Abrogation de la licence accordée par Takpara : Affaire UBIFARM BENIN SA = Affaire KOVACKS ?: (LA PROMPTE REACTION DE YAYI VIVEMENT ATTENDUE POUR SE LAVER DE TOUT SOUPÇON)
8 fév, 2010 | Par lautrefrat | Rubrique : Manchette
Quand bien même comparaison ne serait pas raison, le ténébreux dossier lié à une attribution de licence puis, quelques mois seulement après, à son abrogation commence par soulever un tout petit coin du voile qui entoure les actes du régime YAYI. Depuis décembre 2009, les premiers responsables de l’entreprise UBIPHARM BENIN SA cherchent désespérément à rencontrer le chef de l’Etat afin d’en savoir davantage sur l’acte suspect du ministre de la santé Issifou TAKPRA. Au moment où nous mettions sous presse, toutes les portes du palais de la marina leur sont closes. Cette entreprise a pourtant investi déjà près d’un milliard pour ses locaux et deux autres pour l’acquisition de médicaments en voie d’acheminement vers le port de Cotonou au Bénin.
Les Béninois d’une certaine génération se souviennent encore de l’affaire KOVACKS (une affaire de gros sous mettant en jeu plusieurs personnalités politiques dahoméennes et un opérateur économique français du même nom) et pensent que cela relève d’un lointain souvenir car leur pays a définitivement tourné dos aux actes suspects de corruption au sommet de l’Etat. On sait, par exemple que l’affaire KOVACKS demeure un mystère tandis qu’elle serait l’une des causes de la brouille entre des hommes politico-militaires de notre pays occasionnant plusieurs séjours en prison pour les uns et l’élimination physique pour d’autres. Mais erreur, car près de vingt années après l’historique conférence nationale des forces vives et la flopée de structures officiellement installées pour lutter contre la corruption, des faits et gestes des gouvernants béninois suscitent plusieurs commentaires, toujours pas enviables. De Mathieu KEREKOU, pendant deux nouveaux mandats, suite à l’unique mandat de Nicéphore SOGLO, le peuple béninois attend avec impatience que leur pays sorte du rang des Etats infréquentables en matière de stabilités pour les investissements privés. Arrivé grâce un plébiscite qui signifiait clairement le rejet de vieille classe politique caractérisée pour son accointance pour les affaires sales, Boni YAYI semble ne plus être à la hauteur de la mission à lui confiée par son peuple. Si beaucoup estiment que la corruption a plutôt augmenté, il aura fallu cette affaire dite UBIPHARM SA pour que l’on commence réellement par découvrir le vrai visage des dysfonctionnements divers que plusieurs concitoyens ne cessent de dénoncer depuis peu.
Boni YAYI doit éviter de compromettre les finances publiques
en cas d’un procès contre l’Etat béninois par UBIPHARM SA
Comment ne pas tomber sous la tentation de quelque condamnation trop précoce lorsqu’on apprend qu’un ministre membre d’un gouvernement dirigé de main de maître par Boni YAYI puisse délibérément, remettre en cause une Licence qu’il avait préalablement signée au profit d’investisseurs privés ? Or c’est sur la base de cette même Licence que ces investisseurs ont englouti près de trois milliards de nos francs en moins de quatre mois. Au-delà d’un simple investissement, c’est le contexte qui interpelle tous les fils et filles de notre pays quand on sait que le domaine d’intervention de UBIPHARM SA est lié à la santé. Il n’est un secret pour personne, que depuis bien des années, les grossistes installés au Bénin ne se soucieraient que de leurs gains se préoccupant peu de la santé de leurs concitoyens. Depuis toujours, il est fréquent que l’on vous recommande d’aller à Lomé à côté pour vous approvisionner quant à certains médicaments prescrits par nos médecins. Pourquoi ? Simplement parce que certains médicaments ne sont presque jamais commandés ou pas en quantité suffisante par les autres grossistes. Pire, il est curieux que certains fabricants locaux font du mystère autour de leur laboratoire or ces laboratoires ne leur appartiennent plus lorsque c’est de la santé publique qu’il s’agit. Donc ces laboratoires doivent normalement faire l’objet de fréquentes visites par les structures de contrôle y compris les pharmaciens. Pendant que UBIPHARM SA tient à mettre à la disposition du peuple béninois, une gamme variée de médicaments de bonne qualité, le gouvernement de Boni YAYI a désormais le devoir de faire la lumière sur cette abrogation de la licence qui laisse croire que le ver est dans le fruit surtout que des indiscrétions font état de ce que, le ministre serait aux ordres. En un mot, cette histoire d’abrogation d’une Licence préalablement signée par le ministre TAKPARA demeure au niveau du chef de l’Etat, le docteur Boni YAYI qui gagnerait en réhabilitant UBIPHARM SA. Pour l’instant, plusieurs personnalités de notre pays dont tous les anciens chefs d’Etat, la plupart des hommes politiques d’envergure et le médiateur de la République sont régulièrement tenus informés de ce dossier qui risque de s’inviter dans le débat politique, les jours à venir. La balle est dans le camp de Boni YAYI.
René LOKOTIN