Tricheur ?

2 jan, 2016 | Par | Rubrique : Message

Ce que je crois, du moins ce que rapporte abondamment l’actualité notamment via la très inique chaîne publique de télévision de l’ORTB (entre autres), c’est que le Premier ministre nominal (pas chef du gouvernement s’il vous plait !) du Bénin, tout auréolé de son nouveau statut controversé (quand-même) de candidat des FCBE, occupe le terrain. Il l’occupe si bien que sa tronche ne manque d’envahir les écrans de la très inique ORTB TV, à l’occasion plus laudative que par son passé d’organe « du militantisme révolutionnaire ».

Personnellement, je n’ai rien contre les efforts remarquables de Lionel Zinsou à s’afficher une couleur culturelle locale, ne serait-ce que vestimentaire ; au contraire… Mais ce que je constate et qui me gène dans ma peau de légaliste, c’est qu’une confusion apparemment voulue s’installe sur le terrain entre Lionel Zinsou le ministre et Lionel Zinsou le candidat proclamé des FCBE.

Vivement la démarcation ! Qu’on me dise clairement par exemple qui des deux personnages distribue à grand renfort médiatique des lampes rechargeables à l’énergie solaire dans les contrées du pays ; ou encore qui des deux rend visite à des personnalités influentes de certaines aires culturelles ou ethniques du pays constituant des lobbies de fait…

Dans un cas comme dans l’autre, je verse au débat certaines dispositions de notre code électoral. A titre de rappel.

D’abord, selon l’article 62 dudit code, « les pratiques publicitaires à caractère commercial, l’offre de tissus, de tee-shirts, de stylos, de porte-clefs, de calendriers et autres objets utilitaires à l’effigie des candidats ou symbole des partis ainsi que leur port et leur utilisation, les dons et libéralités ou les faveurs administratives faits à un individu, à une commune ou à une collectivité quelconque de citoyens à des fins de propagande pouvant influencer ou tenter d’influencer le vote sont et restent interdits six (06) mois avant tout scrutin et jusqu’à son terme ».

Ensuite, l’article 63 stipule que l’utilisation des attributs, biens ou moyens de l’Etat, d’une personne morale publique, des institutions ou organismes publics aux fins de campagne électorale est et reste interdite six (06) mois avant tout scrutin et jusqu’à son terme notamment ceux des sociétés, offices, projets d’Etat et d’institutions internationales, sous peine des sanctions prévues à l’article 144 alinéa du même code. Au passage, selon l’article 144, Toute infraction aux dispositions des articles 62 et 63 est « punie d’une peine d’emprisonnement d’un an à deux ans et d’une amende de cinq cent mille à un million de francs ».

A cet égard, il y a violation de la loi selon que ce soit du ministre Lionel Zinsou ou du candidat Lionel Zinsou qu’il s’agit.

En attendant qu’un puriste ait la « surprenante » idée de saisir la justice aux fins de corriger cette flagrante injustice commise dans un pays qui se veut « laboratoire de la démocratie » en Afrique subsaharienne, il s’impose comme préalable que le président Boni Yayi décharge son premier ministre afin de permettre au candidat une mobilité aisée sur le terrain. Sinon, que Lionel Zinsou soi-même, affublé d’autant de qualificatifs (peu laudatifs) sous-entendant la dignité, décide alors de déposer le tablier gouvernemental pour se conformer au bon usage démocratique.

Autrement je serais bien obligé de clamer ce que j’en pense, quitte à avoir tort. Je dirai… Tricheur !

Par Virgile Ahissou (AFRIKA 7)ZINLI AFRIKA7

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