Spéciale coupe du monde Afrique du sud 2010 : LA FRANCE RENTRE PAR LA PETITE PORTE (2-1 FACE AUX BAFANA BAFANA)

25 juin, 2010 | Par | Rubrique : Dossier, Sport

La France a bu le calice jusqu’à la lie mardi à la Coupe du monde de football en s’effondrant 2-1 contre l’Afrique du Sud au terme d’une partie jouée plus d’une heure à 10 après l’exclusion de Yoann Gourcuff.

Les Bleus devaient gagner largement pour espérer une qualification improbable en huitièmes de finale. Avec une équipe largement remaniée deux jours après leur révolte, ils se sont écroulés et quittent le Mondial derniers du groupe A, avec un seul point en trois matchs, un seul but marqué pour rien par Florent Malouda mardi et une image souillée.

La victoire inutile du pays organisateur

L’Afrique du Sud, elle, devient le premier pays hôte éliminé dès le premier tour d’une Coupe du monde. Malgré sa victoire contre les Bleus, l’Afrique du sud est sortie par la petite porte. Epuisés nerveusement par la mutinerie de dimanche et leur refus de s’entraîner au lendemain de l’exclusion de Nicolas Anelka, certains joueurs ont craqué face aux bafana-bafanas.

La mauvaise forme des joueurs français

Hugo Lloris s’est troué sur le corner amenant l’ouverture du score de Bongani Khumalo en milieu de première période sur la première véritable occasion sud-africaine. Quelques minutes plus tard, Yoann Gourcuff s’est fait expulser d’un carton rouge direct pour un coup de coude dans le visage de MacBeth Sibaya lors d’un duel aérien. Menée au score, réduite à 10, la France a dû encore vivre une heure de calvaire. Katlego Mphela l’a enfoncée un peu plus avant la mi-temps en propulsant le ballon au fond des filets sur un centre de Tsepo Masilela profitant d’une remise maladroite d’Abou Diaby. Entré en jeu, Florent Malouda a marqué un but pour du beurre en seconde période alors que les Sud-Africains ont été plusieurs fois tout près d’en inscrire un troisième.

Raymond Domenech peut fait ses valises

Publiquement contesté par ses joueurs dimanche, Raymond Domenech a pourtant procédé à un grand ménage au coup d’envoi de cette rencontre. Il a déchu Patrice Evra de son capitanat et l’a renvoyé sur le banc avec Eric Abidal, Florent Malouda et Sidney Govou. Le brassard a été confié à Alou Diarra, qui n’avait pas joué une seule seconde lors des deux précédents matches, comme trois autres titulaires. Les joueurs ont pour leur part respecté les rites d’une équipe soudée avant le match. Ils sont arrivés à l’échauffement en rangs serrés puis ont formé un cercle pour se dire longuement des mots d’encouragement. Assis sur son banc, Raymond Domenech les a observés de loin. Une heure avant le coup d’envoi, il avait déjà médité seul au milieu du terrain. Contrairement à son attitude impassible lors du naufrage face au Mexique, le sélectionneur s’est agité dès le coup d’envoi pour livrer ses consignes à ses joueurs, notamment à ses attaquants. Avec Djibril Cissé en pointe à la place du banni Nicolas Anelka et André-Pierre Gignac bien plus disponible que Sidney Govou, la France est enfin parvenue à trouver parfois un peu de profondeur dans son jeu. L’illusion n’a duré qu’une vingtaine de minutes.

Raymond Domenech refuse la main de Alberto Pereira

Raymond Domenech, le sélectionneur de l’équipe de France, a refusé de serrer la main de l’entraîneur brésilien de l’Afrique du Sud, Carlos Alberto Pereira, à l’issue de leur match comptant pour le Mondial-2010, mardi à Bloemfontein, et a refusé d’expliquer pourquoi.

Au coup de sifflet final, le Brésilien est allé vers le banc français – les deux équipes étaient éliminées après la victoire 2-1 des Sud-africains – et lui a tendu la main, mais Domenech l’a refusée, se lançant dans une explication inaudible à la télévision. En conférence de presse d’après match, il a refusé de s’expliquer. « Je n’ai pas l’intention de répondre à cette question », a-t-il dit, puis: « Est-ce qu’il y a une autre question » quand un autre journaliste a reposé la même question. Un troisième journaliste a demandé: « Pourquoi refusez-vous de répondre à cette question? »; il a répété: « Est-ce qu’il y a une autre question? ». « Si c’est toutes les questions que vous avez à me poser, je vais vous laisser, on n’est pas dans le même monde », a-t-il ajouté plus tard à une demande sur les raisons de la crise de l’équipe de France

L’Uruguay l’a méritée

L’Uruguay conclut de la meilleure des manières le premier tour en battant le Mexique (1-0) grâce à un but de Suarez (43e). Les joueurs d’Oscar Tabarez ont joué le jeu jusqu’au bout et terminent en tête du groupe A avec 7 points devant le Mexique. L’Afrique du Sud et la France sont éliminés.

