SOUS YAYI ?: (LES FABRICANTS SONT ARRIVES EN DEBUT DE SEMAINE ET SONT DANS UN HOTEL)

25 juin, 2010 | Par | Rubrique : Manchette

Alors que le gouvernement ne finit pas de répondre aux honorables députés à l’assemblée nationale sur des sujets de corruption, pendant que la fin de règne s’annonce dure et rude pour le chef de l’Etat éclate, une autre affaire qui fera date. La confection de notre passeport sera bientôt confiée à des étrangers incapables d’en réaliser dans leur propre pays. Pour ce faire, il aura fallu que certaines personnalités se laissent corrompre pour livrer notre titre de voyage à des aventuriers.

La situation porte un nom : la corruption galopante et exponentielle. De mémoire d’homme, la corruption n’aura jamais atteint un tel seuil depuis vingt ans. Alors qu’il fut plébiscité pour avoir promis un changement dans la conduite des affaires de l’Etat, le gouvernement de Boni YAYI a considérablement failli et personne n’ose pronostiquer sur ses chances pour réduire le phénomène. La quasi totalité les ONG de luttes contre la corruption est aujourd’hui unanime pour reconnaître et affirmer que le pays est mal gouverné. Il n’y a que les thuriféraires de YAYI pour ne pas dire ce qui est palpable. Mais pour l’ensemble de la communauté nationale, le mal a pris une ampleur jamais égalée et cela touche malheureusement à tous les domaines de notre vie. Ajouté au régionalisme ambiant et mal entretenu, la corruption demeure de nos jours un mode de gouvernance et l’attribution très probable du marché de la réalisation des passeports béninois vient confirmer le mal.

Réalisé depuis des années par un compatriote qui ne démérite point, ce marché risque, si vraiment rien n’est fait, de tomber dans des mains peu expertes voire douteuses. Mais qu’est-ce qui peut encore surprendre ? Evidemment rien sous nos cieux. Le Bénin est le seul pays au monde où n’importe qui peut venir y chercher de l’argent en nous vendant des pacotilles à des prix prohibitifs. Pour y parvenir il suffit de corrompre nos autorités et dans le cas d’espèce, le nom d’un ministre se réclamant homme de Dieu est régulièrement évoqué. Lorsqu’on sait que l’intéressé a une faiblesse pour l’argent facile, on a peur. Les Béninois ont véritablement peur de certains de leurs gouvernants qui s’aplatissent devant l’argent. Afin de ne pas avoir à répondre un jour devant la Haute Cour de Justice, le docteur Boni YAYI doit prendre en main ce sulfureux dossier dans lequel des Béninois ont déjà obtenu des avances. Lorsqu’on sait que le passeport diplomatique ivoirien avait perdu sérieusement de sa valeur, on se rend vite à l’évidence que la corruption va bientôt créer une situation insoutenable pour ceux d’entre-nous qui voyagent souvent hors du territoire national. Ce qui est encore plus écœurant dans cette scabreuse affaire, c’est qu’on est à moins de 10 mois des prochaines joutes électorales et celle-ci pourrait en ajouter aux nombreux cas de haute corruption qui ont éclaboussé le régime en place jusque-là. In facto, ce dossier va certainement, si l’actuel locataire du palais de la Marina n’y prend pas garde, jouer sa défaveur lors des prochaines élections. En tout cas, les populations sont déjà au parfum de ce scandale. Affaire à suivre…

Ramane ABIOLA

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