Oubliés, les appelés au Service militaire écrivent au chef de l’Etat

28 juil, 2010 | Par | Rubrique : A la une, Message

Depuis qu’ils ont été démobilisés, les appelés au Services militaire d’intérêt national n’ont pas obtenu l’accomplissement des nombreuses promesses à eux faites par le chef de l’Etat Boni Yayi à Bembèrèkè comme à la rencotre du 29 janvier au palais de le présidence. Fatigués d’attendre l’accopmlissement de ces nombreuses promesses, ils ont décidé d’écrire au président de la République pour lui rappeler ses engagements.
Lire leur lettre ouverte
Cotonou, le 14 juillet 2010

Lettre ouverte

A

Son Excellence, Dr Boni YAYI,
Président de la République,
Chef de l’Etat,
Chef du Gouvernement.

Objet : Mécontentement des démobilisés du SMIN
des promotions 2007 et 2008

Excellence, Monsieur le Président de la République,

Suite à nos multiples tentatives pour rentrer en contact avec vous à travers l’introduction d’une vingtaine de demandes d’audience ; nous avions constaté que votre préoccupation actuelle n’est pas le devenir de la jeunesse que nous sommes. Oui, car plusieurs de vos collaborateurs nous ont à plusieurs reprises fait savoir que le Service Militaire d’Intérêt National (SMIN) faisait partie des premiers faux pas, des erreurs de gouvernance qu’il faut effacer de la mémoire collective.

Excellence, qu’il vous souvienne que nous avons fait le sacrifice suprême en témoigne la mort de nos camarades tombés au champ de bataille : SD2 SANTOS, Yves AVOCE …
Qu’il vous souvienne également qu’après notre démobilisation, tous étions rentré chez nous dans l’espoir d’une réadaptation dans nos milieux respectifs quand subitement le 29 janvier 2009, vous nous aviez fait appel à la salle du peuple de la Présidence de la République qui n’a pas d’ailleurs contenu ce jour là l’effectif de la première promotion du SMIN baptisée promotion Espoir.

Ce jour-là, vous aviez annoncé d’importantes mesures concernant notre insertion socio professionnelle (cf discours démobilisation et discours du 29 janvier 2009 en pièces jointes).

Aujourd’hui, comme par le passé, il nous paraît utile de nous interroger sur la suite réservée au dossier des démobilisés que nous sommes et ce que vous attendez concrètement de cette jeunesse.

C’est avec beaucoup de désolation, Excellence Monsieur le Président de la République que nous nous sommes senti utilisé comme « cobayes d’expérimentation du SMIN ». Oui ! Cobayes et la suite ?

Nous démobilisés du SMIN sommes mécontents du traitement à nous réservé. Les importantes mesures pour faciliter notre insertion socio-professionnelle rencontrent une indifférence manifeste de la part de vos collaborateurs en charge du dossier et par ailleurs, Excellence, votre grand et long silence nous révolte.
Où sont nos concours ? Que deviennent vos promesses ? Combien de temps doit-on encore attendre ?

Cette frustration de plus de 5000 jeunes béninois, soit au moins 5000 familles béninoises est porteuse de germes conflictuels, Monsieur le Président.

Il nous faut rappeler que du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest la grogne monte d’avantage et le mécontentement est grand :
- nos certificats de service militaire ne sont pas pris en compte pour les différents concours ;
- en dépit de votre parole donnée, le Ministère du Travail et de la Fonction Publique nous fait savoir qu’aucun traitement ne nous est prévu;
- nos allocations universitaires (bourses et secours) depuis deux (2) ans ne sont pas encore octroyées aux ayants droit ;
- les 1039 démobilisés inscrits pour les différents programmes de valorisation des vallées aucun n’a été installé jusqu’au jour d’aujourd’hui ;
- les concours spéciaux annoncés comme promesse semblent être une utopie;
- aux différents concours de la Police, Douanes, Gendarmerie, malgré notre aptitude que vous deviez sans doute nous reconnaître, nous sommes marginalisés, aucune priorité…

Si d’aucuns de vos collaborateurs nous invitent à longueur de journée à faire confiance au gouvernement du changement et nous remplissent l’oreille de ce que, Excellence vous respectez la parole donnée, d’autres par contre semblent nous convaincre du contraire et trouvent votre discours de pure démagogie. Convenons, Excellence, que c’est inquiétant.

Les fils de pauvres que nous sommes semblent très aptes pour servir dans les contrées les plus enclavées et déshéritées au nom du SMIN mais inaptes aux différents concours APE et autres programmes.

Or, il faut constater que jusqu’à ce jour, nous avons suffisamment fait preuve de patriotisme et continuons de témoigner de notre formation. Cependant, nous ne saurions plus longtemps rester silencieux.

Excellence, convenez aussi avec nous que l’heure n’est plus au discours et d’ailleurs, certains de vos collaborateurs ont montré leur incapacité à nous donner satisfaction.

D’ailleurs, qu’elle mention obtiendra le Pouvoir du Changement, si le sort des appelés du SMIN des promotions espoir (2007) et solidarité (2008) devrait être l’unité d’appréciation de la politique du Gouvernement vis-à-vis de la jeunesse béninoise en général ?

Excellence, l’heure est au bilan et les actes parlent plus que les discours.

Bureau Exécutif National
Pièces Jointes :

- Discours de démobilisation à Bembèrèkè
- Discours du 29 janvier 2009

Laissez une réponse