Paralysie prolongée du Cnhu Hubert Maga de Cotonou : LES MALADES DANS LA JUNGLE DE LA MORT : (BONI YAYI APPELE A LA RESCOUSSE)
10 mar, 2010 | Par lautrefrat | Rubrique : A la une
La grève déclenchée depuis quelques mois, par le personnel soignant du centre national hospitalier et universitaire Hubert Koutoukou Maga de Cotonou a atteint aujourd’hui, son point culminant. La situation vire au rouge, entraînant hier matin, malades et gardes-malade dans un mouvement général de mécontentement dans l’enceinte même de l’hôpital. Le chef de l’Etat, Boni Yayi, une fois encore, est appelé à la rescousse pour une décrispation de la tension.
C’est une réalité aujourd’hui, que dans notre pays, le secteur de la santé est en proie à de réelles difficultés au regard de la grève déclenchée depuis quelques mois, par les praticiens hospitaliers. Comme si de rien n’était, le débrayage continue et on se demande à juste titre d’ailleurs –la santé étant un pilier important du développement- à quand, la fin de ce calvaire pour les malades et autres gardes-malades. C’est d’ailleurs ce questionnement qui a suscité hier matin, au Cnhu Hubert Maga de Cotonou, un mouvement de mécontentement de tous ceux là qui paient aujourd’hui, le lourd tribut de la détérioration des relations entre le pouvoir et le personnel soignant des hôpitaux publics de notre pays. Les usagers de cet hôpital ont montré à la face de la nation, les nombreuses conséquences de cette grève au Cnhu Hubert Maga. Malades abandonnés dans la souffrance ; plusieurs morts à la clé ; environnement pesant et inquiétant …. Les usagers du Cnhu ne savent plus à quel saint se vouer. Et une fois encore, c’est le président de la République, Boni Yayi qui est appelé à la rescousse. Les manifestants implorent l’indulgence des autorités à divers niveaux afin que le calvaire prenne fin au Cnhu de Cotonou
Tension sociale excessive
La gestion du social est mise à rudes épreuves sous le régime du changement prôné par Boni Yayi. Le mouvement de débrayage a pris corps au niveau de tous les secteurs vitaux de développement au moment où on se donne comme objectif principal, de mettre le Bénin sur les rails de l’émergence. L’éducation et la santé sont justement les deux secteurs où les grèves sévissent à un rythme inquiétant. De 72 heures, les enseignants des trois ordres de l’éducation sont passés à 96 heures de grève toutes les semaines. Si au niveau des universités publiques, les enseignants du supérieur se sont convenus avec le gouvernement de reprendre le chemin des amphithéâtres, il est à noter, que tous ces mois de grèves ne sont en rien favorable, à la promotion de l’excellence dans cet ex quartier latin de l’Afrique. On travaille de plus en plus, à l’abêtissement de l’étudiant béninois et ceci, par le truchement d’une formation totalement au rabais. Au moment où l’école béninoise se meurt à petit feu, les béninois sont interdits de soins dans les hôpitaux publics par ces temps de difficultés économiques. Boni Yayi et son gouvernement peinent donc à entretenir le dialogue social avec les principaux acteurs du secteur de la santé et de l’éducation. Les primes fantaisistes créées en réalité par le régime lui-même sont en train de lui tordre le cou car la cagnotte financière sollicitée est considérable. L’intervention des institutions de Bretton Wood est donc venue rappeler Boni Yayi et son gouvernement à une discipline budgétaire qui aura de tout temps, manqué, dans la gestion au sommet de l’Etat. Seulement, on est déjà à la porte du non retour car les travailleurs ne veulent lâcher à aucun prix, la question des primes qui fait plus de bien que de mal sous le changement.
Romaric Adjamonsi
