SYNDICAT NATIONAL DES TRAVAILLEURS DU PORT AUTONOME DE COTONOU (SYNTRAPAC)
20 avr, 2010 | Par lautrefrat | Rubrique : Message01 BP 927 R.R Tél. : 21 31 52 80 / 21 31 28 90
COTONOU –REP. DU BENIN
Réf. N° 007/ BD/SG/SYNTRAPAC du 12/04/10
LE BUREAU DIRECTEUR
A
Son Excellence
Monsieur le Président de la République,
Chef de l’Etat,
Chef du Gouvernement,
Cotonou
Objet : A/s de la gestion du Port Autonome de Cotonou.
Monsieur le Président de la République,
Nous avons l’honneur d’attirer l’attention de la Haute Autorité sur ce qui suit :
En notre qualité de syndicat, donc de partenaires sociaux de l’entreprise en charge de la protection et de la sauvegarde des intérêts des travailleurs ainsi que ceux de l’entreprise, car pour nous s’il n’y pas d’entreprise, il n’y a pas de travailleurs, il serait totalement irresponsable de notre part de rester indifférents face à certains actes qui touchent à la gestion quotidienne du Port Autonome de Cotonou d’une part et des réformes qui sont envisagées au plan de la gestion de la plate forme portuaire et dont les effets ont des impacts majeurs sur la trésorerie de notre entreprise d’autre part.
Monsieur le Président de la République,
Notre veille syndicale est d’autant plus nécessaire qu’à l’instar des autres pays du monde, notre pays le Bénin traverse une crise économique dont les effets se font persistants et par conséquent, des attitudes de prudence dans la gestion sont recommandables pour y faire face.
Dans ces conditions, il est souhaitable que des actes de gestion de l’entreprise tiennent compte de ce contexte et s’inscrivent dans une gestion rigoureuse et planifiée des ressources financières de l’entreprise pour ne pas mettre en danger sa trésorerie et conduire l’entreprise dans une situation difficile dont les premières conséquences seraient ressenties en premier lieu par le personnel.
Mieux, une gestion rigoureuse des ressources financières de l’entreprise conforme aux prévisions budgétaires adoptées par le Conseil d’Administration, s’impose et les Autorités doivent s’y conformer.
Malheureusement, il nous a été donné de constater que le Port Autonome de Cotonou a décaissé des sommes importantes pour répondre à. des préoccupations qui à notre avis, ne cadrent pas avec les préoccupations actuelles de l’entreprise et sa trésorerie.
Pour illustrer celle allégation, nous citerons quelques exemples à savoir:
- le préfinancement à concurrence de vingt millions (20.000.000) de francs CFA de la souscription d’une police d’assurance au profit des anciens ministres des Transports, ladite somme a été payée par le Port Autonome de Cotonou par chèque N°3953756 émis le 28 Décembre 2009 au nom de Madame ZANNOU Blandine, D R FM;
- le décaissement d’une somme de deux cent millions trois cent vingt neuf mille deux cent soixante huit (200. 329.268) francs CFA pour honorer la signature d’un contrat relatif à la réalisation et la diffusion publicitaire sur la Chaîne de Télévision Africa 24.
Ces dépenses non prévues au budget sont payées quand au même moment, les paiements des factures relatives aux prestations de service pour le compte du Port Autonome de Cotonou sont rationalisés voire gelés en raison d’une gestion compatible à la trésorerie de l’entreprise.
Par ailleurs, au plan de la gestion domaniale, nous avons constaté:
- la concession du domaine portuaire à des opérateurs économiques sur la bande de trois cents (300) mètres au mépris des recommandations du Conseil d’Administration en sa session du 12 Octobre 2009 mettant ainsi en cause le plan de gestion domaniale approuvé dans le cadre du projet MCA et les conclusions d’une commission ad hoc du Port Autonome de Cotonou sur le sujet.
- la signature d’une convention de partenariat entre le Port Autonome de Cotonou et la société SeaQuest Technologie consécutive à la décision du gouvernement portant sur la création d’un centre de gestion informatisée des camions gros porteurs qui doit se traduire par la fourniture, la mise en service et l’exploitation en BOT et en commun avec l’Administration des Douanes et les services du Ministère en charge de l’Economie Maritime (Port Autonome de Cotonou) d’un système de suivi électronique du transit et de la circulation des véhicules avec l’utilisation de balises GPS/GSM-GPRS, Internet et ou tout autre technologie réputée efficace et sécurisé sans un appel à concurrence.
