Scandales sous Yayi: REGARDS SUR UN OUVRAGE SCANDALEUX

8 fév, 2010 | Par lautrefrat | Rubrique : Dossier

Grâce à son dernier brûlot, Scandales sous Yayi, Wilfried Léandre Houngbédji aura remporté un vrai succès de librairie, immérité du reste à cause des piètres qualités de ce pamphlet. Malgré les « efforts » fournis par l’ « écrivain ».

S’il y a un livre dont le Chef de l’Etat aurait bien voulu se passer, c’est bien le dernier brûlot de Wilfried Léandre Houngbédji. Journaliste au quotidien La Nation où il se plaint d’avoir été mis « au garage » du fait de ses articles dérangeants pour le changement, il a publié début décembre un ouvrage à sensation au titre évocateur : Scandales sous Yayi. La couleur rouge vif de ce titre illustré par une photo de Boni Yayi pensif, la main au menton, n’est pas ici la moindre des attractions de l’ouvrage. Il s’agit du premier livre volontairement agressif sous un régime du renouveau démocratique, livre qui apparaît comme un coup de pied dans la fourmilière du changement où l’heure est à la glorification du Roi. En choisissant de mettre ce titre sensationnel, Wilfried Léandre Houngbédji a tapé pourtant dans le mille. Il donne à croire que sous ce ciel du changement où l’on proclama à cor et à cri la volonté de lutter contre l’hydre de la corruption, ce ciel où le Chef lui-même marcha avec sueur et au pas de charge contre les « affaires », ce ciel où il releva le Colonel Zannou de ses fonctions pour ces mêmes « affaires », il donne à penser disais-je que la corruption était devenue un véritable « scandale » plus scandaleux encore que sous les autres régimes. Même si quelques tentatives ont essaimé de-ci de-là, c’est bien la première fois qu’un Chef d’Etat béninois en plein exercice subit cet affront d’être dénoncé en librairie pour corruption. Le succès au rendez-vous Il paraît que le livre a connu un grand succès. L’auteur s’est expliqué à la publication du livre début décembre dernier. Il aurait emprunté trois millions de FCFA à un mécène pour faire paraître son ouvrage, avec l’obligation de rembourser dans un délai de cinq ans. Mais aujourd’hui, il a de quoi se frotter les mains. A peine sorti, le Scandales s’est vendu comme de petits pains. L’imprimeur a dû faire tourner ses rotatives à plusieurs reprises pour augmenter le tirage, le public n’en finissant pas d’en demander créant des ruptures successives de stock. Willéandre comme on l’appelle affectueusement, en est quitte. Il va rembourser ses trois millions. C’est qu’il a fait montre d’un certain courage puisque son organe de base, La Nation, est l’organe de service public. En d’autres temps, c’était la voix officielle du gouvernement. Et même aujourd’hui, on peut s’imaginer qu’il ne risque pas une promotion en déversant sur le gouvernement une succession de critiques aussi vertes qu’argumentées. L’auteur a ainsi montré page après page comment l’accession au pouvoir de l’actuel locataire de la Marina a été le fruit d’une attente sociale véritable. La sortie du vieux général, confiné en son palais et incapable de contrôler ses ministres félons, a été surtout marquée par sa volonté de tripatouiller la constitution pour rempiler. Et pourtant, lui-même a été porté au pouvoir par un enthousiasme populaire occasionné par la perte de vitesse du régime Soglo en proie à une fronde politique sévère entretenue par ses opposants dont notamment le plus virulent, Albert Tévoédjrè. C’est lui qui est allé sortir de son bois l’ancien Président réputé caméléon, changeant à souhait et surtout très rusé. Si rusé en tout cas qu’à sa sortie en 2006, il a réussi à cacher à tous son candidat préféré lors de la présidentielle d’alors. Mais il aura échoué à désorganiser le scrutin afin de profiter de l’embrouille créée pour rester en place envers et contre la Constitution. A cet égard, le livre aura permis de garder la fraîche mémoire de tous ces événements incroyables de 2005 à début 2006 et qui ont vu des révisionnistes convaincus comme le Colonel Martin Dohou Azonhiho, Hadja Yassarath Amadou et Kamarou Fassassi s’affronter à des antirévisionnistes non moins virulents de la trempe de Roger Gbégnonvi, Reckyath Madougou, Adrien Ahanhanzo-Glèlè et les autres. En ces périodes d’incertitude où l’histoire a failli basculer plus d’une fois, 75% des Béninois ont fait confiance à un homme, Boni Yayi, crédité d’un passé de président de la prospère BOAD sous le couvert duquel il a rondement préparé son assise populaire. L’intrus connaissait-il la maison ? Assurément.

