Spéciale coupe du monde Afrique du sud 2010 : L’ATTAQUANT DES BLEUS THIERRY HENRY SERA REÇU PAR NICOLAS SARKOZY
25 juin, 2010 | Par lautrefrat | Rubrique : Dossier, SportNicolas Sarkozy s’empare du dossier de l’après Mondial. Le chef de l’Etat devait présider ce mercredi 23 juin après-midi une » réunion de travail » sur la débâcle des Bleus avec le Premier ministre François Fillon, la ministre des Sports Roselyne Bachelot et la secrétaire d’Etat Rama Yade. Et jeudi matin, le président recevra Thierry Henry à l’Elysée.
Thierry Henry reçu à l’Elysée, c’est d’abord une preuve de plus que le fiasco total de l’équipe en Afrique du Sud est devenu une affaire d’Etat, ce qu’avait déjà confirmé d’ailleurs ces derniers jours la présence sur place et les interventions de la Ministre des Sports Roselyne Bachelot. Le président de la République face au plus capé des joueurs français présents là-bas : que vont-ils se dire au lendemain de la réunion de travail déjà prévue cet après-midi à l’Elysée sur le sujet ? On peut imaginer que le meilleur buteur de l’histoire de l’équipe de France, son capitaine pendant de longues années a été choisi par l’ensemble des joueurs pour expliquer -ou tenter d’expliquer- au plus haut niveau de l’Etat ce qui s’est vraiment passé dans la coulisse du coté de Knysna, de Polokwane ou de Bloemfontein. On peut aussi imaginer que cette rencontre soit l’occasion pour le groupe France de présenter des excuses publiques à la nation -elles sont attendues et on a même entendu -pas très fort mais on l’a entendu- le mot de » pardon » dans les rares déclarations accordées à la presse par les joueurs français mardi soir après la défaite contre l’Afrique du Sud. Ce » pardon » aurait-t-il plus de poids dans l’opinion publique dès lors qu’il aurait été plaidé auprès du premier personnage de l’Etat, nul ne peut le dire. Thierry Henry à l’Elysée, c’est du déjà vu, mais c’était après les titres de Coupe du monde en 1998 et de Coupe d’Europe en 2000. Cette fois il ne sera plus question d’une décoration…
Le Ghana, porte-drapeau de l’Afrique
L’Allemagne et le Ghana se disputaient mercredi soir à Johannesburg une place pour les huitièmes de finale. Au cours d’un match extrêmement intense physiquement, les deux équipes se sont très longtemps neutralisées mais c’est sur un exploit que la Mannschaft remporte un précieux succès (1-0). Le Ghana reste qualifié grâce à la défaite (2-1) de la Serbie contre l’Australie.
En tête du groupe D grâce à sa victoire contre la Serbie et son nul contre l’Australie, le Ghana se devait de ne pas perdre face à la Mannschaft à Soccer City pour être sur d’être qualifié. Milovan Rajevac, sélectionneur serbe des Black Stars, avait cette semaine insisté sur la nécessité d’être rigoureux défensivement pour avoir une chance contre l’équipe de Joachim Löw. Les consignes du technicien serbe ont été parfaitement appliquées pendant la première période. Une défense extrêmement solide, une présence physique impressionnante, un pressing haut qui gêne la relance des défenseurs de la Mannschaft. C’est d’ailleurs grâce à cela que le Ghana se procure sa première occasion, sur une passe d’Ayew, Gyan est repris par un excellent retour de Schweinsteiger dans la surface (14e). De leur côté les Allemands sont emmenés par un Thomas Müller très actif sur les offensives de son équipe, capable de faire la différence à tout moment. Il lance d’ailleurs Özil à la limite du hors-jeu mais Kingson effectue une jolie parade (25e). Sur les quelques ballons où la défense ghanéenne a été débordée, elle a pu compter sur son portier, extrêmement solide. A noter également l’énorme travail des deux milieux récupérateurs K. P. Boateng et Annan empêchant les coéquipiers de Podolski de développer correctement leur jeu. C’est donc très certainement sur un détail que se jouera cette rencontre. D’ailleurs sur une rare erreur défensive, le Ghana se procure sa plus grosse occasion. Asamoah, à gauche, bute sur le dernier rempart allemand (55e). Alors qu’on croit s’acheminer vers un match nul sur une passe de l’incontournable Müller, Özil, qui ne paraissait pourtant pas au mieux, décoche une frappe imparable à l’entrée de la surface (60e, 1-0). Les triples champions du monde prennent alors la tête de leur groupe. Les Black Stars auraient pu par deux fois revenir au score dans les cinq minutes qui suivirent (62e, 66e) mais c’était sans compter sur la solidarité défensive des allemands, à l’instar de Lahm qui détourne in extremis la frappe de Ayew. Un faux rythme gagne alors la rencontre, les initiatives se font de plus en plus rares des deux côtés, hormis Ayew, côté ghanéen, qui ne cesse de remobiliser ses troupes. Dans l’autre rencontre du groupe D, l’Australie est en train de battre la Serbie (2-1). On voit même le coach des Black Stars demander à ses joueurs de calmer le jeu (80e). Une énorme alerte toutefois à la dernière minute d’Australie-Serbie, Pantelic rate le cadre alors que le but était pourtant ouvert devant lui. Les deux équipes se contentent de ce résultat. Peu importe, le Ghana, dans ce Mondial en Afrique du Sud, est la première nation africaine qualifiée pour les huitièmes de finale. Les coéquipiers de Mensah prennent la deuxième place du groupe D. Ils rencontreront les Etats-Unis en huitièmes de finale. A noter tout de même que l’équipe de Milovan Rajevac s’est qualifiée sans inscrire le moindre but dans le jeu (deux penalties inscrits par Gyan).
