Pour contrôler la future Cena des présidentielles et législatives : LES DEPUTES DISSIDENTS FCBE REFUSENT DE SIEGER AU GOUVERNEMENT

29 jan, 2010 | Par | Rubrique : Manchette

boniLongtemps considéré, comme l’instrument privilégié pour les élections au Bénin depuis l’avènement du renouveau démocratique, la CENA est devenue la hantise de tous les hommes politiques de notre pays. 2011 étant une année charnière dans notre processus démocratique, le gouvernement du Dr Boni YAYI comme ses opposants, tient à tout prix, à la contrôler. Pour ce faire, il va falloir que les uns et les autres accordent leurs violons, ce qui semble ne plus être le cas.

Annoncée depuis quelques mois, la formation du tout dernier gouvernement YAYI qui va déboucher sur les élections présidentielles et législatives de 2011 tarde à se réaliser et plusieurs indices permettent de découvrir que malgré leur volonté d’en découdre avec le régime du Dr Boni YAYI, ce dernier tient à collaborer avec les députés de son bord qui venaient de lui infliger un terrible et mémorable camouflet lors du vote du budget général de l’Etat exercice 2010. Cette situation des moins compréhensibles, trouve néanmoins une explication lorsqu’on se réfère aux échéances politiques majeures de l’année à venir. Pour une première fois depuis la mise en vigueur de notre loi fondamentale actuelle, c’est la première fois que le Bénin connaîtra l’organisation couplée de ces deux consultations importantes et délicates. En effet, ce couplage qui interviendra chaque deux décennies sera expérimenté dans notre pays pour la première fois dans un contexte caractérisé par des positions tranchées entre l’exécutif et le législatif. Désavoué si souvent par des députés de sa propre famille politique, Boni YAYI a compris qu’il lui faut obligatoirement l’onction de ces élus afin de réaliser en toute tranquillité, son éventuel maintien au pouvoir et également obtenir une majorité confortable au parlement.

Malheureusement, ces députés qui ont bien compris leur valeur actuelle ne veulent point servir de simple faire valoir à un système qui s’est notoirement illustré par le non respect de ses engagements. Approchés, tous refusent de siéger au gouvernement et préfèrent rester au parlement afin de réserver à Boni YAYI, des jours encore plus difficiles. Si certains ont préféré donner des noms pour siéger, d’autres rejettent carrément cette option afin de rester fidèles aux désirs de leur électorat. Comme on peut le constater, le sort du prochain budget est tout aussi scellé en attendant d’autres points de désaccord qui conduiront doucement Boni YAYI et ses amis d’en face, au seuil des élections couplées de 2011 que les députés tiennent à faire organiser au même moment que l’élection présidentielle, ce que ne souhaite pas le gouvernement.

René LOKOTIN

Laissez une réponse