Une gouvernance à problèmes

Pour pourfendre le régime du changement, l’auteur n‘est pas allé chercher bien loin. Il a plongé sa plume dans les sales caniveaux du pouvoir pour en dénicher non pas des scoops mais les « affaires » que l’opinion publique connaissait déjà : la nébuleuse des GSM, la bulle cotonnière, les patates chaudes de la SBEE, les fumeuses passations de marchés du ministère de la santé et les sales dessous de quelques conseillers techniques déjà en disgrâce. Pour ce qui est des GSM par exemple, Wilfried Léandre Houngbédji est allé puiser à la source du quotidien La Presse du Jour dont il cite de larges extraits, en prenant courageusement le risque du plagiat. Sur six pages environ, il met à nu les sévères déconvenues du Chef de l’Etat qui, à l’en croire, se serait fait avoir sur ce dossier. Les opérateurs GSM ont en effet réussi à lui extorquer des licences à bas prix assorties de substantiels allègements fiscaux et de contrats à géométrie variable : « Voilà la République versée par terre », conclue-t-il, dépité.

On apprend aussi, on réapprend plutôt, comment a été gérée la question cotonnière, notamment les milliards qui ont été déversés dans ce secteur aux premières heures du régime Yayi. Prenant là aussi à son compte les « révélations » de l’ouvrage d’Edouard Loko, L’intrus qui connaissait la maison, cité là encore sur plusieurs pages, il relève que la détermination initiale de Boni Yayi en faveur des producteurs provenait de promesses de campagne faites à leurs représentants en janvier 2006, quelques semaines seulement avant le déclenchement de la campagne qui devait porter le Président de la BOAD à la tête du pays. C’était aussi un sauf-conduit que s’est donné le Chef de l’Etat pour les échéances électorales futures, notamment les législatives et les communales mais surtout la présidentielle de 2011.

Pour ce qui est des passations de marchés au ministère de la santé, les révélations « scandaleuses » proviennent pour l’essentiel des publications de l’Evénement Précis, montrant les inconduites de l’ancien ministre Kessilé Tchala dans ce dossier. Rien de nouveau non plus sous ce soleil. On aura retenu tout au moins que la lutte contre la corruption ne fait plus vraiment partie des priorités du gouvernement et que la fameuse marche verte du 16 juillet 2007 a été jetée aux oubliettes. Même au cœur de l’appareil d’Etat, certains conseillers techniques se livrent à des jeux douteux. Comme par exemple lorsque la société As-Samadou fait payer des factures indues à la présidence de la République auprès du ministère des finances ou par le truchement de la Cellule de promotion du changement, entraînant cette pointe d’ironie de l’auteur : « As-Samadou, « La Citadelle Express » et la Cellule de promotion et de gestion du changement seraient-elles des structures siamoises ? »

Un ouvrage pauvre en « révélations »

Malgré ce contenu qui eût gagné en originalité, l’auteur n’a fait que des investigations limitées sur les faits relatés avant de publier son ouvrage. Il s’est contenté de reprendre (ou de plagier) des articles déjà publiés, allant parfois jusqu’à citer les siennes propres, frôlant par ailleurs le narcissisme. A titre d’illustration, son analyse de l’après présidentielle du 21 mars 2006 à La Nation, s’y retrouve sur environ deux pages. S’il voulait démontrer qu’il a fait de gros efforts pour publier son document, c’est véritablement raté. Comme si cela ne suffisait pas, il «recopie» des humeurs publiées par des confrères. C’est le cas de la virulente diatribe servie par Souleymane Ashanti depuis l’étranger dans les colonnes du Matinal en date du 11 juillet 2008. On s’étonne que « l’écrivain » ait pu manquer de délicatesse jusqu’à ce point.