On craignait un non match. Une parodie de football entre deux équipes qui n’avaient besoin que d’un nul pour assurer définitivement leur qualification pour les huitièmes de finale. Il n’en fut rien. Comme ils l’avaient promis, Mexicains et Uruguayens n’ont pas laissé leurs bonnes intentions aux vestiaires. Désireux de terminer à la première place du groupe pour éviter l’Argentine, qui a de grandes chances de finir en tête du groupe B, ils ont offert un beau spectacle. Et l’Uruguay en a profité pour conforter sa place de leader avec une victoire logique (1-0). Les Aztèques ont même tremblé. Menés au tableau d’affichage suite à un but de Luis Alberto Suárez sur une contre-attaque parfaitement menée par la Céleste (42e), ils ont craint pendant quelques minutes de voir leur billet pour les huitièmes de finale leur passer sous le nez alors que les Sud-africains menaient 2 à 0 face à la France à quelques kilomètres de là. Mais ils ont tenu et les Bafana Bafana ont craqué (2-1). Leurs nombreuses approximations défensives ont toutefois failli leur coûter très cher en première période. A la 6e, Suarez a déjà tenté d’en profiter. Victorino a aussi eu sa chance (14e, 18e). Faute de réalisme ou devant la vigilance de Perez, le portier mexicain, les Uruguayens n’ont pas su concrétiser leur domination avant la 42e minute et la contre-attaque conclue par le buteur de l’Ajax.

Un vrai match

Bien organisée et avec sa science du contre, la Celeste a parfaitement géré sa rencontre en se mettant à l’abri avant la pause pour gérer ensuite son avance. Au retour des vestiaires, le Mexique a bien tenté de réagir. Le replacement de Rafael Márquez en défense centrale a ainsi permis à l’arrière-garde mexicaine de retrouver sa sérénité malgré une nouvelle occasion de Lugano, qui a buté sur un très bon Perez (54e). Et les jeunes talents du Mexique ont essayé d’apporter un peu de folie pour prendre à défaut le bloc sud-américain. Mais à l’image de Guardado en première période, qui a trouvé la barre de loin (21e), ils ont manqué d’efficacité dans la zone de vérité (Rodriguez, 63e). L’Uruguay peut se frotter les mains. Les joueurs d’Oscar Tabarez, qui n’ont pas encaissé de buts dans cette phase de poule, sont premiers du groupe et ont de sérieuses certitudes avant d’aborder les huitièmes de finale. Le Mexique devra, lui, régler ses soucis défensifs entrevus en première période. Sinon, le Aztèques pourraient souffrir en cas de huitième de finale face à l’Argentine. Uruguay-Mexique, aura, en tout cas, fait honneur au football.

Zidane : « L’Argentine la mieux armée »

Quatre ans après l’arrêt de sa carrière, Zinedine Zidane reste un phénomène médiatique dans le monde du football. Chacun veut connaître son avis sur le football actuel, en particulier en ces temps troublés pour l’équipe de France.

Au fil d’une carrière aussi éblouissante que victorieuse, l’ancien numéro 10 des Bleus a tout connu en Coupe du Monde de la FIFA : de la joie d’avoir soulevé le trophée à domicile en 1998, au fiasco de 2002 en passant par l’ubuesque carton rouge de 2006, Zizou a marqué l’histoire de l’événement footballistique majeur.

En exclusivité pour FIFA.com, « ZZ » replonge dans ses souvenirs, parle des Bleus et évoque aussi Afrique du Sud 2010, la première Coupe du Monde de la FIFA qu’il suit depuis les tribunes.

Zinedine, comment avez-vous vécu les derniers jours tourmentés de l’équipe de France ?

Je trouve tous ces scandales un peu faciles. Les problèmes, vous les avez quand vous n’avez pas de résultat. Quand vous gagnez, tout est beau, tout est rose. Mais les vrais hommes, on les voit dans la difficulté. Des insultes, il y en a très souvent dans un groupe. Mais ça ne doit jamais filtrer. Quand vous êtes tous ensemble dans un bateau, vous ne devez pas penser que vous êtes le capitaine. On peut avoir une opinion différente de celle du coach, mais il reste le seul et unique capitaine. J’ai toujours pensé comme ça.

