Les francs-maçons à la manœuvre

5 avr, 2016 | Par | Rubrique : A la une, Culture, International, Société, Spiritualité

FRANCS MACONS a

REPORTAGE – Piqués au vif par certaines attaques, soucieux de défendre leurs amis et leurs idées, les francs-maçons repartent à l’offensive. De leurs réseaux élyséens à leurs fiefs ministériels, voici comment ils s’activent en coulisse, dans la campagne des municipales comme sur la laïcité et la fin de vie.

Par Vincent Nouzille Mis à jour

 

Cela a commencé en mars 2013 par la présence de quelques militants d’extrême droite agitant des drapeaux rue Cadet, devant le siège parisien du Grand Orient de France (GODF), la plus importante obédience maçonnique française, forte de 52.000 membres. L’opération s’est reproduite le 24 mai avec une manifestation plus démonstrative d’opposants à la franc-maçonnerie, tentant de bloquer les accès. Aucun dégât n’a été constaté, mais le grand maître d’alors, José Gulino, craignant de futurs débordements, s’est plaint auprès du ministère de l’Intérieur de l’absence de mesure de protection du bâtiment, dont les portes de verre donnent directement sur la rue.

Depuis, les incidents se sont multipliés. Aux cris de «Francs-maçons en prison! Dictature maçonnique», des activistes sont revenus en décembre rue Cadet huer la présence de la garde des Sceaux Christiane Taubira, ­accueillie comme conférencière dans le grand temple du GODF. Des «arbres de la laïcité» ont été arrachés à Angers, Bordeaux et dans deux villes de l’Essonne (Boussy-Saint-Antoine et Epinay-sous-Sénart) au nom d’un mouvement Combattre la franc-maçonnerie. Des tags antimaçonniques ont été peints à Toulouse et près des temples, comme à la mi-janvier devant la porte du temple de la rue Ségalier, à ­Bordeaux et début février, face au siège ­parisien du GODF. Lors de la manifestation Jour de colère, le dimanche 26 janvier, d’autres slogans anti-maçonniques ont été proférés.

Même s’il ne s’agit que d’actes marginaux, attribués à des groupuscules d’ultras, cette détérioration du climat politique inquiète les francs-maçons. «Ces résurgences du passé sont malsaines», estime Michel Meley, le président du Droit humain (DH), la grande obédience mixte française. «La parole extrémiste s’est désinhibée. L’antimaçonnisme se réveille. Il nous oblige à réagir», renchérit Catherine Jeannin-Naltet, la grande maîtresse de la Grande Loge féminine de France (GLFF), la première obédience féminine hexagonale.

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