Après un investissement de un milliard six cents millions pour son informatisation : LA CNSS CONTINUE D’ETRE GEREE MANUELLEMENT
22 août, 2010 | Par Guy QUENUM | Rubrique : Manchette(Ombres et lumières sur le projet PROMOFAT)
Dans un souci de rendre plus moderne, la gestion de la plupart des structures de sécurité sociale en Afrique, le Bureau International du Travail jugea utile d’inviter les responsables de ces différentes structures à informatiser leurs services. L’ex OBSS avait compris l’utilité de la démarche et avait commis un expert en sécurité sociale pour ce faire. Après un travail à mi-parcours et un investissement d’environ deux milliards, la CNSS connaît une gestion globalement à la limite du médiocre avec des logiciels installés mais ayant disparu. A qui la faute ?
Depuis quelques jours, la CNSS est sous le feu des projecteurs et pour cause. Connue pour être l’une des entreprises qui brassent plus de milliards au Bénin, la CNSS devrait déjà entrer dans une nouvelle ère de gestion si le projet PROMOFAT avait connu un sort plus sérieux. Mais après avoir démarré sur des chapeaux de roue, ce projet a vite attiré l’attention des vautours et autres cadres qui ont pratiquement prêté serment de siphonner les ressources de la CNSS. De mémoire d’homme, c’est la première fois en Afrique, qu’une structure de sécurité sociale veut connaître une telle métamorphose. Mais cette option d’informatisation intégrale souffre énormément du manque de communication entre la Direction Générale de la CNSS et tous les employés. En fait, ce projet qui est élaboré et qui devrait se dérouler en quatre phases n’a pas évolué au-delà de la deuxième. A ce stade, des actes assimilables sont intervenus sans que le personnel n’en soit bien informé. Pis, les décaissements ont commencé par connaître des fins préjudiciables à sa bonne exécution.
Actuellement, que la CNSS est devenue un sujet de préoccupation majeure pour le gouvernement et toutes les couches sociales du bénin, il urge que le débat soit franchement ouvert. Pour ce faire, toutes les responsabilités doivent être situées car on note une atmosphère pas commode pour la poursuite de ce projet d’ambition légitime. Mais d’après plusieurs sources, il convient de signaler que ledit projet n’arrange pas tout le monde à commencer par ceux qui abusent des patrimoines de la CNSS. A son installation, l’actuel Conseil d’Administration découvre la crise liée à l’investissement de plus d’un milliard sans résultat probant. Sébastien AJAVON et les siens ont commis des experts pour auditer le travail accompli. Il ressort de cet audit, que des dysfonctionnements graves ont fait surface pour révéler que le projet fut mal assuré. Les experts invitent le coordonnateur à accepter les résultats de cet audit indépendant. Mais aux dires de certaines personnes ressources, la réalité est que des cadres de la CNSS ont pris soin de rendre inopérants des logiciels. En somme, c’est un véritable autre scandale que vit la CNSS dans un silence absolu des uns et des autres. Dans une structure qui manque de budget depuis quelques années pour fautes de comptes financiers non certifiés, il est nécessaire que cette question concernant le projet soit prise au sérieux car de son éclaircissement dépend la survie de cette entité qui fait la misère aux travailleurs, même après leur retraite. Pour l’instant, il est constaté une totale ignorance des employés de la CNSS sur ce qu’est le projet PROMOFAT et ce que cela comporte comme avantages. Malheureusement, personne en dehors de quelques initiés peuvent se prononcer valablement sur ce sujet au sein de l’entreprise. Nous reviendrons plus en détails sur ce projet qui fait courir tout le monde à commencer par le gouvernement qui tend à faire mains basses sur ce trésor. Naturellement, cela passe par la qualité de la gouvernance de l’entreprise.
A suivre
Luc BODJRENOU
