Grève sans service minimum au CHD de Parakou : PLUSIEURS BENINOIS SACRIFIES SUR L’AUTEL DE LA MAUVAISE GESTION
5 juil, 2010 | Par lautrefrat | Rubrique : SantéDepuis plus d’une semaine, le seul hôpital de référence des départements du Borgou – Alibori ne fonctionne pratiquement plus. Et pour cause ! Les médecins ont fait dos aux malades à cause de la scabreuse gestion du centre. Conséquences : déjà plus d’une dizaine de décès pour défaut de soins.
Ce qui se passe aujourd’hui au centre hospitalier départemental de Borgou-Alibori est plus qu’un scandale. Plus d’une dizaines de nos frères et sœurs y ont déjà perdu la vie. Et si vous êtes malades dans ces deux départements, il vaut mieux pour vous de ne même pas vous hasardez à aller dans cet hôpital pour vous faire soigner. Le tenter risque d’être au prix de votre vie. En effet, les médecins et étudiants qui travaillent dans ce CHD sont en grève sans service minimum depuis des jours. Ils exigent entre autres, la signature de la convention qui doit les lier au centre et dénoncent le manque criard de matériel, la mauvaise gestion et les mauvaises conditions de vie et de travail. Selon ces travailleurs très mécontents, d’autant plus que la convention n’est pas signée, rien ne les lie à l’hôpital. Malgré les négociations des cadres du ministère de la Santé et des autorités de la municipalité de Parakou, ils ne sont pas prêts à reprendre les blouses s’ils n’obtiennent pas ce qu’ils demandent.
Là que le bât blesse
A écouter les paramédicaux, le CHD Borgou-Alibori ne dispose pas du tout d’équipement pouvant les motiver à travailler. Le bloc opératoire de ce centre de référence ne dispose même pas de formol ni d’oxygène. Mieux, il y manque de seringue et la liste est longue. Ce qui veut dire clairement qu’il ne vaut plus la peine que ses portes soient encore ouvertes. Dans ces conditions comment pourra-t-on y sauver des hommes, des femmes ou des enfants ? Selon un médecin de ce centre hospitalier, il était impuissant lorsqu’une femme en état de grossesse a rendu l’âme devant lui parce qu’il n’y avait pas de matériel pour lui sauver la vie. Or, on crie changement à cor et à cri, sur monts et vallées. Mais voilà ce que les populations des départements de Borgou-Alibori sont en train de vivre. Cette situation interpelle bien et le chef de l’Etat qui est de cette division territoriale, et le ministre Issifou Takpara en charge de la Santé. Car, la santé n’a pas de prix et il serait intolérable que des situations du genre se produisent au Bénin qui est un pays de Droit.
Hubert HOUNWENOU