L’Algérie éliminée, les supporters affichent tout de même leur satisfaction
Réaction des supporters algériennes après le match perdu face à l’équipe des Etats-Unis ( 0–1 ) à Loftus Versfeld le stade à Pretoria, le 23 juin 2010.
Un silence total a accueilli le 23 juin 2010 en Algérie la défaite de l’équipe nationale face aux Etats-Unis (0-1), qui marque l’élimination des Verts au Mondial de football 2010. Mais les supporters, quoique déçus, se déclarent satisfaits et fiers de leur équipe. Et donnent rendez-vous avec leur équipe en 2014.
Après la défaite le 23 juin 2010 contre les Etats-Unis, les supporters algériens massés dans les cafés pour regarder le match, a longuement applaudi leur équipe. Car malgré cette élimination et la déception, ce que les Algériens retiennent, c’est que les joueurs n’ont pas fait honte à leur pays. C’est ce sentiment qu’exprime ce supporter : » On n’a pas gagné, mais c’est bon ! On a super bien joué…on est contents. La chance n’était pas avec nous. Mais c’était notre première Coupe du monde « . Un autre supporter de l’équipe nationale reprend ce même message : » …Tout va bien. On applaudit beaucoup les joueurs et bravo pour vous « . Et conclut son témoignage par un » one two threee, viva l’Algérie « . En quinze jours, une équipe est née, s’est affirmée, avec de jeunes joueurs qui incarnent désormais la relève du football national » les joueurs n’ont pas beaucoup d’expérience, deux ans, trois ans, mais on est vraiment contents. Surtout lors du match avec l’Angleterre. C’était un beau match. On a fait ce qu’il fallait faire. On a gagné une équipe. Ce sera pour une autre fois. En 2014, inchallah « , lance optimiste ce supporter. Après vingt quatre ans d’absence au plus haut niveau, l’Algérie quitte donc le mondial mais sans honte. Et tous les supporters affirmaient le 23 juin après l’élimination être très fiers de ces Verts.
Nadir Belhadj : » On n’a pas été ridicule «
Après la défaite face aux Etats-Unis (0-1), mercredi à Pretoria, et l’élimination en Coupe du monde, les joueurs algériens expriment leur déception mais aussi leur satisfaction d’avoir fini sur un match plein. S’ils reconnaissent la valeur de l’adversaire et leur propre inexpérience, ils donnent rendez-vous dans quatre ans avec une nouvelle génération talentueuse. Réactions…
Anther Yahia :
» La déception est vraiment très grande. Tous les gars sont déçus. Je pense qu’il y avait la place, si on met le premier but [sur le tir qui échoue] sur la barre. L’Algérie a montré un beau visage. On a produit du football, on a eu des occasions. C’était un match ouvert, un peu spectaculaire, ça allait dans un sens, dans l’autre. A la fin, on a perdu, c’est là notre gros regret.
» On essaie d’apprendre de chaque match international, surtout quand on dispute des rencontres de ce niveau-là. Il faut dire que les Etats-Unis, c’est une équipe de haut niveau. On va s’en servir pour l’avenir, on a des joueurs jeunes et des joueurs confirmés. On va essayer de trouver le bon amalgame. «
Hassan Yebda :
» On est déçu. J’espère que le peuple algérien est fier de nous. Même si on avait gagné 1-0, on serait éliminé. On prend ce but en contre-attaque alors qu’on s’est découvert, c’est normal. On a eu des occasions aujourd’hui. On aurait pu faire la différence, mais eux aussi. C’était un beau match pour les spectateurs. On va tout faire pour se qualifier pour la prochaine Coupe du monde. «
» On a montré une belle facette du football algérien «
Nadir Belhadj :
» On était content d’être là, mais on avait l’ambition d’être au deuxième tour. On est déçu. Sans prétention, sur le premier match on aurait pu faire 0-0. C’était dur, on a perdu ce match et après on a fait un gros match contre les Anglais. Ce soir, on avait envie d’y croire. Il n’y a pas de regrets. On a tout donné, tous ensemble, contre une bonne équipe des Etats-Unis.
