Abrogation de la loi sur la lépi et le Rena au Parlement : VOLTE FACE DE YAYI APRES LA REACTION MUSCLEE DE L’OPPOSITION : (MAIS LA COUR DE DOSSOU EST EN EMBUSCADE)
3 mar, 2010 | Par lautrefrat | Rubrique : A la une
Après l’échec de la plénière du lundi dernier qui devrait se consacrer à l’adoption de la proposition de loi abrogeant la loi sur la liste électorale permanente informatisée (Lépi) et le recensement national approfondi (Rena), Boni Yayi a envoyé une seconde correspondance à Mathurin Nago aux fins de lever toutes les équivoques suscitées par la première. Une volte-face qui laisse entrevoir, la voie toute tracée à l’opposition, pour abroger la lépi et le Réna. Seulement, la bataille ne fait que commencer car la cour constitutionnelle s’apprête à connaître du différend.
La première session extraordinaire au titre de l’année 2010 de l’Assemblée nationale ouverte le lundi dernier porte essentiellement, sur l’étude et l’adoption du projet de loi des députés de l’opposition, sur l’abrogation des dispositions de la loi N° 2009/10 relative à l’établissement de la liste électorale permanente informatisée (Lépi) et du recensement national approfondi (Rena). Contre toute attente, la plénière prévue pour ce lundi n’a pu avoir lieu, compte tenu d’une correspondance du chef de l’Etat au président de l’Assemblée Nationale qui fait cas de l’irrecevabilité de cette proposition de loi. Et à Mathurin Nago, de déclarer à son tour, l’irrecevabilité de la proposition de loi et ceci, à l’ouverture de la plénière. Ce qui n’a pas permis, l’effectivité des travaux.
L’opposition aux abois
C’est à travers une conférence de presse que les députés de l’opposition ont mis en exergue, les tares de la correspondance du chef de l’Etat. Sous la houlette du président de l’union fait la Nation Bruno Amoussou entouré pour la circonstance, de Séfou Fagbohoun, Adrien Houngbédji et Rosine Soglo, l’opposition dénonce crie à la violation du règlement intérieur de l’Assemblée Nationale à travers la mauvaise interprétation des articles 74 alinéa 4 et 6 et à l’article 98 de la constitution du 11 décembre 1990. Pour Bruno Amoussou, le président de l’Assemblée Nationale Mathurin Nago a déjà annoncé à l’ouverture de la plénière, cette proposition de loi sur l’abrogation de la lépi et du Rena avant d’énoncer, son irrecevabilité au regard de la correspondance du chef de l’Etat. Ce qui constitue une marche en arrière qui viole le règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Le président de l’union fait la nation précise que la loi qui abroge une autre loi est naturellement du domaine de la loi. Donc l’article 98 de la constitution du 11 décembre 1990 n’est en aucun cas, écorché comme le stipule la correspondance du chef de l’Etat. Bruno Amoussou rassure qu’ils ne cèderont à aucune intimidation et que tout est mis en œuvre, pour que la loi soit respectée.
Yayi corrige le tir et attend l’opposition devant la cour
Cette conférence de presse des députés de l’opposition a le mérite d’étaler au grand jour, les tares de la correspondance de Boni Yayi qui parle de l’irrecevabilité de cette proposition de loi sur l’abrogation de la Lépi et du Rena. Beaucoup sont encore à se demander, la mouche qui a bien pu piquer le chef de l’Etat quand dans une autre correspondance adressée au même président Mathurin Nago, Boni Yayi corrige le tir afin de permettre l’ouverture effective de cette plénière annoncée déjà pour demain au Palais des gouverneurs à Porto-Novo. Cette deuxième correspondance retire tout de go, la question de l’irrecevabilité de cette proposition de loi évoquée dans la première, donnant ainsi raison à Bruno Amoussou et sa clique. Jeudi prochain, les débats seront rudes au sein de l’Assemblée Nationale, autour de la lépi et du Rena, outils on ne peut plus, de grande importance dans l’organisation d’élections transparentes et crédibles dans notre pays. On se demande seulement si l’adoption de ce projet de loi interviendra facilement, compte tenu de la question, de la majorité à géométrie variable à laquelle on assiste depuis quelques mois.
En ouvrant la voie à l’opposition, Boni Yayi n’a certes pas encore donné tout son quitus pour que la Lépi et le Rena soient abrogés. En effet, le dernier recours qu’est la cour constitutionnelle de Me Robert Dossou , sera sollicitée dans le cas d’espèce, pour juger de la constitutionnalité ou non de cette loi si elle est adoptée en son temps. Tous les yeux seront donc rivés demain, sur le Palais des gouverneurs.
Romaric Adjamonsi
