Tremblement de terre en Haïti / Réunion des donateurs : RECONSTRUCTION : RENDEZ-VOUS EN MARS A NEW YORK

27 jan, 2010 | Par lautrefrat | Rubrique : International

Hillary Clinton (D), le ministre canadien des Affaires étrangère Lawrence Cannon (C), et le Premier ministre haitien Jean-Max Bellerive à Montreal, le 25 janvier 2010.

Une conférence des «pays amis» d’Haïti s’est tenue le 25 janvier 2010 à Montréal (Canada). Les participants y ont affirmé la nécessité pour Haïti d’assumer le leadership de la reconstruction mais n’ont pu établir de façon précise le coût de la reconstruction. Rendez-vous est pris en mars pour une nouvelle réunion, au siège des Nations unies, à l’invitation du gouvernement américain.

Les pays réunis à Montréal ont réaffirmé haut et fort leur confiance en la capacité du gouvernement haïtien à assumer la reconstruction du pays avec l’aide de la communauté internationale.

Hillary Clinton, la secrétaire d’Etat américaine, a fait remarquer que c’était une des leçons du tsunami de décembre 2004 en Indonésie : combien il était important de s’appuyer sur des gouvernements locaux pour aider un pays à se reconstruire. Pour elle comme pour les autres ministres des Affaires étrangères présents à la conférence, le pouvoir à Port-au-Prince doit être considéré comme un partenaire et non comme un assisté.

Une volonté qui satisfait le Premier ministre haïtien, Jean-Max Bellerive, qui n’a cessé de répéter tout au long de la conférence que son gouvernement était au travail et qu’il appartenait aux Haïtiens de définir la liste des priorités pour le futur. Il espère que l’élan de solidarité suscité par le séisme permettra de bâtir un nouvel Haïti qui pourra bientôt se prendre en mains et ne pas toujours dépendre de l’aide extérieure.

Pas encore de chiffrage des destructions

Pour l’instant, personne ne se risque à avancer un chiffre pour la somme qu’il faudra avancer pour la reconstruction d’Haïti. Les organisations internationales commencent tout juste à faire le bilan des destructions : infrastructures, bâtiments, secteurs économiques mis à mal par le tremblement de terre. Ces chiffres seront peut-être disponibles pour la prochaine conférence qui aura lieu en mars au siège des Nations unies à New York.

Les pays donateurs travailleront sur un plan de reconstruction. D’ici là l’aide d’urgence continue à les mobiliser et tous semblent prêts à continuer à coopérer pour aider les Haïtiens à faire face à la crise.

De jour en jour, les conditions de vie se dégradent pour les sinistrés de Port-au-Prince. Selon les autorités haïtiennes, il y a donc urgence à reloger les sans-abri. La solution envisagée : des campements collectifs qui seraient installés aux abords de la capitale.

Pour y parvenir, le gouvernement réclame 200 000 tentes à la communauté internationale. « 200 000 tentes de bonne qualité, ça ne se trouve pas n’importe où. Il faut donc une mobilisation internationale. C’est la priorité, il faut pouvoir trouver un abri à plus de deux millions de personnes qui, aujourd’hui, sont menacées par toutes les intempéries », explique Michel Chancy, secrétaire d’Etat à l’Agriculture en charge de l’aide humanitaire au sein du gouvernement haïtien.

Parmi les sinistrés, la plupart souhaitent trouver de meilleures conditions de vie, mais certains refusent l’idée de sortir de Port-au-Prince et surtout de quitter leur quartier d’origine. « C’est ici que ma famille habite, explique l’un d’entre eux. On ne peut pas aller ailleurs. Si on ne nous propose pas de meilleures conditions de logement, nous préférons rester ici. »

Pour mener à bien le relogement des sinistrés, il faudra donc les convaincre de quitter le centre ville. Le temps presse. La saison des pluies approche. Et dans six mois ce sont les ouragans qui menaceront les sinistrés haïtiens.

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