CATASTROPHE EN HAÏTI
22 jan, 2010 | Par lautrefrat | Rubrique : InternationalUne semaine après le séisme qui a ravagé Haïti, l’aide commençait progressivement à s’organiser . Des troupes héliportées américaines ont notamment pris position à des endroits stratégiques de Port-au-Prince pour sécuriser les opérations humanitaires destinées à répondre à une population aux abois.
Dans les moments tragiques, les Etats-Unis réagissent et apportent leur aide, par Barack Obama
Depuis une semaine, nous sommes tous profondément émus devant les images déchirantes du désastre survenu en Haïti : parents fouillant les décombres à la recherche de leurs fils et de leurs filles ; enfants seuls et apeurés cherchant leur père et mère. Des quartiers entiers de Port-au-Prince sont en ruine et les familles doivent chercher refuge dans des campements de fortune. C’est un spectacle terrible que ces vies dévastées dans un pays déshérité qui a déjà tant souffert.
Point de vue de Obama
J’ai tout de suite ordonné un effort rapide, coordonné et pugnace afin de sauver des vies en Haïti. Nous avons déployé l’une des plus vastes opérations de secours de l’histoire récente. J’ai donné pour instruction aux responsables des différentes agences du gouvernement fédéral de faire de cette opération notre priorité. Nous mobilisons actuellement tous les éléments de notre capacité nationale : les ressources des agences de développement, la puissance de nos forces armées, et, surtout, la compassion du peuple américain. Nous travaillons en étroite collaboration avec le gouvernement haïtien, les Nations unies et les nombreux partenaires internationaux qui contribuent à cet effort extraordinaire.
Nous agissons par égard pour les milliers de citoyens américains présents en Haïti, ainsi que pour leurs familles résidant aux Etats-Unis ; par égard pour le peuple haïtien, qui a été victime d’une histoire tragique, mais qui a su faire preuve d’une formidable résilience ; et nous agissons aussi en raison des liens étroits que nous entretenons avec un voisin qui n’est distant que de quelques centaines de kilomètres au sud de nos côtes. Mais avant tout, nous agissons pour une raison toute simple : dans les moments tragiques, les Etats-Unis d’Amérique se mobilisent et apportent leur aide. C’est ainsi que nous sommes. C’est ainsi que nous agissons.
Depuis des décennies, le leadership américain est fondé en partie sur le fait que nous ne recourons pas à notre puissance pour soumettre les autres, nous l’utilisons pour les aider à reprendre pied – que ce soit en aidant à la reconstruction de nos anciens adversaires après la seconde guerre mondiale, en parachutant de l’eau et des vivres à la population berlinoise, ou en aidant les peuples de Serbie et du Kosovo à reconstruire leurs vies et leurs pays. Et cela n’est jamais aussi vrai que dans les moments de grands périls et de grande souffrance humaine. C’est pour cette raison que nous avons agi pour aider les Africains à combattre le fléau du sida sur leur continent, ou pour venir en aide aux victimes d’un tsunami catastrophique en Asie. Quand nous ne montrons pas seulement notre puissance, mais aussi notre compassion, le monde nous considère avec un mélange de respect et d’admiration. Cela renforce notre leadership. Cela montre le caractère de notre pays. C’est pour cela que chaque Américain peut considérer cette opération de secours avec la fierté de savoir que l’Amérique agit au nom de notre humanité commune.
En cet instant même, nos équipes de recherche et de sauvetage dépêchées sur le terrain s’efforcent d’extraire les survivants des décombres. Des Américains de Virginie, de Californie et de Floride travaillent vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour sauver des gens qu’ils n’ont jamais vus de leur vie. Nos soldats, marins, aviateurs, marines et gardes-côtes se sont rapidement déployés sur la zone. En collaboration avec nos civils, ils oeuvrent nuit et jour pour mettre en place une entreprise logistique de grande ampleur ; pour acheminer et distribuer de la nourriture, de l’eau et des médicaments afin de sauver des vies ; et pour empêcher une catastrophe humanitaire plus grande encore.
D’autres moyens de secours sont en route. Cette opération de sauvetage et de reconstruction sera complexe et difficile, et il faut du temps pour apporter toutes les ressources nécessaires dans un environnement à ce point dévasté. Mais des équipes de secours, des médecins, des infirmières et des auxiliaires médicaux américains supplémentaires vont arriver pour prendre soin des blessés. De l’eau, de la nourriture et du matériel seront encore acheminés. Un porte-avions est arrivé sur place. Un navire-hôpital a été dépêché. D’autres avions et engins de terrassement serviront à rétablir les communications et à dégager les routes et les ports afin d’accélérer les secours et de hâter la remise en état.
Mais, en ce nouveau siècle, nous ne pourrons répondre seuls à aucun grand défi. Dans cet effort humanitaire, nous oeuvrerons en étroite collaboration avec d’autres pays, afin que notre travail sur le terrain soit le plus efficace possible malgré des conditions très difficiles. Nous collaborerons également avec les Nations unies, qui ont tant fait au cours des années pour assurer stabilité et sécurité en Haïti, et qui ont subi des pertes terribles dans cette tragédie. Et nous travaillerons de concert avec la constellation d’organisations non gouvernementales qui s’efforcent depuis des années d’améliorer la vie du peuple haïtien.
