachée en chacun de nous va se renforcer d’avantage à l’issue de notre dialogue interreligieux.

« Les guerres naissent dans l’esprit des hommes » dit l’Unesco, nous pensons que la paix est en chacun de nous, il faut la laisser s’épanouir et bourgeonner. Au nom de l’amitié entre les peuples, mes amis de la conférence des Evêques suisses ont voulu venir s’imprégner du modèle du vivre ensemble de notre pays le Bénin. La présente rencontre, au-delà des aspects protocolaires, se veut une occasion d’échanges de proximité. C’est pourquoi des visites de terrains sont prévues.

Un hôte qui vous rend visite jusque dans votre village n’est plus un étranger, il devient des vôtres, voilà pourquoi je nous demande de les accueillir les bras ouverts. C’est le pape Benoît XVI qui nous a fait le plus beau témoignage de fraternité à l’occasion de sa visite pastorale au Bénin. Je voudrais le rappeler à votre souvenir en terminant mes propos.

Je cite : Je ne suis pas venu en visite, je suis venu en famille.
Je souhaite qu’entre frères, amis, partenaires que nous sommes, nous fassions de ces assises un succès envié au-delà de nos frontières.
Vive Fondation Espace Afrique
Vive la Conférence des Evêques Suisses
Que la paix et le dialogue règne entre les religions,
Vive le Bénin, Vive l’Afrique
Je vous remercie de votre attention.

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