Le «livre» comprend ainsi de graves erreurs méthodologiques qui font douter de sa qualité en tant que document de référence. La typographie offerte est chargée d’incohérences, les alinéas n’ont jamais été respectés et le traitement des citations d’auteur reste largement défaillant, au regard des normes éditoriales existantes. L’appareil critique est même inexistant tout comme la bibliographie. Pour un ouvrage qui se veut un essai, l’absence d’une bibliographie est une énorme bourde traduisant les fragiles capacités de son auteur. Au demeurant, il semble que Wilfried Léandre Houngbédji ait voulu se dédouaner de la pauvreté de ses sources d’informations. En effet, les rares sources d’information qu’il a pu réunir, sont les journaux et notamment La Nation abondamment cité, La presse du Jour et le Matinal cité sporadiquement, ainsi que les deux ouvrages publiés l’un par Edouard Loko et l’autre par Chrispel Ogoubi sur le Chef de l’Etat. Que dire par ailleurs de tous ces annexes confus, scannés à la va-vite et qui prennent une place considérable (67 pages en tout) dans l’ensemble du « livre » ? Ce sont des bourratifs incongrus lorsqu’on pense que les lecteurs ont dû débourser 7 000 FCFA pour acheter ce document en pensant qu’il leur apporterait un éclairage sérieux sur la gouvernance à l’ère du changement. En fait d’éclairage, le livre est parcouru par une surabondance d’interrogations. L’auteur pose beaucoup de questions au lecteur, comme s’il n’était pas sûr de ce qu’il disait lui-même. A cela s’ajoutent les nombreuses erreurs de style, les non-sens qui pullulent et les fautes grammaticales qui foisonnent de-ci de-là.

Last but not the least, la faille la plus ubuesque reste cette préface de l’abbé André Quenum. Sollicitée sans doute par l’ « écrivain », elle fait référence au titre originel du document : Boni Yayi : Un banquier au pouvoir, la démocratie en faillite ? (Précédé de : Mathieu KEREKOU : Une sortie à pas de Kaméléon). Malgré la précaution prise de mentionner que cette préface date d’avant le changement de titre au « livre », on est surpris de constater que ce quiproquo ait pu figurer dans un ouvrage aussi « sérieux ». Du reste, au regard de tout ceci, l’ouvrage perd de sa valeur pour ne relever que de la basse littérature. C’est un simple pamphlet aux allures vindicatives qui mérite d’être gentiment retiré des rayons pour être revu et corrigé en profondeur.

Dossier Cen-sad: La preuve que Boni Yayi prend les Béninois pour des moutons (Lire le compte rendu du Conseil des ministres qui a autorisé Lawani à engager des dépenses)

