Corruption, Détournement et Prévarication au Sommet de L’Etat : 15 MILLIONS OPPOSENT MINISTERES ET ORGANES DE PRESSE

22 Déc, 2010 | Par | Rubrique : Manchette

Au départ, il était question que chacun des trente ministères renouent une franche collaboration avec trois organes de presse. Rien d’anormal qu’un gouvernement tisse une relation de ce genre avec des entreprises de presse qui en retour devront aider le gouvernement à corriger son image, bien ternie depuis peu avec la série de dossiers qui décrédibilisent l’exécutif. Mais au lieu de voir certains membres de l’exécutif libérer les fonds, on constate avec amertume que ces fonds sont parfois gérés en totale inadéquation avec la vision du chef de l’Etat.

La situation porte un seul et unique nom : immoralité. C’est bien le triste et amer constat auquel on assiste aujourd’hui où plusieurs ministères ont déjà eu pourtant l’heureux privilège de libérer tous les fonds aux ayants droit. Ceci est, comme on peut le remarquer, à leur actif. Mais à côté de ceux-là qui affichent un comportement aussi vertueux que digne, on retrouve des personnes rétives qui agissent comme si ces fonds doivent être partagés entre membres des cabinets ministériels et les promoteurs d’organe de presse à qui cet argent est initialement destiné. Dire que tout ceci se passe sous un régime dit du changement à de quoi faire frémir. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, ce sont les ministres dits, à tort ou à raison, proches du chef de l’Etat qui brillent curieusement par ces comportements qui frisent le détournement. Les promoteurs d’organes de presse n’ont jamais entrepris une démarche particulière afin d’obtenir ces contrats entre leur entreprise et le gouvernement. Et d’ailleurs cela n’est absolument pas du tout de la corruption, comme aiment à le faire croire certains hommes politiques qui dans un passé récent faisaient pire et dans une opacité absolue. Donc, il y a ici lieu de délivrer un satisfécit au gouvernement du changement qui a pris une initiative qui prend des allures d’une grande transparence.

Boni YAYI mal entouré ?

Malheureusement, il se fait que Boni YAYI est constamment entouré de délinquants en col blanc qui continuent de saper tout effort du chef du gouvernement pour que le Bénin sorte des entiers battus. Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, le nombre de ministères où ces fonds sont en véritable souffrance est plus nombreux que là où les promoteurs d’entreprise de presse ont déjà perçu leur part. Plusieurs cas assez saisissants frappent les esprits. Au ministère de la décentralisation, par exemple, deux organes seraient éligibles pour y se faire payer. A quelques jours de la fin de l’exercice budgétaire en cours, aucun de ces deux organes n’auraient encore reçu le moindre centime. Ce ministère n’est pas un cas isolé. Il y en a d’autres où le même phénomène s’observe avec curiosité. Ils sont donc si nombreux ces organes de presse qui soufrent le martyre. Le plus ahurissant est que ce sont souvent les organes de presse qui quotidiennement s’arrangent pour améliorer l’image du gouvernement qui souffrent de la gloutonnerie de certains membres des cabinets ministériels où cet argent est visiblement sources de mille ennuis. Au ministère de la culture, plusieurs responsables d’organe de presse estiment avoir été floués car au lieu de leur payer l’intégralité du montant retenu de commun accord, les cadres chargés de les payer opèrent une ponction évaluée à 1.500.000 f CFA sur leur gain. D’autres ministères ont commencé par payer mais tardent à solder. Le risque est qu’en cas de changement éventuel des ministres, les fonds restants ne seront plus jamais payés aux ayant droits pourtant retenus très officiellement en conseil des ministres pour toucher cette somme. L’autre crainte est que les financiers trouvent, comme à l’accoutumée, des arguties pour enfin dire que l’argent est retourné au trésor, faute de sa consommation avant la fin de l’année budgétaire en cours.

L’argent de la presse confisqué par certains cabinets !

En un mot comme en mille, la conclusion est assez formelle et permet, une fois davantage, de faire un état des lieux pour affirmer que la plupart des ministres de Boni YAYI sont de véritables épines à ses pieds. Quelques noms sortent de ce lot de vampires où on ne sait plus exactement qui sème la confusion entre directeurs des ressources financières et matérielles, comptables et autres vilains gourous assumant les fonctions de responsables de la communication. Il n’est, à cet effet, pas rare d’entendre certains ministres se plaindre aussi fréquemment de la corruption de ces messieurs (communicateurs) qui détournent souvent les frais de couverture médiatique des manifestations organisées par leurs ministres. Pour l’instant, une vive riposte s’organise pour dénoncer, à brefs délais et nommément, tous ceux qui ont occasionné ces retards ou ces blocages. Dommage qu’à quelques mois des élections générales et législatives l’argent destiné à la presse, par ministère interposé, soit l’objet d’une guerre entre ministères et entreprises de presse. Souhaitons que le rétrécissement numérique de ces récalcitrants et réfractaires au changement s’accélère avant la fin de cette semaine car il est difficilement acceptable que pour une même cause et dans les mêmes conditions de décaissement les ministères se donnent le loisir de gérer avec une souveraineté inopportune les deniers de l’Etat au détriment des réels et légitimes bénéficiaires. A vendredi…

Luc BODJRENOU

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