Can 2010 / togo : MITRAILLAGE DES JOUEURS TOGOLAIS: LA CAF MONTREE DU DOIGT
13 jan, 2010 | Par lautrefrat | Rubrique : AfriqueAlors que l’équipe du Togo est officiellement disqualifiée depuis lundi 11 janvier au soir pour être rentrée au pays après le mitraillage de son bus, la Confédération africaine de football est la cible de nombreuses critiques pour sa gestion très impersonnelle de la crise.
Il serait exagéré de dire que les autorités du football ont pris l’attaque du bus togolais et les deux décès qui s’en sont suivi pour un simple incident, mais c’est tout juste. Une pensée émue venue de la Fifa, des condoléances de la part du président sud africain Jacob Zuma, dont le pays organisera la prochaine coupe du monde, tout en affirmant que le mitraillage n’aura aucune influence sur le mondial du mois de juin. Une minute de silence avant le premier match, des marques de soutien de la quasi totalité des autres équipes présentes, et c’est tout. Dans sa communication, quasi inexistante d’ailleurs, la Confédération africaine de football a surtout laissé transparaître sa volonté de sauver sa compétition.
Communication de crise
Un premier communiqué pour se demander pourquoi le Togo s’est déplacé en bus plutôt qu’en avion, puis un voyage à Cabinda pour convaincre les équipes participantes de jouer malgré tout, pour annoncer le renforcement des mesures de sécurité et affirmer que la CAN aurait bien lieu. C’est de la communication de crise, mais lorsque des responsables de la CAF en viennent à regretter de n’avoir eu des nouvelles des Togolais que par médias interposés, c’est aussi de la communication assez peu compassionnelle.
Le FLEC assure qu’il visait des objectifs
militaires et non les joueurs togolais
Jusque-là, les revendications provenaient de sympathisants ou de chefs locaux du FLEC. Mais après 48 heures de silence, Nzita Tiago, le fondateur du mouvement séparatiste, qui vit à Paris, admet que ses troupes sont responsables de cette attaque. Mais il affirme que ces hommes ne visaient que des objectifs militaires : « Quand je l’ai appris, j’ai demandé des excuses auprès des Togolais, parce que nous ne savions pas, ou nos militaires ne savaient pas, qu’il y avait des joueurs dans le camion où étaient les militaires angolais. Donc l’attaque n’était pas dirigée contre les joueurs de football parce que nous ne sommes pas contre la CAN, je dis bien ». De son côté, le gouvernement angolais qualifie cette attaque de « terroriste ». Selon lui, c’est bien les civils qui étaient visés, selon Antonio Bento Bembe, ministre sans portefeuille en charge du dossier Cabinda et ancien rebelle du FLEC : « c’est une attaque terroriste et rien n’est fait pour justifier cette attaque (…). Pourquoi n’en lancer un mandat d’arrêt contre tous ces éléments qui sont en train de mener des attaques à partir de Paris ! ». Le gouvernement angolais assure que son enquête se poursuit et que toutes les mesures de sécurité ont été prises pour permettre à la CAN de se dérouler dans le calme.
