Entretien avec le Révérend pasteur Emile ADOTE, président national des Assemblées de Dieu du Bénin : L’AUTORITE DE DIEU COMME ETENDARD DANS UNE EGLISE UNIE

14 sept, 2012 | Par | Rubrique : A la une, Culture, Spiritualité

« Il faut que nous marchions tous dans la sanctification »

Le Révérend pasteur Emile Yaovi ADOTE, actuel président national de l’Eglise évangélique des Assemblées de Dieu du Bénin nous parle de son ministère pastoral et de ses difficultés, des postes de responsabilités qu’il a occupés, de son mandat à la tête de l’Eglise évangélique des Assemblées de Dieu du Bénin, de la lecture qu’il fait de l’avancement de l’œuvre de Dieu au Bénin et bien évidemment du type d’Eglise dont il rêve.

L’Autre Fraternité : Excellence monsieur le président, permettez à nos lecteurs de bien vous connaître.

Rév. Emile Y. ADOTE : Mon nom est Emile Yaovi ADOTE. Je suis de Adja Tokpa, dans la commune de Kpomassè. Je suis pasteur depuis 1989. Après ma formation théologique à l’Institut biblique, j’ai été affecté en 1989 sur l’Eglise locale d’Akpakpa Suru-Léré. Cette église était en création. J’y suis resté pendant 5 ans. En 1994, j’ai été affecté à Ouidah. De là, j’ai été envoyé sur l’Eglise de Cocotomey en 1997. Je suis resté sur ce poste pendant 10 ans. C’est là où j’ai ouvert plusieurs annexes dont sept sont aujourd’hui de grandes Eglises ayant de pasteurs. De 2007 à 2011, j’ai été le pasteur titulaire de l’Eglise de Jéricho. Depuis février 2011, le Seigneur m’a fait grâce d’être le président du bureau exécutif de l’Eglise des Assemblées de Dieu du Bénin.

Par ailleurs, dans mon ministère pastoral, j’ai occupé plusieurs postes de responsabilité. En effet, de 1995 à 1997, j’ai été le président national du département de l’Evangélisation. Ce qui m’a permis d’implanter nombre d’Eglises à travers le pays. En dehors de cet aspect, j’ai occupé le poste de président de la Section Atlantique, aujourd’hui Région Maritime pendant quelques années. Au même moment, je cumulais le poste de Secrétaire général de la Région du Sud qui regroupait les départements de l’Atlantique-Littoral, de l’Ouémé-Plateau et du Mono-Couffo. Après cela, j’ai été élu vice-président de cette même Région qui a été divisée après à cause de la croissance de l’Eglise. Par la suite, j’ai été élu président de la Région Maritime pendant huit ans.

Hier président de Région, aujourd’hui président national. Quel sont les sentiments qui vous vous animent?

Un sentiment de joie et de responsabilité. Sentiment de joie parce que Dieu m’a fait grâce. Car, nous ne méritons rien et si cette grâce a continué jusque-là, c’est dire que j’ai une responsabilité. Car, plus Dieu vous élève, plus vous travaillez dans la mesure où le travail que vous devez accomplir devient très sérieux. Mieux, il s’agit de diriger les Pasteurs qui sont mes doyens et les plus jeunes. Aux serviteurs de Dieu s’ajoutent les diacres et les fidèles bref, tout le monde. Vous savez, nous sommes la plus grande Eglise évangélique au Bénin et nous devons diriger tous les cadres. Il n’est pas facile de diriger tout ce monde et assurer la  prospérité de chacun à tous égards.

Qu’il vous plaise monsieur le président. Dites-nous sous quel signe vous placez votre mandat.

Je place mon mandat sous le signe de l’autorité de Dieu et de l’unité de l’Eglise. L’Eglise a besoin de démontrer l’autorité de celui qui la dirige, c’est-à-dire Dieu. Il faut que ce soit lui qui soit vu, élevé, acclamé et glorifié. On doit voir l’autorité de Dieu à travers tous les pasteurs, tous les diacres et tous les fidèles. Cette autorité doit être notre étendard. Sous le signe de l’unité parce que nous ne parlons pas la même langue et nous sommes issus de divers horizons. Il faut qu’on sente que l’Eglise est unie.