Le président du Parti du renouveau démocratique (Prd) Me Adrien Houngbédji n’avait-il pas raison quand il déclarait au cours de sa dernière sortie médiatique que le chef de l’Etat Boni Yayi prend les Béninois pour des moutons dans la présentation du dossier de la Cen-sad ? Au fur et à mesure qu’on évolue dans les investigations, on se rend aisément compte que dans le dossier Cen-sad où on tente de mettre tout le tort sur le dos du ministre Soulé Mana Lawani, il y a anguille sous roche. Certes, l’ex argentier national Soulé Mana Lawani n’est pas exempt de tout reproche dans la gestion du dossier de la réfection du Palais des congrès et du Centre international des conférences de Cotonou entrant dans le cadre du 10ème sommet de la Cen-sad. Mais certains faits montrent que le président Boni Yayi fait économie de vérités aux Béninois. Mieux, Boni Yayi et son gouvernement n’ont aucun respect vis-à-vis du peuple. En effet, dans le compte rendu du Conseil des ministres du vendredi 03 juillet dernier, « le rapport de l’Inspection Générale d’Etat souligne enfin que les graves irrégularités relevées dans l’exécution des travaux au Centre International de Conférence et au Palais des Congrès de Cotonou sont la conséquence de la conduite solitaire du dossier par le ministre de l’Economie et des finances qui s’est impliqué pour faire désigner certaines entreprises sans expérience, sans expertise et parfois sans visite de site. La responsabilité incombe également aux membres de la Cellule de passation des marchés publics du ministère et aux membres ayant participé au dépouillement des offres ». Or, le même Conseil des ministres en sa séance du mercredi 26 mars 2008 avait donné tous les pouvoir au ministre Soulé Mana Lawani pour l’organisation de ce sommet. Le communiqué final de ce Conseil des ministres l’autorise à « s’organiser en vue de mettre à la disposition du Comité chargé de l’organisation du dixième sommet de la Cen-Sad des bureaux au Cic pour la tenue de leur réunion ; de procéder à la réfection du Cic et à son ameublement ainsi que le Palais des congrès de Cotonou retenus pour abriter les cérémonies officielles du sommet de la Cen-Sad ; de procéder à la nomination d’un régisseur chargé des questions financières relatives au sommet de la Cen-Sad et de donner les instructions nécessaires aux fins de faciliter l’accomplissement au niveau des services compétents de son département des formalités liées aux opérations financières relatives au sommet, du traitement diligent par les services de la douane et des impôts des dossiers Cen-Sad relatifs à l’enlèvement des matériels importés dans le cadre du sommet ».( lire l’intégralité de ce Conseil des ministres en encadré). Voilà qui est donc clair que c’est le gouvernement même et son chef qui ont donné les pleins pouvoirs à l’ex argentier national et à bien d’autres ministres d’ailleurs, de mener des actions en son nom en vue d’une bonne organisation du sommet de la Cen-Sad. Vouloir chercher aujourd’hui des poux sur le crâne d’un chauve est malhonnête.

Soulé Mana Lawani, bouc émissaire

Les preuves sont réunies aujourd’hui que Soulé Mana lawani a été victime de la politique politicienne. Et pour preuve ! En moins d’un mois, il a été accusé d’avoir géré de façon unilatérale le dossier du paiement des primes de motivation aux personnels de santé sans aviser le gouvernement alors que des documents attestent le contraire, puis il est accusé d’avoir autorisé des décaissements frauduleux dans le cadre de la préparation du sommet de la Cen-Sad. Tout cela vient donner raison à ceux qui pensent que le limogeage de M. Lawani et le déballage sur son implication dans ce dossier de malversations sont à rechercher ailleurs. Certaines informations font état du fait qu’il aurait eu des conversations téléphonique avec le candidat potentiel à l’élection présidentielle de 2011 ennemi juré du président Boni Yayi. Son téléphone étant sur écoute, les services de renseignements ont tout révélé au chef de l’Etat. On lui reproche aussi d’avoir pris un café à Paris avec l’ex ministre de la Santé Késsilé Tchalla, autre ennemi du chef de l’Etat. D’autres ajoutent qu’il est proche de l’opposition non déclarée. Ce sont entre autres raisons qui ont sans doute poussé le président Boni Yayi à lui déclarer une guerre sans merci. Un dossier qui pue un pur montage dans la mesure où si les faits à lui reprochés sont établis, alors le gouvernement et son chef sont tous aussi coupables que lui. De ce fait, ils doivent des excuses publiques au peuple parce qu’il est inconcevable que des affaires de la République soient gérées avec autant de légèreté. Pour des raisons politiques, on ne peut se permettre de certains comportements hostiles à la liberté d’expression et au multipartisme. Soulé Mana Lawani est un homme politique. Il est libre de monnayer son expertise politique à qui il veut, quitte à lui de savoir l’objectif qu’il poursuit. Vouloir le détruire parce qu’il a été approché par des candidats potentiels à la prochaine élection présidentielle est un acte barbare d’une autre époque. Le chef de l’Etat et son équipe doivent savoir que les Béninois ne sont pas aussi cons comme ils le pensent. Il n’y a jamais de fumée sans feu et tous les indices sont réunis aujourd’hui pour conclure que M. Mana Lawani fait les frais de ses audaces politiques.