Yoann Gourcuff est considéré par beaucoup comme votre digne successeur avec les Bleus. Comment avez-vous vécu ses derniers mois un peu mouvementés ?

Je suis incapable de vous dire s’il connaît des problèmes dans le groupe, je ne suis pas à l’intérieur. J’espère juste qu’il va vite retrouver son jeu. Il en a la possibilité avec l’arrivée d’un coach qui le connaît bien et qui sait le mettre dans les meilleures dispositions (Laurent Blanc). Pour moi Yoann représente l’avenir de l’équipe de France.

Selon vous, quelle sera la clef de ce dernier match face à l’Afrique du Sud ?

Il n’y a plus aucun calcul à faire. La France doit attaquer, marquer beaucoup de buts et espérer un résultat favorable dans l’autre match. Beaucoup de choses ont été dites ces derniers jours mais il ne sert à rien de parler encore et toujours de cela. Même si est elle minuscule, il reste une chance de passer ce premier tour. Les Bleus doivent jouer cette chance à fond !

Quel sera le point fort de chaque équipe ?

La France doit prouver sa supériorité, tout simplement. Les joueurs doivent démontrer que ce n’est pas pour rien qu’ils évoluent dans les plus grands clubs d’Europe. Nous avons parlé de tout sauf de football ces derniers jours. Je suis certain que les joueurs auront cela en tête pendant le match. Ils savent qu’en cas de victoire, on pourra faire table rase du passé. On ne doit tout de même pas oublier que l’Afrique du Sud joue à domicile et n’a pas encore montré grand chose. Je suis certain que les Bafana auront à cœur de tout donner pour leur pays et rendre fiers et heureux leurs supporters.

Vous avez disputé trois Coupes du Monde de la FIFA, toutes différentes les unes des autres. Quel sentiment vous habite quand vous pensez à cette compétition ?

C’est vrai que j’ai gagné en 1998, perdu une finale en 2006 et vécu une élimination au premier tour en 2002. Bref, je suis passé par tous les sentiments… Mais au final je retiens que j’en ai joué trois et qu’elles ont toutes été, en un sens, magnifiques. Même dans les échecs, j’essaie toujours de retirer quelque chose de positif.

En parlant de négatif… Est-ce que cette finale perdue il y a quatre ans reste encore au fond de vous ?

Elle l’est un peu moins, elle s’efface. Mais elle sera quand même toujours dans un coin de ma tête. Pas pour ce qui s’est passé à la fin. Mais plus pour la déception de ne pas l’avoir remportée. Cela aurait été beau d’accrocher une deuxième étoile au maillot de l’équipe de France.

Est-ce que cette finale ne symbolise pas parfaitement votre parcours en Coupe du Monde avec les Bleus ?

C’est même le résumé de ma carrière : avec du très haut et du très bas. C’est d’ailleurs comme la vie en général. Il y a des moments où tout va bien, d’autres où ce n’est pas le cas. Je ne suis pas fier de certaines choses, mais j’ai toujours accepté ce qui m’est arrivé.

Selon vous, quelle équipe est la mieux armée pour l’emporter cette année ?

A priori, comme ça, j’ai envie de dire l’Argentine. Pas seulement pour son potentiel offensif, mais surtout parce que c’est une équipe qui ne lâche rien. Elle est parfaitement bien organisée défensivement et ne prend pas beaucoup de buts. Mais il y a d’autres formations redoutables et il peut y avoir des surprises.

Vous êtes parfaitement placé pour répondre à cette question : que faut-il pour gagner une Coupe du Monde ?

Beaucoup de choses ! Il faut surtout de l’envie, de la détermination. Et puis il faut un joueur-clef, un élément qui fait la différence à lui seul.

On a dit que le début de la compétition avait été très défensif. Quel a été votre sentiment ?

C’est vrai et je ne peux pas dire que je suis content de cette tendance. En Coupe du Monde on a envie de voir du jeu, des beaux matches et pour l’instant cela n’a pas trop été le cas. Comment l’expliquer ? On sait que pendant les premiers matches de poules, les équipes ne veulent pas encaisser de buts et donc ne prennent aucun risque. Elles défendent plus qu’elles n’attaquent. Mais je pense que le spectacle sera au rendez-vous dès le deuxième tour.

Vous avez également suivi de près l’Algérie. Qu’avez-vous pensé de ses performances ?