Est-ce à dire qu’il y a des indices de division au sein de l’Eglise évangélique des Assemblées de Dieu au Bénin ?

Non pas du tout. Je veux simplement dire qu’il faut que nous soyons préventifs. Chacun doit travailler pour l’enracinement de l’union qui existe au sein de l’Eglise. Car, vous le savez très bien, lorsqu’il s’agit des postes de responsabilité nous sommes avant tout, des hommes et on sait ce qui se passe même s’il n’y a pas encore cela au sein des Assemblées de Dieu. Il y a de grandes Eglises qui nous enseignent cette réalité et les douleurs de la division sont encore manifestement présentes. Donc, lorsque nous parlons d’unité, ce n’est pas qu’il y a déjà des indices de division. Mais il s’agit pour nous de travailler pour la consolidation de notre unité.

Peut-on connaître vos perspectives ?

Je rends vraiment grâce à Dieu. Car, par rapport aux 10 dernières années, l’Eglise évangélique des Assemblées de Dieu a évolué à pas de géant. Les enquêtes faites en janvier et février 2011 évaluent le nombre de fidèles de notre Eglise à plus de 160.000. C’est dire que dans 12 à 13 ans, notre Eglise aura 75 ans. Nous allons dépasser 200.000 fidèles. Et cette réalisation, nous la devons aux anciens présidents et responsables de l’Eglise, de l’ensemble des pasteurs et missionnaires, des diacres et des fidèles à qui je dis toute ma gratitude.

Mais il y a encore beaucoup à faire. Car, il y a encore nombre de zones qui ne sont pas encore atteintes par l’Evangile. C’est pour cela que nous sommes en train d’étudier comment y envoyer des missionnaires. Par exemple, au cours de nos voyages dans la partie septentrionale du pays, nous avons noté sur le tronçon Djougou – N’Dali, une dizaine de grands villages comme Foyo, Gounga, Akékérou, Tima, Toko, Gosso, Affon 1, Affon2, Angaradébou, Bio Sika1, Bio Sika 2 et Kénou. Dans l’ensemble de ces villages, il n’y a que deux mosquées, une Eglise catholique et une autre petite Eglise évangélique. Dans toute cette sphère, il n’y a pas du tout de trace de notre Eglise. Vous voyez qu’on ne peut pas croiser les bras. Donc, l’Evangélisation occupe les premières loges de nos perspectives. Il y a aussi la gestion des ressources humaines que nous allons revoir par la grâce de Dieu afin de changer les conditions de vie et de travail des hommes de Dieu. Il y a aussi le problème de la formation qui nous tient à cœur. Les infrastructures sont également à réaliser. Nous nourrissons de grandes ambitions pour le corps du Christ. Il est vrai, cela nécessite beaucoup de moyens. Mais avec l’aide de Dieu, nous ferons des exploits. Car, il faut que les pasteurs ainsi que les fidèles soient épanouis et prospèrent à tous égards.

Vous est-il arrivé de rencontrer des difficultés dans votre ministère pastoral ?

(Sourires). Les difficultés font partie du ministère. C’est d’ailleurs elles qui alimentent le ministère pastoral. Et donc, j’en ai rencontré de toute sorte. D’abord, avec les membres qui n’ont pas compris à des moments donnés ma vision. Par la suite, des ennuis ont surgi avec des membres qui ont voulu dominer ou influencer l’Eglise. Egalement, il y a ceux qui n’ont pas une vision pour le salut des âmes. Ils veulent rester seulement à Jérusalem. Ils ne cherchent pas à aller en Judée, à la Samarie encore moins aux extrémités de la terre. Cette catégorie de chrétiens agit comme ceux de la Tour de Babel. Comment voulez-vous qu’ils ne s’opposent pas à vous si vous décidez de vous engager activement pour le salut des âmes ? De la même façon, j’ai rencontré des difficultés liées aux conflits d’attribution.

Et c’est pourquoi je dis qu’il faut beaucoup d’enseignements pour faire comprendre ce que c’est que le diaconat aux fidèles. Il y a aussi le fait qu’on note des fidèles qui courent après le feu dans nos assemblées. Si vous décidez de prier 365 jours sur 365 jours, ils sont prêts. Mais le jour où vous prenez l’option d’aller sur le terrain de l’évangélisation, c’est fini. Ils vous prennent en adversité. Ce sont des choses que nous vivons mais qui ne nous submergent pas. Donc, les difficultés, il y en aura. Et celui qui accepte d’être pasteur doit s’attendre à cela. Mais nous faisons tout pour qu’elles ne viennent pas de nous-mêmes.

