Guinée : DEUX OFFICIERS CONTESTES NOMMES MINISTRES D’ETAT

20 fév, 2010 | Par | Rubrique : Afrique

Le général Sékouba Konaté, président par intérim, a décidé, mardi 16 février 2010, de maintenir à leur place et de les nommer ministres d’Etat, deux militaires cités dans le rapport d’enquête sur le massacre du 28 septembre 2010. Ces nominations coïncident avec la visite de la procureure adjointe de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, qui est arrivée mercredi 17 février à Conakry, où elle doit notamment recueillir des éléments d’information sur le travail de la justice guinéenne à propos de ce massacre.

Claude Pivi et Tiégboro Camara n’en attendaient certainement pas tant. Non seulement ils conservent leurs fonctions mais en plus ces deux barons du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), la junte, se voient promus au rang de ministres d’Etat. Cette décision du président par intérim suscite, en tout cas, de nombreux commentaires à Conakry.

« C’est la preuve que le système CNDD reste en vigueur. Les anciens du régime Dadis conservent la main et le général Konaté ne se préoccupe que de sa sécurité », fulmine un membre des forces vives. La déception est également réelle chez les défenseurs des droits de l’homme. « Ce décret montre que le président ne contrôle pas l’armée. C’est un très mauvais signal car Pivi et Tiégboro vont tout faire pour entraver la démocratisation », explique le responsable d’une ONG guinéenne.

Dans l’entourage de Sékouba Konaté, on tient à calmer le jeu et on dément que ces deux nominations constituent un aveu de faiblesse du général. « Il les a pris dans son cabinet pour qu’ils ne gênent pas le Premier ministre. S’il est vrai qu’il y a eu des tensions avec ces deux officiers, maintenant les divergences sont aplanies et de toute façon mieux valait les faire participer à la transition sinon ils risquaient de perturber le processus », confesse un proche du général qui jure que si Pivi et Tiégboro se voient inquiétés par la justice, les autorités guinéennes ne feront rien pour entraver leur procès.

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