Les bouillons cubes sont-ils dangereux pour la santé ?

15 Août, 2016 | Par | Rubrique : A la une, Economie, Manchette, Santé

CUBE b

Les cubes de bouillons connaissent un succès imparable dans le monde. À la faveur de leurs stratégies commerciales, les multinationales Nestlé ou Unilever se sont invitées sur le continent africain. Très vite, leurs exhausteurs de goût se sont retrouvés dans les cuisines de toutes les ménagères. De nombreuses marques locales sont alors apparues. Elles se sont introduites dans cette brèche très rentable, diversifiant ainsi l’offre et maintenant une concurrence agressive sur les prix. Les morceaux de bouillons en poudre sont très économiques et ils ont un goût savoureux. Mais sont-ils sans danger pour l’organisme humain ?

Les raisons du succès

En 2012, un article de l’ONG Swissaid alerte sur l’ouverture par le groupe Nestlé d’une nouvelle usine de fabrication de cubes Maggi à Kinshasa. C’est la 29ème du genre sur le continent africain et comme celles de Dakar, d’Abidjan, d’Accra ou de Lagos, elle a tout de suite tourné 24 heures sur 24.

Ce petit cube créé en Suisse, en 1887, par Julius Johannes Maggi est devenu un produit très populaire sur ce continent. Il s’en vend d’ailleurs plus en Afrique qu’en Europe. Les principaux pays consommateurs sont la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Congo et le Bénin. Les spécialistes estiment que dans ces pays, les femmes ne savent plus préparer les plats traditionnels sans avoir recours à la petite portion de « maggi ».

On peut considérer qu’il existe deux facteurs principaux à ce succès. Le premier, c’est un matraquage publicitaire incessant sur les ondes de radio, à la télé, mais également dans tous les petits commerces, même ceux qui sont les plus isolés. Le second élément est le faible coût de cet exhausteur de goût qui permet d’avoir la sensation de manger du poisson, de la volaille, des viandes rouges ou des légumes sans dépenser d’argent. Dans des familles où les ressources économiques sont très limitées, le bouillon en cube s’impose comme un séduisant compensateur. Toutes les couches sociales ont cependant cédé aux bouillons en cube.

Quels ingrédients ?

Si le bouillon en cube séduit les papilles qu’en est-il de l’estomac ? Que peuvent bien contenir ces produits miraculeux ? On y trouve pêle-mêle des ingrédients dont le nom est imprononçable : du glutamate monosodique, du guanylate disodique, de l’inosinate disodique et beaucoup d’autres exhausteurs de goût. Il faut noter que dans beaucoup de pays où la législation est permissive, le détail de ces ingrédients n’apparait pas sur l’emballage. Malgré tout, il y a une indication que l’on retrouve régulièrement sur ces emballages. C’est celle-ci :

« Ne salez pas, ce produit remplace le sel. »

Une analyse du produit prouve que 100 gr de bouillon cube contiennent jusqu’à 60 gr de sel, voire plus pour selon la recette proposée.

Les risques pour la santé

De plus en plus de nutritionnistes africains tentent de s’opposer à l’usage excessif de ces produits. Au Mali, en 2010, un atelier consacré aux « Dangers liés aux additifs alimentaires » s’est tenu au Centre Intrenational de Conférence de Bamako. Il a regroupé des experts (vétérinaires, chercheurs universitaires, médecins…), mais aussi des représentants du ministère de la Santé, des laboratoires de santé, et des agences en charge de la sécurité des aliments. Leurs conclusions sont sans appel ; elles révèlent que les petits cubes séducteurs de palais peuvent provoquer des troubles cardiaques, de l’hypo ou de l’hypertension, des maladies gastriques, des troubles du comportement chez l’enfant, un gonflement de la prostate, la maladie de Parkinson ou celle d’Alzheimer… Ils peuvent aussi réduire la libido, déclencher des saignements et des infections uro-génitales.

Ce rapport n’a jamais été rendu public. On imagine que l’industrie agroalimentaire a su activer ses réseaux pour maîtriser les ministères. Pendant ce temps, la population africaine consomme de plus en plus d’exhausteurs de goût et abandonne son savoir-faire culinaire.

AFRIZAP

 

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