LA CHRONIQUE HEBDOMADAIRE DE GUIZOT
17 août, 2009 | Par lautrefrat | Rubrique : ChroniqueMORALISATION sous YAYI : A quoi peuvent encore servir certains conseillers ?
Boni YAYI a à la fois le pouvoir comme le droit de nommer qui il veut afin de l’aider à accomplir la mission à lui confiée par 75% de Béninois qui l’ont imposé, démocratiquement, à la totalité des sept millions et plus d’âmes. Constitutionnellement, il en a les pleins pouvoirs et personne ne peut l’en empêcher jusqu’à un certain soir d’avril 2011. Même si cela est vrai, il y a des actes successifs du chef de l’Etat béninois Boni YAYI qui rendent perplexes ses compatriotes ainsi que tous les observateurs de la vie politique de ce pauvre pays. Voilà un homme qui prône toujours l’émergence et la lutte contre la corruption et qui a par ailleurs marché spontanément un après-midi, sous un très chaud soleil pour fustiger ce fléau. Par contre, rien ne vient démontrer sa volonté de combattre ce mal de façon plus scientifique qui passe obligatoirement par le vote de la loi anti corruption et pro émergence. Au cours d’un dîner récent dans les locaux d’une représentation diplomatique, il nous a été donné de comprendre ce que les autres pensent de nous et de notre président. Le plus gros des reproches faits contre Boni YAYI est la pléthore de son équipe gouvernementale et de son cabinet civil. Nous répétons que le président YAYI est libre de nommer qui bon lui semble et combien l’esprit lui inspire.
Toutefois, il serait bien commode et plus acceptable que le nombre de ces deux catégories de personnes appelées à aider Boni YAYI soit dans la mesure. Quant à son équipe gouvernementale, il n’est un secret pour personne, que des départements ministériels ressemblent beaucoup à de grandes directions techniques qu’à un ministère. Or tout le monde sait ce que coûte un ministère au budget général de l’Etat. Le comble est surtout le nombre des repris de justice qui s’y trouvent. Certes, ils ne sont pas condamnés mais ils sont tous poursuivis. Pourquoi alors mettre NOUDEGBESSI à la disposition d’une simple commission ? Fut-elle créée par le président de la république, aucune commission ne vaut notre justice malgré ses faiblesses.
Le doute le plus sérieux et bien visible sur l’engagement de Boni YAYI à combattre la corruption vient du fait qu’il nomme au palais de la république des hommes et des femmes qui gèrent mal les administrations que lui-même leur a confiées depuis son arrivée au pouvoir. Et deux cas sont assez révélateurs de cette véritable incompréhension. Il s’agit des nominations de James SAGBO et de Mèmouna BABONI. Voici des cadres qui ont géré respectivement la douane et le CNCB (et ensuite la Loterie Nationale pour la dame). Pour une première fois dans l’histoire de cette administration, ce fut la première fois que l’ensemble du personnel s’est opposé à cette nomination. Pour corroborer leurs divers arguments, les disciples de St Mathieu évoquent le caractère de retraité de SAGBO. La suite est connue de tout le monde aujourd’hui à savoir que James SAGBO a effectivement échoué à ce poste où il était pourtant de retour. A ce jour, Boni YAYI semble ne pas vouloir savoir pourquoi James SAGBO s’est permis (en sa qualité de Directeur Général des Douanes et Droits Indirects) de signer une dérogation fantaisiste qui avait permis à la société SADELCOM LOGISTIQUES SA d’importer très frauduleusement des produits interdits sur le sol béninois. Pire, cette société qui a fait de fausses déclarations douanières jouit d’une « immunité cauris» et tous les coupables tournent autour de Boni YAYI. Mèmouna BABONI a connu un séjour « normal » au CNCB. Tous les récents dirigeants de cette entreprise l’ont marquée de leur macabre empreinte. Le CNCB a énormément souffert de certains contrats léonins que la plupart de ses dirigeants lui font signer. Le résultat en est que des milliards sont indûment empochés par des réseaux mafieux que Mèmouna BABONI n’a pu décourager. Sa gestion est fortement critiquée sans que Boni YAYI ne daigne écouter les fonctionnaires de cette entreprise rendue vache à traire des cadres d’une certaine partie du pays. Aujourd’hui, c’est sans crainte que James SAGBO et Mèmouna BABONI assistent fièrement le Dr Boni YAYI qui leur garantit une assurance tout risque.