Excellence monsieur le président, et si nous vous demandons de dire un mot au corps du Christ ?

Mon appel serait relatif à la grande commission. C’est que le corps du Christ en général et les Assemblées de Dieu en particulier se lève comme un seul homme pour travailler pour le salut des âmes. Que ceux qui ne pourront pas s’investir personnellement mettent leurs moyens à la disposition de ceux qui sont prêts pour que l’œuvre soit accomplie pour la gloire du Seigneur. Ne nous confinons pas dans les chapelles mais sortons pour travailler pour le maître. Nous avons le devoir d’annoncer la Parole de Dieu aux nations. Car, la nuit vient où personne ne pourra travailler.

Mon second appel est qu’il faut que nous marchions tous dans la sanctification. Parce que le Seigneur revient bientôt. Il ne faut se laisser disqualifier. Tout en travaillant, nous devons veiller sur nous-mêmes pour ne pas sauver les autres et nous perdre par la suite.

Dîtes-nous votre verset préféré ?

(Sourires). J’aime tous les versets de la Bible qui est la Parole infaillible de Dieu. Néanmoins, quand j’étais en formation à l’Institut biblique, le Seigneur m’a donné le verset « Tes portes seront toujours ouvertes, elles ne seront fermées ni jour ni nuit, afin de laisser entrer chez toi les trésors des nations, et leurs rois avec leur suite ». Esaïe 60 verset 11. Ce qui veut dire que devant n’importe quelle difficulté, j’ai une porte ouverte devant moi. Et avec foi, l’issue est là et je m’en sors toujours par la grâce de Dieu. Ce verset m’a beaucoup aidé et continue de m’aider dans mon ministère. Pas plus qu’hier, je l’ai encore prêché sur les antennes de radio Maranatha.

Et si je devais inviter le président chez moi, quel met dois-je préparer ?

(Rire, rire, rire). Vous voulez connaître mon met préféré ? C’est le « Dakouin ». C’est une spécialité des environs du Lac Ahémé où j’ai grandi. C’est un succulent met qui est fait avec du gari et de beaucoup de poissons. On met le gari en bas comme le rez-de-chaussée et à l’étage il y a beaucoup de poissons. Le gari est en bas et votre sauce remplie de poissons est en haut. Et quand vous commencez par déguster votre plat, avant de toucher votre gari, vous êtes déjà rassasié avec les poissons. Malheureusement, il n’y a plus assez de poissons aujourd’hui pour le réussir comme cela se doit.

Quelle est votre couleur préférée ?

J’aime toutes les couleurs sauf la couleur rouge qui est une couleur chaude.

Excellence monsieur le président, juste un mot pour mettre un terme à cet entretien.

Comme je l’avais dit, je remercie le Seigneur qui vous a accordé cette vision. Celle d’éditer ce journal. Qu’il vous accorde plein succès et longue vie ! Maranatha ! Je vous remercie.

Propos recueillis par Hubert H. DJOGUE

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4 commentaires
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  1. je rends grace a Dieu avec vous,réverend Pasteur Emile Adoté, de vous avoir elevé.je prie qu’il vous aide a bien dirigé l’eglise des Assemblées de Dieu du benin.je voudrais vous demander votre point de vue sur l’implication des parents dans le choix du conjoint de leurs enfants.

  2. bonjour je suis heureux de voius voire et je desire faire u partenariat avec vous si ma demande est accorder veillez me fair signe je vous remerci que dieu vous benisse

  3. Merçi pour votre vie ministeriélle, je suis au benin

  4. Pasteur Kifinamene, je suis en Angola
    C’est avec grand plaisir que aujourd’hui 10 Avril 2015, j’arrive de lire votre biografie.
    En effet, je benie l’Eternel pour la grace qu’il vous a accorde, du courage bien que ton mandat est presque a la fim et du tout la vie ne termine pas la. J’en profite aussi du moins si se possible faire un partenariat avec vous.
    Que meu Deus te abençoe rica e poderosamente.

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