Il est également important de souligner que tous ces efforts seront soutenus par la bonne volonté et la générosité des citoyens ordinaires. Les gouvernements seuls n’y suffiront pas. Un nombre record de dons sont d’ores et déjà arrivés sous forme de textos. L’argent afflue à la Croix-Rouge et dans d’autres organisations humanitaires. Je veux remercier les nombreux Américains qui ont contribué à cet effort, et je veux encourager tous les Américains qui souhaitent apporter leur aide à se rendre sur le site whitehouse.gov pour en savoir plus.
Enfin, au cours des jours, des mois et des années qui viennent, nous devrons travailler étroitement avec le gouvernement et le peuple haïtiens afin qu’ils retrouvent le dynamisme dont ils faisaient preuve avant le tremblement de terre. Il est particulièrement navrant en effet que cette catastrophe soit survenue à un moment où – enfin, après des décennies de conflit et d’instabilité – Haïti montrait des signes encourageants de progrès économique et politique. Dans les mois et les années qui viennent, lorsque les répliques se seront apaisées et qu’Haïti ne fera plus les gros titres dans les journaux et à la télévision, notre mission sera d’aider le peuple d’Haïti à poursuivre sa route vers un avenir meilleur. Tout au long de ce cheminement, les Etats-Unis seront aux côtés du gouvernement haïtien et des Nations unies.
Ce désastre nous rappelle une fois de plus que la vie peut être d’une cruauté inimaginable. Douleur et perte sont bien souvent infligées sans justice ni pitié. Ce « hasard de l’instant » peut frapper chacun d’entre nous. Mais c’est aussi dans ces moments-là, lorsque nous sommes confrontés à notre propre fragilité, que nous redécouvrons notre humanité commune. Nous regardons dans les yeux d’un autre homme et nous nous y voyons nous-mêmes. C’est pourquoi les Etats-Unis d’Amérique prendront la tête de cette entreprise humanitaire mondiale. Cela fait partie de notre histoire, et c’est ainsi que nous répondrons à ce vaste défi
Une semaine après le violent séisme (magnitude 7) qui a frappé Port-au-Prince et ses environs, Elisabeth Byrs, porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU, a indiqué que plus de 90 survivants avaient été tirés des décombres. Mais l’espoir d’en retrouver s’amenuise de jour en jour.
Pour l’heure, cette catastrophe humanitaire a fait au moins 70.000 morts, au moins 250.000 blessés et 1,5 million de sans-abri. « C’est comme si une bombe atomique avait explosé » a estimé l’ambassadeur des Etats-Unis en Haïti, Kenneth Merten. Tous ces blessés affluent en masse vers les rares centres de soins opérationnels, où les amputations se succèdent.
Concernant l’aide humanitaire, alimentaire et samedi, elle monte en puissance
La communauté internationale continue de se mobiliser et l’Union européenne a promis près d’un demi-milliard d’euros à court et à long terme.
L’urgence est désormais d’éviter une énorme catastrophe sanitaire : sans accès à l’eau potable et à des sanitaires, les risques d’épidémie font peser une nouvelle menace sur les sinistrés.
Les forces américaines (7.500 GI’s se trouvent sur le sol haïtien) ont procédé lundi à leur premier parachutage d’aide, larguant 14.500 rations alimentaires et 15.000 litres d’eau sur une zone sécurisée à environ 8 kilomètres de l’aéroport de Port-au-Prince, a annoncé le commandement Sud de l’armée américaine. Enfin le navire hôpital américain Comfort, entièrement consacré à l’assistance médicale aux sinistrés, il devrait arriver d’ici mercredi, avec 600 personnes à bord et un millier de lits disponibles.
De leur côté, les Français ne sont pas en reste ! Un hôpital de campagne français de 50 lits est opérationnel depuis lundi à Port-au-Prince. Douze médecins, dont un chirurgien et deux anesthésistes, et 70 personnels hospitaliers ont été déployés pour traiter une moyenne de 250 blessés par jour, a indiqué l’ambassadeur de France en Haïti, Didier Le Bret.
100 millions de repas encore nécessaires
L’organisation Médecins sans frontières devait installer mardi un hôpital de campagne dans le bidonville de Carrefour.
D’après le gouvernement haïtien, 280 centres d’urgence devaient être ouverts à partir de lundi pour distribuer des vivres et héberger des sans-abri. 105.000 rations d’aide alimentaire ont été distribuées depuis le 12 janvier, selon le Programme alimentaire mondial mais celui-ci estime à plus de 100 millions le nombre de repas nécessaires pour les trente jours à venir.
Le chaos règne notamment à Port-au Prince
Des sinistrès, qui ont tout perdu, se livrent désormais au pillage. Selon la Croix-Rouge, « les incidents violents et les pillages sont en hausse alors que monte le désespoir ».
Mais le contre-amiral Mike Rogers, responsable du renseignement à l’Etat-major interarmées des Etats-Unis a toutefois minimisé ces incidents, qualifiant les conditions de sécurité de « stables ».
Pourtant un Américain est mort et trois autres ont été légèrement blessés dans des circonstances encore inconnues lundi en Haïti, où une énorme opération d’aide humanitaire était en cours, selon John Kirby, porte-parole de l’Etat-major interarmées américain. Dans cette catastrophe, les Américains ont perdu 24 personnes.
Il faut nourrir, soigner mais également maintenir la sécurité
Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a demandé lundi, au Conseil de sécurité, l’envoi de 1.500 policiers et de 2.000 militaires supplémentaires afin de renforcer la Minustah, qui dispose déjà de 11.000 hommes.
Rappelons que plus de 500 employés des Nations unies sont toujours portés disparus.
