Guinée : SIDYA TOURE : « SI LE DROIT EST DIT, JE SERAI AU SECOND TOUR »

10 Juil, 2010 | Par | Rubrique : International

Sidya Touré affirme avoir obtenu plus de suffrages qu’Alpha Condé.

Sidya Touré, le candidat de l’Union des forces républicaines, arrivé troisième lors du scrutin du 27 juin avec 15,6 % des suffrages, revendique la deuxième place après Cellou Dalein Diallo (Union des forces démocratiques de Guinée), en tête avec 39,72 %. Il accuse le Rassemblement du peuple de Guinée (20,67 %) d’Alpha Condé d’avoir fraudé. Selon lui, l’opposant historique aurait même bénéficié de la complicité du président de la Transition, le général Sékouba Konaté. Interview.

Jeune Afrique : Votre parti, l’Union des forces républicaines (UFR), a décidé de saisir la Cour suprême. Vous demandez l’annulation de plus de 280 000 voix attribuées au Rassemblement du peuple de Guinée (RPG). Pourquoi ?

Sidya Touré : Nous avons pris le cas du RPG car une partie de ses fiches ont été réintégrées brutalement à quelques heures de la proclamation des résultats, mais c’est un phénomène qui concerne aussi la Moyenne et la Haute-Guinée. En dehors des grandes villes, chacun a fait ce qu’il voulait. Ils ont bourré les urnes et fait signer les procès verbaux par qui ils voulaient. C’est pourquoi on a des résultats qui ne correspondent pas à la réalité des urnes. Voilà comment le RPG s’est retrouvé devant l’UFR. Le vote de l’UFDG (Union des forces démocratiques de Guinée, NDLR) ressemble à ce qui s’est passé avec le RPG. Je n’en dirai pas plus.

Le RPG a quand même ravi la seconde place que vous revendiquez…

Ce sont la Ceni et le président de la Transition qui ont pris cette décision préjudiciable de le faire passer devant. Je pense que c’est sur instruction du président de la Transition que la Ceni a réintégré les voix du RPG qui n’auraient pas dû être prises en compte. L’UFR va donc saisir la Cour suprême. On verra si elle dira le droit. C’est ce que nous espérons pour nous et pour notre pays.

Avez-vous la preuve de vos accusations à l’encontre du général Sékouba Konaté ?

J’ai parlé avec le président de la Ceni, Ben Sékou Sylla et le général Sékouba Konaté quand j’ai eu vent de cette affaire. Je me suis entretenu deux fois avec le président de la Transition, une heure ou deux avant l’annonce des résultats.

Que vous êtes-vous dit ?

Je garde cela pour moi. Je pense que le président de la Ceni a été instruit d’introduire ces documents de manière totalement inacceptable. Et pour appuyer mon propos, je vous rappelle que le conseiller juridique de la Ceni, Me Abass Bangoura, a démissionné hier [samedi] pour protester contre le traitement de faveur accordé à un candidat.

Pourquoi ce supposé traitement de faveur envers Alpha Condé ?

Je me pose la question.

Pensez-vous vraiment pouvoir récupérer la seconde place ?

Tout à fait. Si le droit est dit, ce sera le cas. Je souligne néanmoins que sociologiquement et politiquement, je ne prétends pas que mon parti a beaucoup plus de militants que celui d’Alpha Condé, mais lors de ces élections, la base du RPG a été scindée en deux parce que le parti de Lansana Kouyaté (Parti de l’espoir pour le développement national, NDLR) a fait des ravages. Pour compenser ses pertes, le RPG a bourré les urnes.

Et si la Cour suprême ne vous donnait pas raison ?

À ce moment-là, nous aviserons. Pour l’instant nous suivons la procédure légale.

Vos militants resteront-ils pacifiques si la décision n’est pas en votre faveur ?

Je suis pacifique. Mon parti n’est pas violent et en dix ans, nous n’avons jamais connu de problèmes. Il est vrai qu’hier, ils se sont un peu échauffés car des urnes qui avaient disparu ont été découvertes dans la commune de Matoto où l’on nous a supprimé 50 000 voix, mais nous les avons appelés au calme.

