Zou-collines/societe: DEUX ANNEES D’EMPRISONNEMENT A TROIS ACCUSES POUR COUPS MORTELS

19 Avr, 2010 | Par | Rubrique : Société

Cour d’Assises a connu vendredi de la 23ème affaire inscrite à son rôle, un assassinat pour lequel trois accusés ont comparu. Il s’agit des nommés Jean Kassouin, Célestine Wankpo épouse Kassouin et Pulchérie Gnimavo.

Les faits qui leurs sont reprochés se sont produits courant mai 2007 à Dassa. Ils ont été déclarés coupables de coups mortels sur la personne de Olouwakèmi Adjinda et condamnés à deux ans d’emprisonnement ferme.

Au centre de cette affaire, la fille de Jean Kassouin, la nommée, Chimène Kassouin qui a offert, contre la volonté de sa mère, un pagne comme présent à Olouwakèmi Adjinda, son ami et père de son enfant. Cette libéralité a occasionné un imbroglio. Olouwakèmi Adjinda s’en prend à dame Pulchérie Gnimavo et la bagarre s’installe. Appelé à aller constater ce qui se passait, Jean Kassouin intervient mais l’empoignade qui s’ensuit avec celui qu’on présente comme son gendre est fatale à ce dernier. Olouwakèmi Adjinda est décédé sur les lieux de la bagarre.

A la barre, le couple Kassouin qui n’acceptait pas Olukèmi comme gendre, s’est réfugié dans un système de dénégation à l’opposé de l’enquête préliminaire au cours de laquelle il avait reconnu les faits. Le principal mis en cause pour avoir effectivement été happé dans un corps- à -corps avec la victime, Jean Adjinda, renvoie la responsabilité de ce crime sur les habitants du quartier qui auraient porté des coups à la victime. A la question du juge de savoir pourquoi il n’a dénoncé personne, il affirme que l’obscurité ne lui avait pas permis de voir distinctement les visages de ceux qui ont porté les coups. Lui-même n’en n’aurait pas donné, a-t-il déclaré à la Cour. « Invraisemblable, même pas pour se défendre », a relevé la Cour. Pour le président de la Cour, Michel da Matha, les faits ont une vérité qui pourtant crève l’œil.

Seule Pulchérie Gnimavo a reconnu les faits de bagarre. Appelée à la barre, celle par qui tout est arrivé, la nommée Chimène Kassouin fait montre d’irresponsabilité, d’insouciance, de naïveté et est très rapidement rappelée à l’ordre par la Cour qui n’a pas manqué de lui faire comprendre que ses parents sont en prison par sa faute. Elle révèle que sa jeune sœur est décédée peu de temps après l’incarcération de leurs parents et que son prétendant était réputé pour être belliqueux. Une remarque qui fera sortir Aurèle Adjinda, le grand frère de la victime de ses gongs. Il ne se retrouvait pas dans ces révélations sur son frère. Selon lui, Chimène Kassouin ne pouvait dire le contraire puisque ses parents sont en prison et son frère d’outre-tombe est à jamais sans voix.

Pour sa part, le chef de famille Adjinda s’est refusé à se constituer partie civile et a imploré la clémence de la Cour pour les accusés.

Dans son réquisitoire, le magistrat Faustin Anagonou relève que ce drame aurait pu être évité si les parents Kassouin avaient eu une autre approche de la situation dans laquelle les avait propulsés leur fille. Il déclare que les pierres et les bâtons retrouvés sur les lieux témoignent de la violence des coups portés à Oluwakèmi et que le crime de meurtre est bien constitué en tous ses éléments. Ils sont donc coupables, a-t-il conclu avant d’inviter la Cour à les condamner, chacun, à 15 ans de travaux forcés. « Qu’il plaise à la Cour de les sanctionner pour leur faire prendre conscience du caractère sacré de la vie humaine », a expliqué Faustin Anagonou.

Trois avocats vont se succédé devant cette juridiction pour plaider en faveur des accusés, en l’occurrence Faustin Atchadé, Morou Bassabi et Germain Adingni. Les moyens développés par eux vont concourir à demander la disqualification du crime de meurtre en coups et blessures volontaires ayant donné la mort sans intention de la donner. Au principal, ils ont plaidé pour l’acquittement pur et simple et au subsidiaire pour une application clémente de la loi sur la base de circonstances atténuantes.

Principalement, ils auront relevé l’absence d’intention coupable ; un déficit qui, selon eux fait tomber l’incrimination de meurtre. Donc, du point de vue du droit, il paraît juridiquement impossible de retenir qu’il y a meurtre.

De plus, le conseil des accusés a invoqué l’absence de preuves qui confondent leurs clients. Il y a eu, certes, des coups. Mais l’accusation n’a pas pu déterminer les auteurs de ces coups. L’absence d’une autopsie établissant les vrais raisons du décès de la victime est, aussi, selon la défense, une des faiblesses de l’accusation. Aucun document n’atteste que les blessures dont a fait cas le ministère public sont réelles.

Le rôle de la justice, ce n’est pas seulement la répression, mais c’est aussi l’éducation. Les accusés ont déjà compris que la vie humaine est sacrée, surtout que la vie les a déjà punis, ont plaidé les avocats de la défense qui estiment que trois ans de prison c’est déjà suffisant. La perte par le couple Kassouin d’une de leurs filles, décédée en 2007, juste après leur emprisonnement est, à plus d’un titre, significative.

La Cour rend son verdict, disqualifie le crime de meurtre en coups mortels, déclare les accusés coupables et les condamne à deux ans d’emprisonnement ferme. Ils ont aussitôt recouvré la liberté et le président de la Cour, Michel da Matha a aussitôt réuni les représentants des deux familles, c’est-à-dire Kassouin et Adjinda pour leur expliquer que c’est dans l’intérêt de l’enfant né de l’union entre feu Oloukèmi Adjinda et Chimène Kassouin que le tribunal a prononcé un verdict aussi clément. Il leur revenait donc de s’entendre pour que cet enfant ne souffre point de l’absence ad vitam de son père.

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