Mauvaise gestion du partenariat entre gouvernement et presse privée : DRFM ET COMPTABLES DETOURNENT L’ARGENT DE LA PRESSE POUR RENDRE YAYI IMPOPULAIRE

20 Déc, 2010 | Par | Rubrique : Manchette

Dès sa prise de fonctions en avril 2006, le président Boni YAYI avait eu le courage de décomplexer les relations qui doivent régir les relations entre la presse du secteur privé et le gouvernement. Suite à cette volonté clairement affichée, des contrats furent signés avec certains groupes de presse afin de mettre un terme à la pagaille et la confusion. A la fin de son premier quinquennat, le constat qui se fait actuellement est que plusieurs DRFM et certains comptables préfèrent détourner l’argent destiné au partenariat entre l’exécutif et la presse privée.

Aujourd’hui, il semble que plusieurs collaborateurs du Dr Boni YAYI ont choisi de le rendre complètement impopulaire auprès des hommes des médias. Ce constat ne souffre actuellement d’aucun doute puisque depuis quelques jours certains directeurs des ressources financières et matérielles (DRFM) accompagnés d’une poignée de comptables ont choisi de faire main basse sur tout ou partie de l’argent qui devrait revenir à certains organes de presse qui volontairement ont accepté d’accompagner les actions du gouvernement. Intervenus courant 2010, certains contrats sont conclus afin de permettre à l’exécutif de finir en toute tranquillité le mandat en cours. Malheureusement, c’est au moment ou le gouvernement du changement a plus que jamais besoin d’être en symbiose avec la presse que le règlement financier des contrats en cours a commencé par  souffrir de malsaines convoitises de la part de certains collaborateurs du chef de l’Etat.

Si dans certains ministères les paiements se font de façon satisfaisante, il faut reconnaître que ces sommes d’argent suscitent un appétit assez vorace chez des membres de différents cabinets ministériels qui ont pris l’initiative soit de faire des ponctions sur les sommes à payer ou simplement de créer des complications qui risquent bien de ne pas faire aboutir vite les choses. A plusieurs reprises, des comptables ont affiché leur farouche volonté de ne pas payer. Il y a eu même un drfm qui eut l’honneur de prélever la somme de 1.500.000 (un million cinq cent mille) f CFA sur chaque enveloppe destinée aux organes de presse liés à « son » ministère. D’ailleurs, ce directeur des ressources financières et matérielles (DRFM) vient d’être relevé des ses fonctions par son propre ministre de tutelle qui a aussitôt réagi suite à une plainte régulièrement formulée par un patron de presse qui n’a voulu se laisser « faire ». Le ministre  concerné n’a pas hésité à prendre l’acte administratif qui met effectivement fin aux fonctions du collaborateur fautif. On peut être brillant, travailleur, doué et tenir ses promesses à l’endroit du peuple. Mais lorsque des délinquants en arrivent à créer un conflit presque inutile entre les hommes des médias et  l’exécutif en fin de règne, il devient dès lors évident qu’un tel régime court de sérieux risques d’affronter des adversaires de trop.

Certes, c’est de plein gré que le gouvernement a initié ces contrats. Cependant, il est une évidence que ces crises liées à des détournements d’argent dont la destination est volontairement déviée feront davantage mal au régime YAYI que tout. Pour l’heure, tous ces directeurs et leurs complices comptables sont listés et ne tarderont pas à subir la foudre de la saine colère qui couve progressivement dans les rédactions. A priori, on peut supposer que ce sont les ministres qui ne savent pas comment ordonner les décaissements. Mais à l’analyse et d’après certaines sources concordantes, mis à part quelques ministres peu consciencieux et soucieux d’accompagner Boni YAYI, ce sont les comptables et autres collaborateurs installés dans les cabinets ministériels qui font blocage afin d’exiger des pots de vin. Les jours à venir établiront la vérité et les noms de ces délinquants seront connus de grand public. A ce sujet, le comptable du MJLDH risque de figurer en très bonne place de ces commis en délicatesse avec les règles devant présider aux destinées de nos relations avec le régime du Dr Boni YAYI.  Au demeurant, l’on peut facilement conclure qu’à quelques encablures de sa fin de quinquennat, YAYI est plus que jamais seul à bord du navire face à ses nombreux adversaires du dehors mais aussi et surtout à ses ennemis de l’intérieur. De toutes les manières, ce ne sont pas ces clopinettes qui feront de la privée ce qu’elle est ou sera. Mais tous les acteurs concernés sont déterminés à se faire entendre jusqu’à l’usage de leur dernière plume.  A suivre.

Luc BODJRENOU

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