La communauté internationale a poussé la Guinée à organiser cette élection très vite. Aujourd’hui, de nombreuses voix dénoncent fraudes et irrégularités. A-t-elle une part de responsabilité dans ce désordre ?

Les plus grands responsables sont les partis qui ont fraudé. Nous [l’UFR] avons bien tiré la sonnette d’alarme en disant qu’il aurait fallu deux mois de plus. Mais les gens ont commencé à dire : « Voilà, il n’est pas prêt, il n’est pas implanté à l’intérieur du pays,… ». Il faut admettre qu’il n’y a pas eu suffisamment de préparation. Au nord de la Guinée, près de la frontière avec la Guinée-Bissau, il y a des îles où aucun représentant de la Ceni n’a jamais mis les pieds. Il y a là-bas près de 3 000 personnes qui n’ont pas pu voter. Les exemples semblables sont nombreux. Les taux de participation qu’on nous présente sont complètement bidons.

Vous accusez vos concurrents d’avoir fraudé. Certains disent la même chose de vous. Avez-vous fraudé ?

Qu’ils donnent des preuves ! Moi je donne des preuves de ce que j’avance. Et là où la Ceni a trouvé que nous avions des bulletins qui n’étaient pas bons, nous avons accepté qu’ils soient rejetés. Cela n’a rien à voir avec ce qui s’est passé au Fouta et en Haute-Guinée.

Le second tour est prévu le 18 juillet. Pensez-vous que cette date sera maintenue ?

Je ne crois pas car il faut d’abord que la Cour suprême épuise les recours déposés par les

MOGADISCIO, THEATRE DE VIOLENTS HEURTS MEURTRIERS

De violents affrontements entre insurgés islamistes et forces gouvermentales, mais aussi entre factions rivales ont éclaté dans la capitale somalienne Mogadiscio, faisant au moins seize morts, ont déclaré mardi des responsables et témoins. La plupart des victimes sont des combattants tués lundi lors de différents incidents, alors que les insurgés islamistes resserrent leur emprise sur la zone de la capitale encore contrôlée par le gouvernement, a déclaré à l’AFP un responsable gouvernemental chargé de la sécurité

‘Des éléments violents ont attaqué les forces gouvernementales dans le nord de Mogadiscio, déclenchant de violents combats. Ils ont été vaincus et plusieurs combattants ont été tués’, a-t-il ajouté. ‘Deux de nos soldats ont également été tués, ainsi que trois civils pris dans les échanges de tirs’, a-t-il dit. Selon le chef des services ambulanciers de Mogadiscio, trois autres civils ont aussi péri dans la chute d’un obus sur leur maison.

D’intenses combats opposent les insurgés shebabs aux forces gouvernementales somaliennes et à l’Amisom, la force de l’Union africaine en Somalie, sur le front nord de Mogadiscio. Les shebabs, qui ont fait allégeance à Al-Qaida, ont promis de renverser le gouvernement du président Sharif Cheikh Ahmed, un islamiste modéré élu en janvier 2009. Ils se sont alliés au groupe du Hezb al-Islam pour lancer en mai 2009 une grande offensive que les forces du président Ahmed et de l’Unisom n’ont pas réussi à repousser. Les insurgés harcèlent les forces gouvernementales dans les districts du Nord-Est pour s’emparer de positions d’où viser les bases de l’Amisom, et perturber ses lignes de ravitaillement en frappant le port.

La Somalie, qui célébrait jeudi le cinquantenaire de son indépendance, est en guerre civile quasi ininterrompue depuis 1991. Lundi également, six pays d’Afrique de l’Est ont promis de fournir 2 000 soldats à l’Amisom à l’issue d’un sommet extraordinaire à Addis-Abeba. Déployée en mars 2007, l’Amisom compte actuellement quelque 6 000 soldats ougandais et burundais, au lieu des 8 000 initialement prévus. Cette force est chargée de protéger des sites stratégiques de la capitale, Mogadiscio, comme la présidence, le port et l’aéroport. Le président somalien a appelé lors du sommet ses homologues de la région à ‘redoubler les efforts’ contre les shebabs, afin de ‘mettre sur pied une stratégie militaire efficace’.

