Coupe du Monde 2010 : LES MAILLOTS DE L’EQUIPE DE FRANCE N’ATTIRENT PAS LES CLIENTS

10 Juil, 2010 | Par | Rubrique : Sport

Avec le séjour en eaux troubles de l’équipe de France pendant la Coupe du monde 2010, les magasins pensaient solder les maillots de football arborant les couleurs des Bleus dans l’espoir d’écouler les stocks. Néanmoins la remise ne permet pas de reconquérir le public.

Chez Intersport à Lyon, mercredi 30 juin au matin, aucun maillot n’a été vendu, « malgré une promotion de 40% et un placement du produit dans l’entrée du magasin », a déclaré à l’AFP une responsable. À Paris, un Décathlon propose une remise de 27% sans avoir attendu les soldes. Malgré la réduction, les maillots n’attirent pas les clients qui préfèrent les maillots non-soldés des équipes toujours participantes au Mondial. Selon les vendeurs, les quelques personnes qui repartent avec le maillot français sont des touristes francophiles. D’autres seraient peut-être intéressés par un collector « avant qu’il ne passe de la marque Adidas à Nike », explique un employé de Citadium. Selon Laurent Thoumine, consultant au cabinet de conseil Kurt Salmon, les stocks d’articles textiles de la Coupe du monde restés sur les bras des enseignes spécialisées et des surfaces commerciales sont colossaux.

Classement FIFA

Classement des équipes nationales du monde

Classement FIFA top 50 mondial

Voir le site officiel du classement FIFA Coca-Cola sur le site officiel de la FIFA (lien en bas de page) pour voir la suite

Classement au 26 mai 2010

Classement Equipe Pts

mai 10 +/- Classement

avr. 10 +/- Pts

avr. 10

1 Brésil 1611 0 0

2 Espagne 1565 0 0

3 Portugal 1249 0 0

4 Pays-Bas 1231 0 10

5 Italie 1184 0 0

6 Allemagne 1082 0 -25

7 Argentine 1076 0 -8

8 Angleterre

1068 0 0

9 France 1044 1 0

10 Croatie 1041 -1 -11

11 Russie 1015 0 12

12 Egypte 967 1 0

13 Grèce 964 -1 -4

14 Etats-Unis d’Amérique 957 0 7

15 Serbie 947 1 3

16 Uruguay 899 2 -3

17 Mexique 895 0 -41

18 Chili 888 -3 -60

19 Cameroun 887 0 0

20 Australie 886 0 3

21 Nigeria 883 -1 0

22 Norvège 882 0 3

23 Ukraine 875 2 20

24 Suisse 866 2 12

25 Slovénie 860 -2 0

26 Israël 857 -2 0

27 Côte d’Ivoire 856 0 10

28 Roumanie 853 0 10

29 Turquie 830 4 32

30 Algérie 821 1 0

31 Paraguay 820 -1 -2

32 Ghana 800 0 -2

33 République tchèque 793 -4 -34

34 Slovaquie 777 4 35

35 Colombie 776 -1 -1

36 Danemark 767 -1 0

37 Suède 761 0 4

38 Honduras 734 2 7

39 Bulgarie 711 0 -29

40 Costa Rica 710 2 4

41 République d’Irlande 709 2 19

42 Gabon 700 -1 -7

43 Ecosse 699 1 15

44 Equateur 694 -8 -69

45 Japon 682 0 8

46 Lettonie 652 0 0

47 République de Corée 632 0 13

48 Burkina Faso 611 4 22

49 Venezuela 608 0 3

49 Lituanie 608 -1 -8

L’Egypte a fait un bon de 237pts (14 places) avec sa toute fraîche victoire lors de la CAN 2010, le classement des équipes africaines est celui qui à la plus bougé avec les nombreux matches de la Coupe Continentale (en Angola) qui s’est terminée en janvier 2010.

L’Allemagne à la conquête du monde

AFP/DAVID GANNON

La fête au Fanmeile de Berlin après la qualification de l’Allemagne pour les demi-finales de la Coupe du monde.

Qu’elle est belle cette Mannschaft qui a stupéfié le monde, samedi 3 juillet au Cap, en humiliant 4-0 l’Argentine de Diego Maradona et de Lionel Messi ! Et de quelle manière ! En inscrivant ses deux derniers buts à la mode sud-américaine, échanges courts et décalages dans les intervalles permettant finalement de pousser le ballon dans les cages vides, comme à l’entraînement.

A la sortie du match, les spectateurs étaient épris et rivalisaient de substantifs devant cette merveille de jeunesse, fraîcheur, dynamisme, enthousiasme, spontanéité, audace, intelligence… Mais ce n’est pas pour autant que les maillots blanc et noir se sont arrachés comme peuvent l’être ceux du Brésil ou de l’Argentine.