Dysfonctionnements au sommet de l’Etat

Les derniers développements du dossier de la Cen-Sad ont mis à nu les dysfonctionnements et la cacophonie qui règnent au sommet de l’Etat. D’abord en l’espace d’une semaine, il y a eu deux conseils des ministres l’un aussi contradictoire que l’autre. Cerise sur le gâteau, le même gouvernement qui a sanctionné un ancien ministre au profit d’un autre pour mauvaise gestion des fonds alloués à la préparation du dixième sommet de la Cen-Sad est revenu sur le même dossier en relevant cette fois-ci un collaborateur qu’il avait blanchi malgré son implication dans ce dossier. Ceci, après la sortie de l’opposition. Où est donc la moralité ? La prospérité partagée qui a été le credo de Boni Yayi a-t-elle un lendemain meilleur avec le mensonge et la justice sélective devenus modèle de gouvernance au sommet de l’Etat ? La facilité avec laquelle le rapport de l’Ige sur la préparation de la Cen-Sad a été publié avait étonné plus d’un. Il y a longtemps que la bonne gouvernance a déserté le forum au Bénin. En témoignent les détournements à grande échelle de deniers publics par les thuriféraires du Changement sous la bénédiction de leur parrain. Le document publié par Wilfried Léandre Houngbédji intitulé ‘’Les scandales sous Yayi’’ a-t-il fait l’objet d’une investigation approfondie commanditée par la Haute Autorité ? Le rapport de l’audit sur la gestion des fonds d’escorte des véhicules d’occasion réclamé à cors et à cri par les Béninois depuis des mois a-t-il été jamais publié ? Même le rapport de l’Ige qui fait couler beaucoup d’encre et de salive actuellement ne souffre t-il pas d’incohérence quand on sait que c’est plus d’un an après les dénonciations de l’opposition que le chef de l’Etat le rend public ? Qui est passible de limogeage entre celui qui a été officiellement autorisé à engager des dépenses au nom du gouvernement et celui qui a fait volatiliser plus de 50 milliards de nos francs ? Autant d’irrégularités qui font douter de la bonne foi du président de la République dans le dossier de la Cen-Sad. Et n’eut été la conférence de presse de Me Adrien Houngbédji, Boni Yayi continuerait de traiter les Béninois de moutons.

REPUBLIQUE DU BENIN PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE EXTRAIT DU RELEVE N° 11 DES DECISIONS PRISES PAR LE CONSEIL DES MINISTRES EN SA SEANCE DU MERCREDI 26 MARS 2008 SECRETARIAT GENERAL DU GOUVERNEMENT1″ …………………………………………………… – . Présidence de la République Communication n° 550/08

- —–.. Compte rendu d’étape de la préparation de la 10ème session ordinaire do la Conférence des Leaders et Chefs d’Etat des pays membres de la CEN-SAD et du 10ème anniversaire de la création de L’Institution.

Approuvé.

Une délégation conduite par le Conseiller Spécial aux Affaires Diplomatiques du Président de la République, Présidente du Comité interministériel chargé de l’organisation du l0ème. Sommet de la CEN- SAD et comprenant le Directeur Adjoint du Cabinet Civil du Président de la République, le Directeur de l’Intégration Africaine, le Représentant du Ministre d’Etat chargé de la Prospective, du Développement et de l’Evaluation de l’Action Publique, Président du Comité de Coordination chargé de la supervision des activités des sous-comités et le Directeur du Budget et du Matériel au Ministère de l’Economie et des Finances, se rendra à brève échéance auprès du Secrétariat Général de la CEN-SAD et du Gouvernement libyen. Elle a pour mission d’examiner toutes les questions relatives à l’organisation du Sommet et du l0ème anniversaire de l’Institution, notamment la part du budget du Sommet à financer par la CEN-SAD et le Gouvernement libyen et les moyens et appuis à apporter au Bénin. II est demandé :