» Notre apprentissage est fini, on va rentrer. J’espère que cela va nous servir pour la suite. C’était une bonne Coupe du monde, on a rencontré de belles équipes. On n’a pas été ridicule. Tout le monde croyait qu’on allait prendre 4 ou 5-0 et rentrer à la maison. Ce qui nous a manqué, c’est de marquer des buts, mais ce soir, ça va, on s’est créé des occasions. C’était un match ouvert. Nous étions obligés de marquer et eux aussi. Il faut continuer à travailler. De bons jeunes nous ont rejoints, j’espère qu’on va avoir une grosse équipe dans quatre ans. «
Karim Ziani :
» Plutôt que « désillusion », « déception » est plus le mot. Ce qui est décevant, c’est de perdre à un poil près. Mais le plus important est de marquer des buts. On a produit du jeu, on a montré de belles choses, mais c’est vrai qu’il nous manquait ce petit détail, cette petite expérience des grandes compétitions. On n’a pas su faire la différence à des moments clés. On a montré une belle facette du football algérien, on a montré qu’on avait une équipe d’avenir. Il ne faut pas oublier qu’on avait plein de jeunes joueurs et que l’on a commencé la compétition avec cinq, six joueurs cadres qui n’avaient pas joué depuis trois mois. «
Le Nigeria bêtement éliminé de la Coupe du monde
C’est au Moses Mabhida Stadium à Durban que le Nigeria affrontait la Corée du Sud. Une victoire était nécessaire aux Sud-Coréens pour être certain de se qualifier tandis que le Nigeria, bêtement battu par les Grecs (2-1), devait gagner et en même temps compter sur une défaite de la Grèce face à l’Argentine. Au cours d’un match accroché les deux équipes se sont finalement quittées sur un match nul (2-2) qui n’arrange pas les affaires africaines.
Côté nigérian, la surprise vient de la titularisation de Kanu, Ballon d’Or africain 1996 et 1999, qui prend le brassard de capitaine. Face à eux, les Sud-Coréens alignent en attaque les deux Park, de Monaco et de Manchester United, à noter également le retour de Cha-Duri en latéral droit alors qu’il avait été absent lors de la défaite 4-1 contre l’Argentine. Le début de match est à l’avantage des joueurs de Huh Jung-Moo, se procurant une première occasion par l’intermédiaire de Lee, le milieu de Bolton, juste à côté des cages gardées par Enyeama. C’est un début de match largement à l’avantage des Guerriers Taeguk mais pourtant c’est le Nigeria qui ouvre la marque à la suite d’un excellent travail sur le côté droit d’Odiah repris par Uche, au point de penalty, qui marque son deuxième but dans cette Coupe du monde (12e). On assiste alors à un match très serré entre les deux équipes avec un combat âpre dans l’entre-jeu. Les deux équipes se procurent quelques situations sans réellement mettre en danger leur gardien respectif. Les joueurs de Lars Lagerback commencent toutefois à reculer dans les quinze dernières minutes et à multiplier les fautes. Erreurs qui coûteront cher aux Super Eagles. Suite à un coup franc à la 38e de Ki, Lee Jung So propulse le ballon dans les filets (1-1). On sent alors que la Corée du Sud prend l’ascendant sur son adversaire. Dominant largement le début de seconde période, les coéquipiers de Park Ji-Sung se procurent plusieurs occasions avant de prendre l’avantage à la 49e sur une nouvelle faute des ghanéens. Park Chu-Young enroule le ballon qui termine dans le petit filet d’Enyeama. Les Super Eagles tentent alors de réagir mais peinent à se procurer des occasions sérieuses, butant sur une équipe asiatique bien regroupée qui se projette vite vers l’avant. En témoigne le contre fulgurant qui aurait pu permettre aux Diables Rouges de faire le break (62e). Alors que la Corée du Sud semble maîtriser son match le Nigeria repart à l’attaque, suite à un raté incroyable d’Uche seul devant le but à 4 mètres (66 e), les Super Eagles loupent l’égalisation. Mais ce n’est que partie remise, suite à un tacle dangereux dans la surface de Kim Nam-il, un penalty est sifflé et transformé par l’attaquant d’Everton, Yakubu. (2-2,69e). La fin de match est très animée alors que, dans l’autre rencontre l’Argentine, face à la Grèce, vient d’ouvrir la marque par l’intermédiaire de Demichelis. Les Nigérians font toujours autant d’erreurs défensives et commettent des imprécisions, les Sud-Coréens se procurent donc logiquement plus d’occasions (72e, 76e). Les Super Eagles ne désespèrent pas pour autant, profitant de leur puissance physique, Martins grâce à un gros pressing est à deux doigts de tromper Jung sur un ballon piqué qui passe à droite du but (80e). Dans les ultimes minutes de la rencontre les Africains se procurent deux énormes occasions par l’intermédiaire d’Obasi dont les deux frappes lointaines rasent le poteau droit (89e, 90e). Les joueurs de Lars Lagerback sortent bêtement de ce Mondial africain. Battus par la Grèce à 10 contre 11, les Nigérians ne pourront s’en vouloir qu’à eux mêmes : trop de fautes commises et un nombre considérable d’occasions vendangées, les Super Eagles quittent la Coupe du monde avec seulement un point.