Algérie : UN BAC 2010 AU RABAIS ?

Plus de 61% des lycéens ont obtenu leur diplôme

Malgré ou peut-être à cause des nombreuses grèves cette année, le taux de réussite au baccalauréat bondit de près de 15% par rapport à l’année dernière. Les bacheliers ont bénéficié de sujets simples et n’ont eu à réviser que les deux tiers du programme.

Les grèves à répétitions sont le meilleur ami des bacheliers. Après cette année scolaire agitée, le taux de réussite au baccalauréat en Algérie s’élève à 61, 23%. Un taux qui dépasse de loin les 47% de l’an dernier. Pour ne pas pénaliser les élèves, l’examen n’a porté que sur les leçons des premier et deuxième trimestres. Une solution dont s’inquiète Meziane Merriane, coordinateur national du syndicat national autonome des professeurs d’enseignement secondaire et technique (CNAPEST) : « Ce balisage des révisions est tout sauf positif. Si le baccalauréat n’avait pas porté sur les premier et deuxième trimestres uniquement, les élèves auraient révisé tout le programme. Le pays gagnerait à avoir des bacheliers d’un niveau très acceptable, qui n’auraient pas de lacunes à l’entrée dans l’enseignement supérieur, du fait de leçons qu’ils n’ont ni suivi ni apprises. »

« Un taux politique »

Meziane Merriane et Hidir Chour, porte-parole du CLA (Conseil des lycées d’Algérie) s’accordent pour fustiger un baccalauréat « de niveau inférieur ». Ces deux syndicalistes tout comme les enseignants estiment que les sujets sur lesquels ont planché les étudiants cette année étaient « faciles ». Pourquoi une telle clémence ? Meziane Merriane se demande si ces résultats ont été recherchés, pour valoriser la récente réforme de l’éducation, ou si la commission n’a pas su évaluer les sujets. Pour Hidi Chour, c’est clair « on ne peut en aucun cas dire que ces résultats sont dus à la réforme, mais c’est ce que les dirigeants essayent de faire croire ». Un tel bond du taux de réussite ne saurait être obtenu par une réforme du système, soulignent-ils en choeur. Un autre chiffre met la puce à l’oreille : plus les wilayas ont subi de débrayages, meilleur est leur taux de réussite. La région de Tizi Ouzou arrive en tête du classement, puis vient Tipasa, suivie d’Alger, qui n’avait jamais connu un tel succès, qu’Hidir Chour n’hésite pas à mettre sur le compte des multiples grèves. Selon lui, ce n’est pas compliqué : « le taux de réussite est proportionnel au taux de perturbation ». Un pédagogue cité par El Watan va jusqu’à parler de « taux politique ».

En dépit de l’indulgence des corecteurs, les résultats obtenus en langues étrangères ont été « catastrophiques ». Dans la filière lettres, philosophie et langues étrangères, moins de 5% des bacheliers ont obtenu une note supérieure à 10 en français et en anglais. Ils ont par contre brillé en sciences islamiques, où 90% de bacheliers ont obtenu une note supérieure à la moyenne. Et une nouvelle fois cette année, les filles dépassent largement les garçons, avec 64,73% contre 35,27 % de taux de réussite au baccalauréat.

Un Egyptien ouvre le feu sur ses collègues, six morts

Un employé d’une entreprise du bâtiment a ouvert le feu mardi sur ses collègues dans l’ouest du Caire, faisant six morts et 16 blessés, a-t-on appris auprès d’un responsable de la sécurité égyptienne. Selon ce responsable qui a requis l’anonymat, le tireur présumé, un chauffeur de car, a arrêté le véhicule et tiré au fusil d’assaut sur les passagers. L’homme semblait souffrir d’une grave dépression après avoir été muté à un autre poste par sa compagnie, Arab Contractors, précise-t-on de même source. Arab Contractors, l’une des plus grandes compagnies du bâtiment en Egypte, n’a pas voulu commenter ces informations.