Je suis un peu partagé parce que le premier match a vraiment été moyen (face à la Slovénie, 0:1). Quand on voit le deuxième face à l’Angleterre (0:0), on se dit que cette équipe aurait pu avoir quatre ou deux points au lieu de un aujourd’hui. Mais il reste encore une petite chance de passer. On croise les doigts !

On a toujours eu le sentiment que vous preniez beaucoup de plaisir sur le terrain. N’est-ce pas finalement la recette du succès dans le football ?

De ma réussite à moi, c’est une certitude. Il faut toujours prendre du plaisir dans ce que l’on fait. Maintenant je suis en dehors des terrains mais c’est toujours un bonheur de voir un match de football. Bien sûr cela me fait parfois mal de ne plus être sur la pelouse. Mais je prends vraiment beaucoup de plaisir à suivre cette Coupe du Monde depuis les tribunes.

Tabarez : « Des rêves plein la tête »

L’Uruguay, double champion du monde, n’avait plus eu aussi fière allure depuis longtemps, et vendredi, après la qualification en 8e de finale de la Coupe du Monde de la FIFA 2010, son entraîneur Oscar Tabarez ne cachait pas que son équipe avait des « rêves plein la tête ».

On attendait la France et au final, vous avez été sans conteste la meilleure équipe du groupe A…

Depuis le début, je dis que les équipes qui sortiront de ce groupe ne seront pas des surprises. C’était un groupe très serré. Nous aurions aussi bien pu sortir. Nous avons peut-être juste été meilleurs que nos adversaires sur les matches disputés »

Vous allez éviter l’Argentine…

Nous allons analyser nos adversaires possibles. L’Argentine c’est désormais peu probable, même si ce n’est pas complètement exclu. Nous avons montré que l’Uruguay sera un adversaire difficile pour n’importe qui.

Quelles sont désormais les ambitions de la Celeste ?

Je n’ai aucune idée de jusqu’où nous irons. En qualifications, nous avons été irréguliers et quand on a commencé à bâtir ce groupe il y a quatre ans, on l’a d’abord payé chèrement en termes de résultats. Mais on l’a fait en sachant qu’en cas de qualification, on serait dans de bonnes conditions. Nous avons décidé de profiter de cette Coupe du Monde. C’est la deuxième pour moi (ndlr : après la Coupe du Monde 1990). La première, je ne l’avais pas appréciée… Je n’avais pas la maturité que j’ai aujourd’hui. Nous n’avons encore rien réussi. Mais nous sommes heureux, soudés et nous avons des rêves pleins la tête. On n’a pas toujours été convaincant dans les Coupes du Monde. Cela faisait 20 ans qu’on n’avait rien vu de tel. En tant qu’Uruguayen, je suis heureux.

Aguirre aimerait bien prendre sa revanche

L’entraîneur du Mexique, Javier Aguirre, qualifié mardi pour les 8es de finale de la Coupe du Monde de la FIFA 2010 malgré une défaite 1:0 contre l’Uruguay, rêve d’une revanche contre son probable adversaire argentin qui l’avait éliminé au même stade en Allemagne en 2006.

Vous avez des regrets après cette défaite ?

On a manqué de détermination. C’était comme si on ne voulait pas gagner ce match. L’Uruguay est très bien entré dans ce match. Ils ont fait un grand match et on voulait vraiment l’emporter ! On aurait pu jouer pour un nul, mais on ne l’a pas fait. On est resté fidèle à notre style. Mais les premières actions m’ont confirmé notre état d’esprit. L’équipe a commencé à douter dès les 10 ou 15 premières minutes. Au moment où on commençait à s’améliorer, on s’est retrouvé mené. Mais on va se remettre et retrouver notre niveau de concentration. Nous avons quatre jours merveilleux pour nous préparer pour le prochain match.

Selon toute vraisemblance, ce sera l’Argentine, qui vous a sorti en 8es il y a quatre ans…

Nous voulions aller en 8es. C’est fait. On va se remettre et on verra qui sera notre adversaire dimanche. Mais ce serait bien de prendre notre revanche…

Vous avez été moins entreprenants que contre la France. Vous pensez avoir commis une erreur ?

Après une défaite, c’est toujours de la faute de l’entraîneur. Après une victoire, c’est grâce aux joueurs. C’est la loi universelle du football. D’ordinaire, nous nous procurons des occasions. Cette fois, Andres (Guardado) touche la barre… C’est le football. En fin de match, c’était très équilibré, mais on a perdu notre calme. On a essayé de garder le ballon, mais ils ont fermé la boutique en attendant l’erreur de notre défense…

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