Lutte contre la grande corruption au Bénin : POURQUOI YAYI FERME-T-IL LES YEUX SUR LE CAS GABRIEL MOUSSA ?

25 août, 2010 | Par | Rubrique : Actualité nationale

(… le projet PROMOFAT en souffrance !)

Comme nous l’annoncions dans notre précédente parution, il fut initié un ambitieux projet dénommé PROMPOFAT qui devrait être exécuté et dont la réalisation est tarifée en quatre phases. Si toutes les parties avaient accordé leur violon pour que cette noble mission puisse voir le jour et contribuer à la modernisation de la CNSS tout en mettant cette structure à l’abri des manœuvres répréhensibles dans sa gestion, le constat fait dès 2006 est accablant quant aux actes posés pour empêcher son bon déroulement.

A leur prise de fonctions, les membres actuels du Conseil d’Administration de la CNSS découvrent, entre autres dysfonctionnements, que la CNSS avait investi environ un milliard cinq cents millions de francs CFA dans le cadre du projet PROMOFAT. Dans le même temps, ils remarquent que la caisse c’est-à-dire la CNSS dans son ensemble, fonctionne comme au moyen âge. Pendant ce temps, une somme de six cents millions est encore inscrite au budget, non votée pour l’exercice en cours, celui de 2010, pour l’informatisation. Surprise ! Rappelons que la CNSS est privée de budget pour défaut de certification de ses comptes depuis 2007. Curieux de savoir ce qui se passe dans le cadre de la réalisation de ce projet porteur de tant d’espoirs pour la CNSS, le conseil d’administration commet une équipe d’experts indépendants pour faire l’état des lieux. Cette mission a été réalisée entre le 10 et le 18 mai 2010. Le constat est déconcertant et démontre une fois encore, que la CNSS est devenue depuis longtemps, une vache à traire et une structure livrée à toutes sortes d’appétits. Invité à connaître le résultat de cet état des lieux, le coordonnateur du projet accepte bizarrement ce compte rendu et ordonne à ses collaborateurs ayant assisté aux travaux d’expertise, de signer le rapport final. A première vue, on pourrait croire que le coordonnateur vient de capituler pour avoir accompli préalablement, un mauvais travail. Mais, plusieurs personnes affirment que ce coordonnateur est un ancien du système des Nations Unies où il a travaillé pendant plus de 40 ans. Donc c’est quelqu’un qui connaît le parallélisme des formes. C’est donc une stratégie pour mieux affronter ses bourreaux. Et s’il y a aujourd’hui dysfonctionnement au niveau des applications autrefois installées sous PROMOFAT mais qui ont maintenant disparu, à qui la faute ? En somme, le résultat des experts est que PROMOFAT aurait fait un travail médiocre. Il est même apparu que des logiciels supposés installés dans le cadre du projet PROMOFAT ont simplement fondu dans la nature.
A l’heure où nous écrivons ces lignes, nous savons que plusieurs cadres de la CNSS ont déjà perdu leur sommeil car la situation qui prévaut au sein de la Caisse est des plus rocambolesques. La CNSS est gérée moins qu’une épicerie avec des responsables qui ont toujours préféré se remplir les poches, les panses et jouir. Il est apparu, au vue des résultats de nos investigations que PROMPOFAT n’est pas bien accepté par certains cadres car il empêchera désormais, des fraudes à quelque niveau que cela soit. Aussi ont-ils mis en place, une méthode de sabotage afin de discréditer le coordonnateur mais aussi et surtout, de ruiner toutes les chances de la CNSS de se doter d’un si redoutable outil de développement. Selon quelques indiscrétions obtenues d’agents de la CNSS, les cadres de cette administration avaient marqué leur accord pour la réalisation de PROMOFAT avant de se rendre compte, que cette « histoire » n’arrangerait plus leurs magouilles. Sinon, comment comprendre que tous ont pu signer chacun, en ce qui le concerne, des ‘’Attestations de Bonne Fin d’Exécution’’ au coordonnateur quant aux tâches accomplies dans leur section respective avant d’affirmer aujourd’hui que, PROMOFAT fut un échec. Le comble est que certains cadres ont poussé si loin le bouchon jusqu’à faire disparaître dans l’unité centrale de leur ordinateur, des logiciels installés par le projet PROMOFAT. D’autres révélations nous affirment que la CNSS a pris aussi l’habitude de louer des ordinateurs pour le travail quotidien de son personnel. Bref, la CNSS préfère ne pas s’acheter des ordinateurs mais prend la décision d’en louer à des prix incroyablement vrais : 50.000 f CFA / mois. Assurément, le conseil d’administration dirigé par Sébastien AJAVON n’est pas au bout des ses surprises car nous découvrons que les scandales ont résolument élu domicile à la CNSS où le gouvernement a choisi d’y envoyer un banquier comme la plupart de nos gouvernants pour y accomplir une mission spéciale : perpétuer la gabegie, la concussion, la corruption et leur cortège de misères. Ces misères sont malheureusement, le lot quotidien des travailleurs surtout les retraités qui y subissent un sort regrettable. Or d’après quelques spécialistes rencontrés, le projet PROMOFAT est d’une importance et d’une adéquation indéniables. Selon nos sources, la bonne réalisation de ce PROMOFAT devrait permettre de venir à bout non seulement de la mauvaise gestion mais encore d’apporter des solutions promptes au monde des travailleurs. Mais ces objectifs sont loin de rencontrer l’adhésion de Gabriel OUSMANE MOUSSA et ses complices. Actuellement, c’est le Directeur du Budget et du Patrimoine de la CNSS qui fait figure d’allié très sûr du fils de Kouandé. Nous savons, par exemple, que tous les documents sensibles sont, depuis peu, transférés dans le bureau du bras droit de Gabriel O.MOUSSA, heureusement, que nous avions déjà pris tout ce dont nous avons besoin pour éclairer l’opinion publique.
Après une marche verte et une série de décisions qualifiées de courageuses, la crise qui secoue la CNSS vient prouver avec éloquence, que la lutte contre la corruption selon Boni YAYI varie en fonction de la couleur politique et de l’origine géographique de ses concitoyens.
Luc BODJRENOU

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