Formation militaire des nouveaux policiers a Bembereke : GROGNE AU SEIN DE LA POLICE NATIONALE
12 fév, 2010 | Par lautrefrat | Rubrique : Manchette
Depuis la prise d’un arrêté contraignant les nouveaux policiers à aller subir toute formation militaire dans un camp militaire, le climat ne cesse de se crisper pour ne pas dire se détériorer, peu à peu, entre cette institution prestigieuse de notre Etat et le gouvernement. Pour la plupart des fonctionnaires de l’institution policière que nous avions interrogés hier, ce décret doit être rapporté.
Le samedi prochain à partir de quinze (15) heures, un bon nombre de futurs policiers seront attendus au camp militaire de Bembérékè afin d’y subir leur formation militaire obligatoire. Certes, tous les candidats retenus pour ce concours ne feront pas le déplacement de cette localité de notre pays qui eut le privilège d’accueillir l’une des tout premières écoles primaires du septentrion du Dahomey d’hier. Aujourd’hui, Bembérékè a connu une métamorphose et peut être classé parmi les centres militaires les mieux équipés de notre pays. Ceci ne se passe pas sans des grincements de dents et des récriminations diverses et variées. Pour les policiers qui avaient depuis bien des années l’habitude de faire former entièrement au sein de leur administration, ils considèrent comme une intrusion inadmissible le fait que leur ancien ministre Félix HESSOU leur impose d’aller se faire former par des militaires alors qu’ils avaient toujours eu des instructeurs bien aguerris. Est-ce une volonté d’afficher la suprématie de corps d’origine sur la police nationale ? la question reste posée. Mais plus encore, c’est au sein même de l’armée que d’autres critiques fusent pour dénoncer la politique d’équipement au sein de l’armée. C’est connu, par exemple, que des dizaines de promotions passent nécessairement par l’école nationale de gendarmerie pour leur formation. Malheureusement, cette école végète dans une vétusté incompréhensible voire honteuse. Mais que reproche-t-on fondamentalement à cette délocalisation de la formation des policiers ? Les reproches se focalisent d’abord sur le budget de cette formation de trois mois. De sources proches du dossier, mais difficiles à vérifier, il s’agirait d’un montant qui serait évalué à plusieurs centaines de millions de nos francs or l’école nationale supérieure de la police nationale ne dispose que d’un minuscule budget annuel d’environ vingt (20) millions difficilement mobilisés et rendus disponibles. Et si le gouvernement de Boni YAYI et le ministre KOGUI N’DOURO mettaient cette somme colossale à la disposition de cette école, s’interrogent plusieurs fonctionnaires de l’administration policière. Visiblement, il devient manifeste que le but visé dans la prise de cet arrêté est loin du bon sens ordinaire. Pour l’instant, des policiers retenus pour ce même concours ne seront pas obligés de séjourner à Bembérékè, commune d’origine du ministre d’Etat chargé de la défense nationale tout comme celle du général Mathieu BONI de l’Etat major général. Cette affaire de formation au camp militaire des policiers soulève une autre affaire : celle du Service Militaire d’Intérêt National qui voit chaque année, plusieurs milliards engloutis dans une formation qui, en définitive, ne sert à rien si ce n’est pour effectuer des dépenses non élucidées à ce jour. Même le chef de l’Etat fut saisi par un officier supérieur qui en sait beaucoup sur l’affaire. Pour des raisons obscures, aucune commission d’enquête indépendante n’a été mise sur pied par Boni YAYI pour clarifier ce dossier où l’on sent du souffre.
René LOKOTIN