1° – au Secrétaire Général du Gouvernement, de prendre les dispositions diligentes pour faire signer par le Chef de l’Etat le décret portant création du comité d’organisation du 10ème Sommet de la CEN-SAD et du 10ème anniversaire de l’Institution ;

2° – au Ministre d’Etat chargé de 1a Défense Nationale et au Ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau, en liaison avec le Ministre de l’Economie et des Finances, de prendre les dispositions diligentes nécessaires en vue de :

- l’acquisition pour le compte de la SONEB de quatre (04) groupes électrogènes de 80 KWA et un (01) groupe de 1.000 KWA pour le renforcement de la capacité du système d’alimentation en eau notamment des villas présidentielles ;

- l’acquisition, dans les délais requis, des véhicules et motos d’escorte ainsi que de huit (08) groupes électrogènes au profit de la SBEE destinés à renforcer l’électrification des villas présidentielles et a assurer la veille énergique au cours du Sommet ;

3° – au Ministre de l’Economie et des Finances, de prendre les dispositions en vue :

- de mettre à la disposition du Comité chargé de l’organisation du Sommet, des bureaux au Centre International de Conférence de Cotonou (CIC) pour la tenue de leurs réunions ;

- de procéder à la réfection du CIC et à son ameublement ainsi que du Palais des Congrès retenus pour abriter les cérémonies officielles du Sommet ;

- de procéder à la nomination d’un Régisseur chargé des questions financières relatives au Sommet et de donner les instructions nécessaires aux fins de faciliter l’accomplissement au niveau des services compétents de son département des formalités liées aux opérations financières relatives au Sommet ;

- du traitement diligent par les services de la douane et des impôts des dossiers CEN-SAD relatifs à l’enlèvement des matériaux et matériels importés dans le cadre du Sommet ;

4° – au Ministre des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine, de 1a Francophonie et des Béninois de l’Extérieur ; de prendre les dispositions idoines aux fins de négocier d’une part avec les autorités compétentes de la République Fédérale du Nigeria la mise à la disposition du Bénin de véhicules, bus et motos d’escorte et d’autre part avec le gouvernement togolais, l’utilisation du parking de l’aéroport international de Lomé pour le stationnement de certains aéronefs au cours du Sommet ;

5°- au Ministre de l’Urbanisme ; de l’Habitat, de la Reforme foncière et de la Lutte contre l’Erosion Côtière, en liaison avec le ministre de l’Economie et des Finances et le Ministre de l’Industrie et du Commerce, de prendre les dispositions nécessaires en vue de :

- l’approvisionnement en ciment, en priorité et en temps réel, des chantiers avancés et susceptibles d’être achevés avant fin avril 2008 ;

- la finition, la viabilisation et l’équipement, avant fin avril 2008, des villas présidentielles.

Un cahier de charges pour l’équipement des villas avec une date butoir pour leur livraison sera établi avec les promoteurs des villas ;

6° – au Ministre des Affaires Etrangères de l’Intégration Africaine, de la Francophonie et des Béninois de l’Extérieur en liaison avec les structures compétentes du Ministère de l’Industrie et du Commerce, la Chambre d’Agriculture du Benin et le Comité d’organisation du Sommet de prendre les dispositions nécessaires en vue de la tenue de la foire CEN-SAD en marge du Sommet ;

7° – au Directeur de Cabinet Civil du Président de la République, d’instruire le Comité interministériel. chargé de 18 préparation du Sommet, à prendre les dispositions idoines et diligentes aux fins d’une préparation et organisation efficientes de ces assises et rendre compte régulièrement, par les voies appropriées, de l’état d’avancement des préparatifs du Sommet.

