Corruption au Bénin : UNE AUTRE AFFAIRE DE FRAUDE DOUANIERE ETOUFFEE : (UN OPERATEUR ECONOMIQUE AMOUREUX DU FOOT IMPLIQUE)

25 jan, 2010 | Par | Rubrique : Manchette

Idriss-Daoudaalidou kousséQuelques jours seulement après la célébration d’une nouvelle journée de lutte contre le plus cruel fléau qui écrème les finances publiques dans la plupart des pays sous développés, le Bénin vient malheureusement d’enregistrer un nouveau de cas de fraude douanière. Contre toutes attentes, l’affaire est entrain d’être étouffée parce qu’il y aurait la corruption qui a servi à fermer la bouche de plusieurs cadres de notre administration.

L’ampleur et les conséquences de toutes les fraudes n’empêcheront jamais les fraudeurs de perpétuer leur sale besogne. Mais ce qui est dramatique chez nous au Bénin est que ce sont ceux-là même qui sont formés et payés, aux frais de l’Etat, pour lutter contre la fraude qui deviennent les partenaires privilégiés des corrupteurs. La dernière affaire de fraude qui alimente toutes les conversations au sein de l’administration douanière, est la mise à nu d’un système bien huilé qui est l’œuvre d’un opérateur économique béninois ayant fait fortune dans l’agro-alimentaire. Fortune faite, grâce à diverses fraudes (fiscales comme douanières), notre compatriote s’est découvert des talents de mécène dans le sport. Pendant que plusieurs des ses « alliés » sportifs l’attendaient du côté de Benguela (en Angola), l’intéressé s’est illustré par une absence notoire et surprenante. La raison n’est curieusement pas à chercher très loin et n’est surtout pas liée à un cas de maladie. Cet opérateur économique dont le nom fait valser tous les malheureux qui gravitent autour du ballon rond est épinglé à Cotonou.

Pour avoir « prêté serment » de ne pas abandonner les délices de la fraude douanière, une de ses cargaisons venait d’être repérée comme étant une marchandise bien différente de ce qui est mentionné sur la déclaration douanière. On parlerait de liqueurs alors que la déclaration fait mention de produits congelés. La fraude ainsi constatée devrait faire l’objet d’un contentieux en bonne et due forme. Il paraît que des disciples de Saint Mathieu seraient même sur le point de donner une conférence de presse pour dénoncer cet apatride notoirement récidiviste. Entre temps, des interventions sont arrivées pour dissuader les plus assidus et pour finir ce lugubre spectacle, le magnat du sport a dû mettre la main à la poche pour étouffer le dossier tout en espérant récupérer l’argent ainsi « perdu » plus tard, lors d’une prochaine déclaration douanière qui sera nécessairement frauduleuse. Voilà comment fonctionne l’administration publique sous l’ère du renouveau démocratique agrémenté par le parfum du changement. Il suffit de bien et beaucoup voler et vous êtes certains de vous en sortir pendant que les finances publiques sont soumises à rudes épreuves. Le comble est que le nom de cet opérateur économique est cité pour recevoir dans les tout prochains jours, une « onction » pour ses nombreux services rendus à la nation. Quel dommage, dans un pays aussi dépourvu. Décorer n’importe qui…

Aujourd’hui, plus personne ne veut croire en la lutte contre la corruption tel que cela se pratique au Bénin car il devient, visiblement, de plus en plus impossible d’envisager un frein à cette corruption qui arrive toujours à phagocyter les milieux où se prennent les grandes décisions de la vie nationale. L’opérateur économique qui vient d’être épinglé aurait ses entrées à la Marina où tout semblerait lui réussir. Or il n’est craint et respecté simplement, parce qu’il nous vole nos impôts et autres taxes. D’autres sources nous parlent également de trafic divers touchant des domaines davantage plus sensibles. Boni YAYI, à quelques encablures de son éventuelle réélection, aura du mal à (malheureusement) mettre dos au mur, tout ce beau monde qui ne vit que par et pour la corruption. Dans nos prochaines parutions plus de détails sur cette affaire qui doit connaître une suite absolument contentieuse pour le bonheur de nos finances publiques.

A suivre

Arthur SETONDJI

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