Education / Malgré les menaces du gouvernement : LA GREVE PASSE A 96 H MARDI PROCHAIN

29 Fév, 2012 | Par | Rubrique : A la une, Manchette, Société

(Le spectre d’une année blanche pourtant évitable !)

Hier mardi 28 février 2012, les responsables et militants du Front des trois ordres de l’enseignement maternel, primaire et secondaire se sont retrouvés au collège d’enseignement général (CEG) de Suru-Léré à Akpakpa dans la municipalité de Cotonou. L’objectif de la rencontre était d’analyser et de faire le bilan de la situation de crise que traverse le secteur de l’enseignement et de prendre des décisions qui s’imposent.

Au terme de leur rencontre d’hier, les enseignants ont pris l’option de continuer leur mouvement de grève qui passe de 72 h par semaine à 96 h à compter du mardi 06 mars prochain. Ce qui veut dire que les écoles, collèges et lycées du Bénin n’ouvriront leurs portes qu’uniquement les vendredis. Et pour cause, ils estiment qu’il n’est pas question de lâcher du lest dès lors que le gouvernement, au lieu de préférer le dialogue pour une sortie de crise, a opté pour des menaces de défalcation sur salaires. Selon le secrétaire général Eric Sènou, membre du bureau exécutif du Front joint au téléphone hier, les enseignants sont plus que jamais décidés à aller jusqu’au bout dans leur lutte. Car, a-t-il précisé, le gouvernement doit leur montrer la position qu’occupe la valorisation de la fonction enseignante par rapport à l’augmentation de point indiciaire dont tous les agents permanents de l’Etat bénéficient.

Déjà plus d’un mois de grève…

Commencé depuis le mardi 24 janvier par un mouvement de grève d’avertissement, la paralysie du secteur de l’éducation du Bénin a atteint un degré inquiétant depuis hier. Selon certains responsables syndicaux, si le mouvement continue encore deux semaines, l’année scolaire en cours sera déclarée blanche. Et c’est la raison pour laquelle les apprenants ont décidé de manifester leur désarroi face à la situation. Dans la partie septentrionale du pays comme au Sud via le centre, ils n’hésitent pas à descendre dans les rues pour se faire entendre. Ce qu’ils veulent, ce sont les cours. Malheureusement, tout porte à croire aujourd’hui que leurs cris ne sont pas entendus par les autorités en charge de l’enseignement encore moins par les enseignants. Chacune des parties continue de tirer le drap de son côté sacrifiant ainsi des centaines de milliers d’apprenants sur l’autel de cette crise qui a déjà trop duré.

Si le gouvernement et les enseignants décident de régler la situation aujourd’hui, ils le pourront. Il suffit qu’au lieu de menacer d’opérer des défalcations sur les salaires de grévistes, le gouvernement décide de rouvrir le dialogue avec les agents permanents de l’Etat de cette catégorie et de façon franche et objective, et le démon de l’année blanche sera éloigné du pays. Il suffit aussi que les travailleurs très remontés actuellement mettent un peu d’eau dans leur vin et pensent un tout petit peu à l’avenir de leurs propres enfants et la crise sera jugulée. Mais au-delà de tout cela, il est important de faire remarquer que les enfants qui sont entrain d’être sacrifiés de cette façon ne jouissent pas de leur droit constitutionnel à l’éducation. Ce qui veut dire qu’il revient prioritairement au régime en place de développer des stratégies adéquates pour sauver l’année scolaire 2011-2012.

De toutes les manières, nul n’aura raison de contribuer consciemment ou inconsciemment, directement ou indirectement à l’invalidation de cette année scolaire. Les années passées, il n’y a pas eu tant de perturbation et pourtant les résultats ont été catastrophiques comme l’année dernière. Cette année, les candidats sont livrés à eux-mêmes depuis plus d’un mois. Ils vont certainement désapprendre. Ce qui veut dire qu’on risque déjà d’enregistrer des contreperformances aux examens de fin d’année si le chef de l’Etat décide de sauver l’année. Car, aujourd’hui, il apparaît comme la seule personne pouvant décanter la situation. Mais, il ne lui reste que la semaine prochaine pour éloigner le pire…

Prince BOCO

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