Lettre ouverte au président Yayi Boni : LES RAPATRIES DU GABON EN 1978 DENONCENT UNE SPOLIATION DE 14 MILLIARDS

28 Fév, 2012 | Par | Rubrique : A la une, Politique, Société

Dans une lettre ouverte, les béninoises et béninois rapatriés de Gabon depuis 34 ans réunis au sein d’un collectif, se confient au chef de l’Etat, le président Yayi Boni. Ils estiment que toutes les voies sont épuisées et c’est désormais le chef de l’Etat qui est leur salut. Pour eux, il est souhaitable qu’en bon père de famille, le chef de l’Etat prenne à bras le corps cette situation pour éviter de graves déconvenues aux rapatriés emparés par le désespoir.

(Lire la lettre ouverte)

 

Le collectif des béninoises et béninois rapatriés du Gabon en 1978

Porto- Novo, le 20 février 2012

A

Son Excellence Monsieur Boni Yayi,

 

Président de la République, Chef de l’Etat, Chef du gouvernement,

 

Objet : réclamation de nos droits

 

Monsieur le Président,

 

Nous sommes les rapatriés du Gabon événement douloureux et meurtrier de 1978. Nous venons vers vous encore une fois vous rappeler que depuis que l’Etat Gabonais a tenté de réparer les préjudices à nous causés lors de cet événement, en donnant au Bénin une enveloppe de plus de 14 milliards de francs Cfa, aucun d’entre nous n’a rien reçu en guise de dédommagements jusqu’à ce jour.

C’est pourquoi, ne pouvant continuer d’attendre longtemps encore, du fait que bon nombre d’entre nous sont déjà décédés, beaucoup d’autres croupissent sous le poids de la maladie sans ressources pour se soigner, d’autres encore qui connaissent des quotidiens douloureux, nous avons décidé de vous envoyer cette lettre en guise de lettre ouverte, car plusieurs tentatives de vous joindre ont été étouffées.

Monsieur le président de la République, notre république étant une continuité, nous sommes persuadés, à la vision de votre nouvelle démarche de gouvernance que toute la lumière doit être faite sur ce dossier qui continue d’endeuiller les familles des rapatriés du Gabon que nous sommes.

Nous voulons profiter de cette lettre pour demander respectueusement à vous rencontrer et vous expliquer de vive voix nos angoisses, nos difficultés quotidiennes et souhaiter obtenir de vous, une réparation ultime et définitive de cette situation qui ressemble à une spoliation.

En attendant de vous une suite synonyme d’espérance et d’espoir pour les nombreuses familles de rapatriés que nous sommes, veuillez agréer, Monsieur le président de la république, l’expression de nos sentiments.

Très hautes et sincères considérations.

Que Dieu vous bénisse !

Le président du collectif

                                                                           Nachirou Abdou Latif

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