Message de vœux de l’UPMB

24 Déc, 2016 | Par | Rubrique : Chronique

Femmes et hommes des médias,
Dans le monde, 2016 est une année marquante pour la liberté de la presse. Il y a été déploré plus de 100 morts dans les médias.

Au Bénin, même si nous n’avons pas déploré de pertes en vies humaines, nous avions abordé, malheureusement, l’année 2016, hantés par une peur bleue dès suite, quelques jours plus tôt, de l’assassinat du journaliste Clément Dognon à Parakou le 09 décembre 2015.

Dans l’exercice de leur métier, cette année finissante, des journalistes béninois sont exposés à des risques spécifiques qui constituent des menaces à la liberté de presse. Il s’agit des menaces policières, des actes d’intimidation. Certains d’entre eux ont été victimes d’enlèvement et de détention arbitraire. Ceci, par la disqualification des délits contre les personnes (diffamation et injures) en délit de provocation aux crimes et délits.

Il a été aussi observé des politiques qui mettent en quarantaine des organes de presse à Lokossa et à Zogbodomey en refoulant leurs journalistes de la couverture de leurs activités.

L’Union des Professionnels des Médias du Bénin a fait des propositions en direction de la HAAC, du ministre en charge de l’intérieur et du ministre de la communication pour renforcer la sécurité des journalistes, notamment sur les lieux de travail. Malheureusement, ces autorités ne semblent pas avoir pris toute la mesure de l’enjeu que constitue la sécurité des journalistes. Sans celle-ci, en effet, il ne saurait y avoir une véritable liberté d’expression. Sans oublier que la liberté d’expression est aussi une condition à la jouissance d’une grande partie des autres droits et libertés. Pour tout gouvernant, la meilleure façon d’être le chantre de la démocratie, c’est d’abord de protéger, sans condition, la liberté d’expression sous toutes ses formes.

Chers Professionnels des médias,
Cette année 2016 a été aussi marquée par la fermeture sans préavis et sans dialogue de 7 organes de presse depuis plusieurs semaines maintenant par le président de la Haac ; obligeant ainsi des centaines de professionnels de médias à traverser la délicate période de fêtes de fin d’année sans job et dans l’incertitude.

Nous devons nous lever comme un seul homme pour dire non à la descente des Huissiers de justice qui vident manu militari les journalistes pour fermer les organes de presse en y apposant des scellés.
De notre côté, pour le compte de 2017, nous devons davantage travailler à rassurer nos consommateurs. Ceci, en allant à l’école de la spécialisation pour servir des informations fouillées qui tranchent avec le copier-coller des réseaux sociaux. Nous devons finir avec la plus grande propension à n’exceller que dans le commentaire ; mais à proposer aussi à nos consommateurs des cas probants de dénonciation de mal gouvernance, de corruption, de blanchiment d’argent et autres tares de la société. Dans nos supports, pourquoi pas plus d’espaces qui rendent compte des efforts dans l’investigation au service du développement du Bénin.

Chers professionnels des médias,
Il nous faut plus de solidarité, plus de confraternité face aux menaces à la liberté de presse, d’où qu’elles viennent.

Pour que 2017 soit  l’année de la presse dans notre pays, nous devons confirmer le classement 2016 de Rsf sur le Bénin ; ceci, grâce aux meilleures conditions de travail, plus d’éthique journalistique et un environnement plus sécurisé pour la liberté de la presse.

Conformément à sa promesse, le Bureau Exécutif de l’UPMB travaillera en 2017 à asseoir les bases de la spécialisation effective des professionnels des médias.
Nos meilleurs vœux à tous les professionnels des médias et à toute la population béninoise !
Cotonou, le 22 décembre 2016
Franck KPOCHEME

Président de l’UPMB

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