Ce contrat dont les dispositions et les contours sont encore flous donc non maîtrisés ne laisse présager d’aucune issue favorable quant à son exécution correcte en raison d’un défaut d’étude préalable convenable qui pourrait situer les parties en toute connaissance de cause sur les limites de leurs responsabilités, leurs obligations ainsi que les risques encourus.
Dans le même temps, le projet “PALMARES” dans lequel près de trois milliards (3.000.000.000) francs CFA ont été investis et qui a des objectifs similaires à ceux du projet confié à la société SeaQuest Technologies attend en raison des difficultés qui en ont résulté et dont le Conseil des Ministres a été saisi pour donner son avis sur la conduite à tenir pour sa finalisation.
Au regard de tout ce qui précède, il convient de s’interroger sur la nécessité et l’urgence des actions engagées au nom de l’entreprise dans le contexte actuel si elles ne sont guidées par des considérations subjectives ou des intentions inavouées du Gouvernement de saigner les finances de l’entreprise et ainsi parvenir à la liquidation pure et simple du Port Autonome de Cotonou conformément à son plan de privatisation de certaines entreprises d’Etat dont le Port Autonome de Cotonou.
Si celle intention n’est pas clairement affichée, les agissements récents du Gouvernement renforcent notre intime conviction sur sa volonté d’y conduire progressivement le Port Autonome de Cotonou.
Plus préoccupantes sont la plupart des décisions qui sont prises sans se référer au Conseil d’Administration ou elles vont à l’encontre de ses recommandations ou résolutions lorsque son avis a été requis sur des dossiers en question ce qui traduit la banalisation de l’Autorité de celle instance pourtant importante dans la vie et’ les orientations à donner pour une bonne gestion de l’entreprise.
Aussi, les recommandations des structures techniques ou des comités ad hoc du PAC, lorsqu’elles sont requises sur des dossiers comptent-elles rarement dans les prises de décisions. On fait peu cas des procédures voire de l’Autorité du Directeur Général. C’est du moins ce qui est observé également à l’occasion de la signature des conventions ci-après:
- la convention relative à l’occupation temporaire du domaine portuaire de Cotonou dont la société OCTOGONE STOCKAGE DE PRODUITS PETROLIERS SA est le concessionnaire;
- la convention qui attribue à la société GRIMALDI un domaine dans la bande de trois cents (300) mètres pour des activités de réception de véhicules d’occasion qui se traduira par une asphyxie de la SOBEMAP.
Il est souhaitable d’éviter au Port Autonome de Cotonou des contentieux qui découleraient des différents actes auxquels il ferait seul face et dont les conséquences pèseraient lourdement sur la trésorerie de l’entreprise et par ricochet sur les travailleurs qui seront les premiers touchés le cas échéant.
Il est recommandé le respect des engagements préalablement pris avec d’autres cocontractants qui opèrent déjà sur la plate forme portuaire et qui n’hésiteront point à saisir les tribunaux en cas de manquement par le Port Autonome de Cotonou aux dispositions de leur contrat.
Monsieur Le Président de la République,
Il est clair que derrière ces prises de décision se cache le Ministère de Tutelle et au-delà le Gouvernement dont l’immixtion au quotidien dans la gestion du Port Autonome de Cotonou se fait de plus en plus persistante.
Il est certain que le Port Autonome de Cotonou est une entreprise publique dont l’Etat est le seul actionnaire mais cela ne saurait justifier les dysfonctionnements et les manquements dont les Autorités sont les auteurs.
Au regard de ce qui précède, en adressant cette correspondance à la Haute Autorité, nous en appelons au sens de responsabilité des uns et des autres en vue du respect des dispositions des textes qui régissent le fonctionnement de notre entreprise et dont le manquement qui s’observe dans les divers domaines précités, porterait préjudice à son développement.
Les travailleurs du Port Autonome de Cotonou mobilisés au sein de leur syndicat, le SYNTRAPAC suivent au jour le jour la situation et ils se tiennent prêts pour dénoncer ces agissement par des moyens légaux s’il n’y est pas mis fin dans les meilleurs délais.
Ils recommandent au Chef du Gouvernement le rétablissement de l’ordre et de la discipline dans la gestion du Port Autonome de Cotonou conformément aux prescriptions réglementaires et statutaires.
Telle est, Monsieur le Président de la République, la substance de la présente correspondance que le SYNTRAPAC, a l’honneur de vous adresser en vue de partager avec vous ses préoccupations auxquelles vous trouverez certainement une solution.
Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression déférente de notre haute considération.
Copie Pour le Bureau Directeur
MECEMTMIP-PR Le Secrétaire Général
PCAJPAC
DG/PAC Jean GNANHUNGBE LOKO
