Débat sur la Révision de la Constitution sur l’ORTB lundi dernier : QUI VEUT PREPARER L’OPINION A UNE REVISION ?

11 Juil, 2012 | Par | Rubrique : A la une, Politique, Société

Après quelques semaines d’accalmie, le débat sur la révision de la Constitution du 11 décembre 1990 a refait surface à l’occasion d’une émission organisée par la chaîne publique, l’Ortb lundi dernier. Des universitaires attitrés ont animé un débat sans contradicteurs sur le plateau de la télévision nationale lundi dernier. Cette émission a tout l’air d’une émission suscitée et savamment orchestrée par des émissaires apparemment en mission commandée.

La révision de la Constitution béninoise du 11 décembre 1990 aujourd’hui n’a rien d’inquiétant et ne saurait faire basculer le pays dans une nouvelle République. C’est là, la conclusion unanime à laquelle les professeurs d’université invités sur l’ORTB sont parvenus. Il s’agit notamment de Adama Kpodar, Agrégé de droit public au Togo,  Martin Bléou, Professeur titulaire de droit public à l’université de Cocody,  François Mélédjé, Professeur titulaire et ancien Doyen de la Faculté de droit à l’université de Cocody (Côte d’Ivoire) et le Béninois, Christophe Kougniazondé, professeur assistant de science politique à l’université d’Abomey-Calavi.

En effet, s’il est vrai que le professeur Kougniazondé a tenté de contredire les autres invités, il s’est vu confronté à une réalité : l’animateur principal du débat, Stéphane Todomey, directeur de la télévision nationale béninoise ne lui a pas donné l’occasion d’aller au bout de son argumentaire chaque fois qu’il essaie d’apporter un autre son de cloche. Alors même que les autres invités ont donné l’impression qu’ils étaient en mission commandée – peut-être pour préparer l’opinion publique nationale à accepter une éventuelle révision de sa loi fondamentale – ils ont bénéficié de tout le temps pour s’exprimer. La regrettable preuve est qu’il a arraché la parole à cet universitaire spécialiste des Sciences politiques lorsqu’il a commencé à parler du consensus et de la vulgarisation du texte à retenir de manière à donner l’opportunité à chacun de dire ce qui ne va pas. Même s’il est d’un rang universitaire inférieur à celui de ses vis-à-vis, rien ne prouve que son argumentaire manque de poids. Et donc, l’animateur se devait de le laisser aller au bout de ses idées.

Au nombre des écueils formulés contre les différentes commissions qui fait des propositions de révision, les invités ont mis un accent particulier sur les amendements de la commission Gnonlonfoun dont le volume selon eux est assez important à insérer dans la Constitution. Mais l’une des propositions importantes formulées par un des professeurs réside dans l’inscription dans le nouveau texte la non représentativité du président en exercice. Cet amendement qui est de taille, calmera les ardeurs de tous les acteurs politiques.

Selon les propos du Professeur Adama Kpodar, « les questions d’ordre politique peuvent amener à la révision d’une Constitution. Pour lui, « la révision ne conduit pas à guillotiner le peuple ». Dans le même ordre d’idées, Martin Bléou a estimé que : « au Bénin, l’idée de la révision est source de passion. Pourquoi ne pas procéder à des échanges pour arriver à quelque chose de consensuel ? ». Le Professeur François Mélédjé quant à lui trouve que « les Béninois ont peur du mot réviser qui est contenu dans leur Constitution ». Bref, ces universitaires étrangers, n’ayant pas eu en face d’eux de grands constitutionnalistes béninois,  ont semblé préparer l’opinion publique à une éventuelle révision de leur Constitution. Et pour voiler les choses, les téléspectateurs ont eu droit à des moments donnés à des propos comme « le peuple est l’acteur fondamental de la Constitution », « que le peuple retrouve la voie du consensus », « rechercher le consensus », « que cette idée ne conduise pas à l’embrasement »…

Mais les observateurs avertis des manœuvres du genre n’ont pas eu de difficultés à connaître la finalité de cette machination. Et de se demander celui qui veut relancer le débat sur de la révision de la Constitution béninoise de février 1990 après le repli tactique du président de la République du Bénin, le docteur Boni Yayi. De toutes les façons, le peuple n’est pas dupe et ne se laissera pas manipuler aux fins de permettre à qui que ce soit de se maintenir au pouvoir ou de faire du pays, sa chasse gardée. Affaire à suivre…

Prince BOCO

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