La France et l’Egypte préparent leur co-présidence de l’Union pour la Méditerranée

Le président français Nicolas Sarkozy et son homologue égyptien Hosni Moubarak ont évoqué lundi à Paris les « initiatives » en faveur du processus de paix israélo-palestinien que pourraient prendre les deux pays dans le cadre de leur co-présidence de l’Union pour la Méditerranée (UPM), à l’automne prochain, a indiqué l’Elysée à l’issue de la rencontre entre les deux chefs d’Etat. Lire la suite l’article

Les discussions ont essentiellement tourné autour des conditions d’une relance du dialogue israélo-palestinien, a expliqué l’Elysée, sans donner plus de précisions.

Le prochain sommet de l’UPM, prévu à Barcelone cet automne, doit rassembler les 27 pays de l’Union européenne, Israël, la Turquie et les pays arabes méditerranéens.

Par ailleurs, à la sortie de l’Elysée, M. Moubarak a jugé « prématuré » d’envisager « de s’adresser au Conseil de sécurité des Nations unies » dans le cadre du processus de paix au Proche-Orient. « Il y a des négociations indirectes qui sont en cours actuellement », a-t-il rappelé. AP

Moubarak à Alger, puis annoncé à Paris pour une visite inopinée

Le président égyptien Hosni Moubarak s’est rendu dimanche à Alger pour présenter ses condoléances à la suite du décès d’un frère de son homologue algérien Abdelaziz Bouteflika.

Un responsable de l’Elysée a déclaré dimanche ne pas être au courant d’une rencontre à Paris entre Hosni Moubarak et Nicolas Sarkozy.

Le déplacement en Algérie du « raïs » égyptien, qui est âgé de 82 ans et a subi en mars l’ablation de la vésicule biliaire, est intervenu sur fond de tensions bilatérales liées notamment à la qualification mouvementée, l’an dernier, de l’équipe algérienne de football au Mondial sud-africain aux dépens des Pharaons égyptiens.

Depuis, les investissements égyptiens en Algérie ont connu des difficultés, notamment dans le secteur de la téléphonie. Hosni Moubarak s’est entretenu avec son homologue algérien de questions arabes, africaines et internationales, écrit sans autre précision l’agence de presse égyptienne. Moustapha Bouteflika, qui ne détenait aucun poste au sein du gouvernement, est décédé vendredi à la suite d’une longue maladie. Il a été inhumé le lendemain, ont rapporté des médias officiels algériens. Larbi Louafi, avec Maroua Aouad au Caire et Yves Clarisse à Paris; version française Jean-Loup Fiévet et Nicole Dupont

Trois gendarmes tués dans l’est de l’Algérie

Trois gendarmes ont été tués et un autre a été grièvement blessé dimanche près de Jijel (300km à l’est d’Alger par l’explosion d’une bombe apparemment actionnée à distance, rapportent lundi de plusieurs journaux algériens.

Selon ces sources, ces gendarmes se rendaient à un poste de surveillance de la plage de Taza, un petit village situé à une trentaine de kilomètres à l’ouest du chef-lieu du département, lorsqu’une bombe artisanale enfouie sous le sable a été déclenchée, vraisemblablement par télécommande.

Les victimes ont été transférées à l’hôpital de Jijel, tandis qu’un grand ratissage appuyé par des hélicoptères de l’armée était aussitôt déclenché dans la zone, ont précisé ces sources.

Ces informations n’ont pas été confirmées de source officielle.

En avril dernier, trois gardes communaux, un corps de supplétifs des services de sécurité, ont été tués dans la même région. Leur mort a été imputée aux islamistes armés.

Mercredi dernier, onze gendarmes avaient été tués au cours d’un violent accrochage avec des terroristes à Tinzaouatine, ville frontalière du Mali située à l’extrême sud du pays (2.000km au sud d’Alger). Cette attaque a été revendiquée par la branche d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).

Guinée : SIDYA TOURE : « SI LE DROIT EST DIT, JE SERAI AU SECOND TOUR »

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