Vœux de la société civile au chef de l’Etat : GENEVIEVE BOKO NADJO EXPOSE LES TARES DU REGIME

11 jan, 2010 | Par | Rubrique : Culture

Les traditionnelles présentations de vœux à la Présidence de la République ont permis à la société civile, de livrer par le biais de sa représentante, Geneviève Boko Nadjo, une allocution à l’endroit du Chef de l’Etat. Au-delà d’un simple vœu, la présidente de Wildaf Bénin, a exposé les tares du régime actuel à travers les dysfonctionnements notés dans la gouvernance tant politique, sociale qu’économique de notre pays.

D’abord la représentante de la société de la société civile a rappelé au chef de l’Etat, qu’il y a environ quatre ans, qu’il a constamment reconnu et réaffirmé trois rôles fondamentaux à la société civile dans toutes ses composantes à savoir : la société civile favorise la participation des citoyens à la vie publique ; la société civile exécute des programmes et des opérations de développement ; la société civile milite pour le renforcement de certains groupes et pour les droits humains de la personne. Ainsi, rassure Geneviève Boko Nadjo, les acteurs de la société civile béninoise, ont pleinement pris conscience et engagent M. le président à jouer ces rôles avec plus de professionnalisme pour des actions de développement durables dans notre pays, le Bénin.

Pour la société civile, bien d’initiatives existent qui démontrent l’attachement au dialogue et à la paix sociale, du président Boni Yayi.

Seulement précise Dame Boko dans son allocution, force est de constater qu’au terme des diverses assises, les différents comités de suivi mis en place se sentent abandonnés par le gouvernement dans la mise en oeuvre des résolutions et des recommandations issues de ces fora, notamment en ce qui concerne les moyens financiers et les moyens matériels à mettre en place.

Dans ce registre, le comité de suivi sur le recentrage du concept de la société civile au Bénin se sent tout particulièrement victime de cet abandon.

En effet, souligne Geneviève Boko Nadjo si le Mcri n’a pas daigné doter le comité national de suivi ne serait-ce que de papier rame depuis près de 3 ans qu’il existe, il s’est par contre illustré dans le cadre de la validation de la charte nationale des Osc du Bénin, en s’engageant à appuyer le comité national de suivi pour un montant de la bagatelle somme de 5 millions de Fcfa. Mais ces engagements sont malheureusement restés impayés à ce jour. De même, note la représentante de la société civile dans son allocution, c’est avec regret que le comité national de suivi constate que les structures déconcentrées du Mcri ont tendance à fouler aux pieds, les recommandations du séminaire national de recentrage en appuyant la mise en place parallèle des cadres de concertation créant ainsi, une situation de confusion totale. Ce qui est d’ailleurs à l’origine de la situation conflictuelle qui caractérise la désignation du représentant de la société civile à la Cps-Lépi.

Geneviève Boko Nadjo a aussi attiré l’attention du chef de l’Etat, sur la nécessité de trouver des solutions idoines à certains dossiers qui ne cessent de créer la psychose au sein des populations et qui malheureusement ternissent l’image de notre démocratie chèrement acquise en février 1990. Il s’agit entre autres, a-t-elle mentionné :

De la tension politique et sociale qui caractérise la vie publique et dont le point nodal reste aujourd’hui, la problématique de la réalisation d’une Liste électorale permanente informatisée (Lépi) consensuelle et crédible ;

Du risque de la montée du clivage ethnocentrique et du régionalisme qui fragilise les bases de la paix sociale dans notre pays ;

Du recul en crescendo de la liberté de la presse béninoise dénoncé dans le rapport annuel de Reporters sans frontières ;

De la tension budgétaire qui met à mal les relations entre le pays et ses partenaires financiers quant à leur appui au budget 2010 ;

De la persistance du mauvais climat de travail à l’Assemblée nationale du Bénin ;

De la persistance de l’insécurité à laquelle les populations sont exposées avec à la clé des pertes en vie humaine et du sentiment quasi général, que la lutte contre la corruption n’a pas été effective.

Romaric Adjamonsi

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