Régime du changement : LES SYMPTOMES D’UN POUVOIR QUI S’USE

28 août, 2009 | Par | Rubrique : Société

boni yayi1Après trois années de gestion à la tête de la nation, l’ex président de la banque ouest africaine de développement ne rassure plus, tant les nobles objectifs contenus dans l’agenda pour un bénin nouveau buttent dangereusement contre les agissements inutiles de quelques thuriféraires du régime qui ont instauré le culte de la personnalité sur fond de pillage systématique des maigres ressources de l’Etat, en un véritable système de gestion. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la corruption n’a pas déserté le forum sous Boni Yayi et plusieurs faits édifient aujourd’hui. Il est une réalité indéniable que Boni Yayi affiche une réelle volonté de mettre le pays sur les rails de l’émergence. Mais l’autre réalité réside dans le fait que les bavardages inutiles ont fini par eu raison d’un concept qu’on a tôt fait de vider de son essence. Au finish, très peu de choses ont été réalisées depuis trois ans. On est en train de vouloir construire une nation moderne sur les décombres d’une société effondrée car la corruption que le changement a hérité et devant lequel, il se retrouve impuissant, est encrée dans les mœurs et aucun secteur de la vie socio-économique n’est épargné.

La marche verte organisée contre le fléau a très tôt pris l’allure d’un défoulement organisé. Comment un problème de société aussi inquiétant que la corruption peut être résolu à travers des gesticulations et autres déclamations ? Après le folklore organisé qui n’est qu’un simple ballet des hypocrites, la bouffe a commencé. Le dossier Cen-sad n’est que le grand arbre qui cache la forêt du pillage organisé par des cadres béninois, maître-chanteurs du changement. Et depuis que le camp d’en face désigné sous le pseudo d’opposition non déclarée a commencé par gloser devant caméras et micros avec à sa suite, les secrétaires généraux des syndicats, les hommes du changement paniquent. Résultat : Boni Yayi s’est lancé dans une course folle avec à ses côtés, une inspection générale d’Etat de plus en plus, instrumentalisée. Toutes les occasions sont ainsi bonnes, pour battre campagne dans l’optique de la présidentielle de 2011. On a donc laissé le terrain du développement pour se consacrer à la politique pure. Une erreur monumentale de l’homme du 06 avril 2006 qui a semble t’il, déjà oublié ce qu’il a promis au peuple.

Cette pré campagne précoce permet à toute la classe politique surtout celle qui se dit non déclarée, de verser dans du verbiage creux. On n’hésite même pas à se confondre dans l’injure systématique.

Adrien Houngbédji ne ménage pas du tout Boni Yayi dans ses rêves qui lui font voir des fantômes partout, au moment où papa et maman refusent de quitter les choses et se lancent dans une tournée sur fond de propos orduriers visant à mettre en péril, la nation que d’autres s’échinent à construire bon an mal an. En ce moment, l’autre gourou de Parakou et ses anciens amis d’hier, ne perdent plus aucune occasion, pour se tirer dessus. Et comme si cela ne devrait pas suffire, ceux qui sous Kérékou ont pillé les maigres ressources de l’Etat, veulent poser aujourd’hui comme des champions de la bonne gestion. La louche a remplacé la cuillère à café pour se servir sous le changement a professé naïvement l’autre renard au passé sombre parlant de la bonne gouvernance dans notre pays. Certains jeunes politiques encore au biberon, parlent de chauffeur à changer et de camion à conserver. Si le ridicule pouvait tuer !

Seulement et c’est bien de cela qu’il s’agit, les hommes du changement manquent de tactique pour affronter ces politiques qui complotent pour évincer Yayi en 2011. Et pendant qu’on y est, c’est le régime qui en sort certainement affaibli. On pourrait même parier le départ presque assuré de Yayi en 2011. Mais pour quel régime ? La question reste posée

René Lokotin

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