la lutte contre la corruption ne fait plus vraiment partie des priorités du gouvernement et que la fameuse marche verte du 16 juillet 2007 a été jetée aux oubliettes. Même au cœur de l’appareil d’Etat, certains conseillers techniques se livrent à des jeux douteux. Comme par exemple lorsque la société As-Samadou fait payer des factures indues à la présidence de la République auprès du ministère des finances ou par le truchement de la Cellule de promotion du changement, entraînant cette pointe d’ironie de l’auteur : « As-Samadou, « La Citadelle Express » et la Cellule de promotion et de gestion du changement seraient-elles des structures siamoises ? »

Un ouvrage pauvre en « révélations »

Malgré ce contenu qui eût gagné en originalité, l’auteur n’a fait que des investigations limitées sur les faits relatés avant de publier son ouvrage. Il s’est contenté de reprendre (ou de plagier) des articles déjà publiés, allant parfois jusqu’à citer les siennes propres, frôlant par ailleurs le narcissisme. A titre d’illustration, son analyse de l’après présidentielle du 21 mars 2006 à La Nation, s’y retrouve sur environ deux pages. S’il voulait démontrer qu’il a fait de gros efforts pour publier son document, c’est véritablement raté. Comme si cela ne suffisait pas, il «recopie» des humeurs publiées par des confrères. C’est le cas de la virulente diatribe servie par Souleymane Ashanti depuis l’étranger dans les colonnes du Matinal en date du 11 juillet 2008. On s’étonne que « l’écrivain » ait pu manquer de délicatesse jusqu’à ce point.

Le «livre» comprend ainsi de graves erreurs méthodologiques qui font douter de sa qualité en tant que document de référence. La typographie offerte est chargée d’incohérences, les alinéas n’ont jamais été respectés et le traitement des citations d’auteur reste largement défaillant, au regard des normes éditoriales existantes. L’appareil critique est même inexistant tout comme la bibliographie. Pour un ouvrage qui se veut un essai, l’absence d’une bibliographie est une énorme bourde traduisant les fragiles capacités de son auteur. Au demeurant, il semble que Wilfried Léandre Houngbédji ait voulu se dédouaner de la pauvreté de ses sources d’informations. En effet, les rares sources d’information qu’il a pu réunir, sont les journaux et notamment La Nation abondamment cité, La presse du Jour et le Matinal cité sporadiquement, ainsi que les deux ouvrages publiés l’un par Edouard Loko et l’autre par Chrispel Ogoubi sur le Chef de l’Etat. Que dire par ailleurs de tous ces annexes confus, scannés à la va-vite et qui prennent une place considérable (67 pages en tout) dans l’ensemble du « livre » ? Ce sont des bourratifs incongrus lorsqu’on pense que les lecteurs ont dû débourser 7 000 FCFA pour acheter ce document en pensant qu’il leur apporterait un éclairage sérieux sur la gouvernance à l’ère du changement. En fait d’éclairage, le livre est parcouru par une surabondance d’interrogations. L’auteur pose beaucoup de questions au lecteur, comme s’il n’était pas sûr de ce qu’il disait lui-même. A cela s’ajoutent les nombreuses erreurs de style, les non-sens qui pullulent et les fautes grammaticales qui foisonnent de-ci de-là.

Last but not the least, la faille la plus ubuesque reste cette préface de l’abbé André Quenum. Sollicitée sans doute par l’ « écrivain », elle fait référence au titre originel du document : Boni Yayi : Un banquier au pouvoir, la démocratie en faillite ? (précédé de : Mathieu KEREKOU : Une sortie à pas de Kaméléon). Malgré la précaution prise de mentionner que cette préface date d’avant le changement de titre au « livre », on est surpris de constater que ce quiproquo ait pu figurer dans un ouvrage aussi « sérieux ». Du reste, au regard de tout ceci, l’ouvrage perd de sa valeur pour ne relever que de la basse littérature. C’est un simple pamphlet aux allures vindicatives qui mérite d’être gentiment retiré des rayons pour être revu et corrigé en profondeur.

Laissez une réponse