Avec son « Internationalmannschaft », l’Allemagne conquiert enfin les coeurs au-delà de ses frontières, ce dont elle n’était pas habituée. Particulièrement en France, où elle a toujours semblé indésirable. Sans même évoquer le poids de l’histoire et de possibles relents de germanophobie, le traumatisme provoqué par l’agression d’Harald Schumacher sur Patrick Battiston lors de la fameuse demi-finale de Séville, en 1982, a ruiné durablement toute tentative de séduction.

Qu’en est-il près de trois décennies plus tard ? Légitime pour en parler en raison de son histoire personnelle et d’une passion érudite pour le football, le député européen Daniel Cohn-Bendit constate que « c’est sans doute la première fois que l’équipe allemande impressionne à ce point par son jeu. Jusque-là c’était surtout pour sa rigueur, son organisation et sa capacité collective ». Le Francfortois ne voit qu’un possible précédent, l’équipe « ramba samba » championne d’Europe de 1972, puis du monde deux ans plus tard, avec le « Kaiser » Franz Beckenbauer et ses deux génies incompatibles, Wolfgang Overath et Günter Netzer.

Daniel Cohn-Bendit, qui a toujours été « critique » avec l’équipe nationale, vante cette fois les mérites du « grand manitou Joachim Löw », le sélectionneur hier décrié pour son charisme introuvable. Le falot assistant de Jürgen Klinsmann a poursuivi avec succès dans la veine offensive initiée par le champion du monde 1990, qui a permis à la Mannschaft de briller à domicile lors du Mondial 2006. Or, estime Daniel Cohn-Bendit, « Löw a un très grand joueur qui s’affirme, Bastian Schweinsteiger, et deux autres grands joueurs, Thomas Müller et Mesut Ozil. Les autres ne sont pas si exceptionnels, mais Löw a réussi à les mobiliser, à les amener à se dépasser autour d’un jeu collectif imaginatif ».

Avec son football total permettant à chaque défenseur de se reconvertir en attaquant (voir le latéral et capitaine Philipp Lahm) et vice-versa (voir le milieu offensif Thomas Müller), cette équipe réveille le délicieux souvenir des Pays-Bas (ou de l’Ajax Amsterdam) des années 1970. Alors que les Oranje ont, dans cette Coupe du monde, fait preuve d’une détermination, d’une combativité et surtout d’une efficacité qui rappelle l’Allemagne d’antan.

« On ne parlera plus de la Mannschaft comme on parlait d’elle avant », prophétise Daniel Cohn-Bendit. Le maillot à l’aigle noir va-t-il dès lors s’internationaliser ? C’est bien possible. D’abord, parce que comme le rappelle Daniel Cohn-Bendit, « des gamins le portent déjà en Turquie » depuis l’avènement dans les années 1990 de Mehmet Scholl, précurseur des Mesut Ozil et Serdar Tasci d’aujourd’hui. Ensuite parce que la diversité d’origines de l’équipe actuelle (Le Monde du 18 juin) multiplie les possibilités d’identification à l’étranger.

L’image injuste que renvoie le football allemand touche aussi la Bundesliga, un championnat spectaculaire et riche en buts, qui est pourtant loin de susciter l’engouement que connaissent la Premier League anglaise ou la Liga espagnole. Là encore, la situation pourrait évoluer quand les amateurs auront constaté que « les joueurs de Joachim Löw évoluent tous en Allemagne, au Bayern Munich, au Werder Brême, à Stuttgart ou à Schalke 04 », comme le rappelle Daniel Cohn-Bendit. Il ajoute que le pays manque toutefois « d’un classico attractif du type Real-Barça en Espagne ; le Bayern domine trop le championnat. »

On connaît la célèbre boutade de l’attaquant anglais Gary Lineker, « le football est un sport simple : 22 hommes courent après un ballon pendant 90 minutes et à la fin, les Allemands gagnent toujours ». Evidemment, ce n’est pas toujours vrai, mais lorsque les Allemands sont vraiment mauvais, ils atteignent tout de même les quarts de finale d’une Coupe du monde. Les Bleus en sont encore très loin.

Et quand ils sont irrésistibles ? Daniel Cohn-Bendit pense que la force de la Mannschaft actuelle est d’avoir « intégré la culture du résultat dans une culture du jeu ». De là à présenter ses joueurs comme des terreurs, il n’y a qu’un pas, que beaucoup franchissent imprudemment. Le récital contre l’Argentine a gommé un parcours finalement assez hasardeux : une raclée infligée à l’Australie quand celle-ci a été réduite à dix, une défaite (déjà oubliée) contre la Serbie, une victoire à l’arraché contre le Ghana. Et surtout ce but valable refusé à l’Angleterre en huitièmes de finale, qui aurait pu modifier le cours du match.

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