Résurgence du clivage nord – sud au benin sous le changement : ROSINE VIEYRA SOGLO OUVRE LE DEBAT AU PARLEMENT

5 mar, 2010 | Par | Rubrique : A la une

rosine_sogloLongtemps jeté aux oubliettes, le débat sur la discrimination régionale revient au galop. De la part de personnes âgées, cette situation qui a effectivement prévalu dans notre pays à un moment de notre histoire avait été bien gérée pendant la période dite révolutionnaire. Malheureusement, cela devient un débat que certains semblent vouloir éluder.

Que nous le voulions ou non, le climat socio politique devient progressivement teinté de discours à caractère régionaliste. Pour le commun des Béninois de la nouvelle génération, le régionalisme est un phénomène qu’ils n’ont pas connu réellement et cela est surtout à mettre à l’actif des comportements des dirigeants du pays à l’avènement du régime KEREKOU. Ce climat de sérénité a permis aux Béninois de vivre en paix et dans une convivialité. D’ailleurs, l’histoire récente de notre pays nous enseigne que les anciens leaders politiques de notre pays vivaient un antagonisme politique féroce sans pour autant, chercher à détruire le fragile tissu national qui commençait à se composer. Et c’est sur de registre qu’ils inscrivent la liesse populaire qui attendait le président Emile Derlin ZINSOU à chacune de ses descentes dans la ville de Djougou. Plusieurs témoignages attestent en effet, que le Docteur Emile D. ZINSOU serait plus populaire dans le nord que dans n’importe quelle autre localité dans tout le Bénin. Idem, selon les mêmes sources, pour feu Justin Tomètin AHOMADAGBE qui était accepté dans la cité des Kobourou comme un des leurs. Pour certains anciens témoins de cette époque de notre histoire, la création d’une seconde place Idi à Parakou serait l’œuvre des innombrables fils et filles de cette cité du septentrion qui n’avaient d’yeux que pour le leader originaire d’Abomey. A ces sujets les témoignages concordent assez parfaitement et on peut ainsi découvrir que l’ex Dahomey, devenu Bénin, avait existé avec ses différences mais aussi et manifestement avec ses valeurs de paix et de convivialité.

Mais à moins de deux décennies après l’historique conférence nationale, le constat est amer et très décevant. Sans que nul ne veuille en faire cas, comme vient de le faire ouvertement l’honorable Rosine VIEYRA SOGLO, le climat social ne cesse de se détériorer et cela doit sérieusement interpeller les anciens de la génération de cette ancienne première dame du Bénin qui sait de quoi elle parle. En effet, depuis l’avènement du régime du changement, le discours est en train de se crisper et il ne se passe pratiquement plus de jour sans que ce problème ne soit soulevé dans les milieux où l’on parle politique et développement de notre pays. En toute sincérité, il convient de vite ouvrir ce débat nauséabond afin de vite refermer cette malheureuse parenthèse qui risque d’avoir des conséquences imprévisibles. Mêmes ceux qui suscitent actuellement ce sentiment de mépris ressenti pas la majorité des Béninois n’ont encore perçu le caractère dangereux de leurs comportements et de leurs propos car il est évident que depuis 2006, beaucoup de choses se font en laissant l’impression qu’il existe désormais deux types de citoyens béninois. Cela est simplement dommage pour environ huit millions de cohabitant qui ont plus besoin d’avancer vers une communauté de destin que de vouloir amener une ethnie à combler un retard immense laissé par l’histoire. De tous temps, le sentiment de supériorité ou d’infériorité a existé au sein des communautés. La loi prescrit que tous les hommes naissent libres et égaux. Cependant, la réalité est que dès notre naissance, des différences apparaissent et nous suivent parfois jusqu’à notre mort. Revenant à l’histoire de la colonisation, certains citoyens de notre pays ne doivent pas se plaindre si un retard s’est fait ressentir le territoire national en matière d’éducation. Il a été conséquent que l’école ne soit pas créée partout à la fois. Mais certains ne doivent pas voir en cela une cause de négligence de la part des autres composantes du pays car l’implantation des écoles était du fait du colonisateur et ne pourrait donc dépendre du colonisé. Vouloir aujourd’hui combler ce retard serait une vue de l’esprit et les artisans de ce rattrapage aux forceps doivent remettre en cause cette tendance en plein troisième millénaire qui consiste à équilibrer certains retards en privant leurs compatriotes de postuler à certaines fonctions administratives en mettant en place des critères purement odieux.

René LOKOTIN

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