Incurie et dilettantisme dans la gestion de l’enseignement supérieur au Bénin : UNE UNIVERSITE PRIVEE S’AMUSE AVEC L’AVENIR DES JEUNES

22 jan, 2012 | Par | Rubrique : Manchette, Politique, Société

(Le ministre Abiola et le Cames doivent être bien regardants)

Depuis quelques années, les jeunes et leurs parents s’intéressent de plus en plus aux nouvelles filières de formation non disponibles dans les facultés classiques des universités publiques du Bénin. Malheureusement, cette opportunité devient un fonds de commerce pour certains promoteurs d’universités privées qui ne prennent pas au sérieux non seulement les enseignements dispensés, mais aussi et surtout la qualité et la gestion de leur personnel enseignant. C’est le cas, depuis l’année dernière de l’une de ces universités dont les pratiques compromettent l’avenir de plusieurs milliers de jeunes.

Les pratiques dans certaines universités privées du Bénin sont simplement écœurantes. Si on note le respect des normes dans quelques universités, instituts ou écoles supérieures du pays, le constat est amer lorsqu’on pousse la curiosité loin dans le secteur florissant de l’enseignement supérieur privé. De ces universités privées, certains s’adonnent à des pratiques anti-pédagogiques et même inhumaines.

En effet, dans cette université présente à Cotonou, Porto-Novo et dans d’autres localités du pays et dont une certaine publicité vante les mérites : en l’occurrence la reconnaissance par le CAMES. Si elle délivre des diplômes de gestion et  même celui relatif à la gestion des ressources humaines, la gestion de son administration et celle de son personnel enseignant laissent à désirer. L’une des illustrations réside dans le comportement peu orthodoxe des responsables de cette structure de formation qui n’ont pas hésité à remercier certains enseignants qualifiés alors même que le contrat qui les lie à ceux-ci ne les autorise pas à agir de la sorte. D’ailleurs, selon le premier article de ce document légal qui sert de socle à leur collaboration, il est écrit noir sur blanc qu’il s’agit d’un contrat est à durée déterminée de douze mois avec tacite reconduction. Mais contre toute attente, et sans un quelconque préavis encore moins une correspondance leur notifiant la rupture du contrat, des enseignants qualifiés dont certains sont chargés de cours à l’Université d’Abomey-Calavi sont remerciés.

Le comble est que vers la fin de l’année universitaire 2010-2011, l’administration de cette université qui est en partenariat avec une université française avait exigé qu’un des enseignants dépose la version numérique de ses cours avant de percevoir son dernier salaire. Ce qui fut fait. Mais pour le compte de cette année académique, il a été mis à la porte et ses cours ont été purement et simplement confiés à l’un de ses étudiants de l’année écoulée. Ce nouveau diplômé devient lui aussi enseignant d’université et tenez-vous tranquille, il dispense les cours à des étudiants de son niveau. Paradoxal n’est-ce pas ! Au-delà de tout, cette situation pose le problème de la propriété intellectuelle. Vue la gravité de cet acte, on se demande si les autorités de cette université mesurent le risque qu’elles courent . Joint au téléphone, le président de cette université n’a voulu réagir par rapport à nos préoccupations et n’a pas cru devoir répondre aux messages dont il est le destinataire.

La situation est préoccupante et il est impérieux que le ministre de l’Enseignement supérieur et le Conseil Africain et Malgache de l’Enseignement Supérieur (Cames) qui délivre les accréditations de reconnaissance de diplômes soient regardants pour qu’on évite des agissements du genre. Car, il ne sert à rien de l’avenir de sacrifier l’avenir de plusieurs milliers de jeunes sur l’autel de l’incompétence, de la légèreté, de la mauvaise gestion et de mauvais curricula. Nous y reviendrons plus amplement dans nos prochaines parutions…

Hubert DJOGUE

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  1. Quelle est cette université ?

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