Chronique hebdommadaire de guizot : LE PRESIDENT ET SES ‘’BADAUDS’’ ?

10 août, 2009 | Par | Rubrique : Chronique

Dans son tout dernier entretien avec la presse, le chef de l’Etat a passé en revue l’actualité nationale sans négligence. Tous les domaines ou presque furent visités dans cet entretien qu’on peut aussi qualifier de ‘’One Man Show présidentiel’’. Les gestes et propos tenus par l’invité de cette émission surprenant plus d’un et certains n’hésitent pas à se demander si cette sortie a été bien préparée avec les confrères qui composent la cellule de communication du chef de l’Etat et dont les qualités ne sont plus à démontrer. Certes, certains ont des griefs contre quelques-uns de ces confrères. Mais ceux-là n’ont jamais remis en cause la compétence de ces derniers qui assistent quotidiennement le chef de l’Etat.

Mais chose curieuse et surprenante, les termes souvent utilisés par le premier magistrat pour désigner ou pour qualifier tel ou tel acteur de la vie nationale. Morceaux choisis : Soulé Mana LAWANI qui fut désigné de « ce garçon ». Quelques fonctionnaires de la BCEAO où YAYI et LAWANI avaient servi sont sous le choc. Pour la plupart, ils trouvent indécents ces propos qui frisent le manque d’humilité car, disent-ils, LAWANI fut recruté en qualité de cadre supérieur et a toujours servi dans l’institution sous régionale comme cadre émérite. Ce qui ne serait pas tout à fait le cas du Dr Boni YAYI. Que LAWANI ait démérité, au gouvernement, ne devrait pas être une excuse. Et comme une émission qui doit permettre aux Béninois de se rendre compte du changement psychologique au sommet de l’Etat, le président de la république désigne certains journalistes de … badauds.

Le terme est trop fort. Boni YAYI a toujours utilisé la disponibilité des hommes des médias, aujourd’hui comme hier. On pourrait même avouer qu’il y a une complicité entre lui et les professionnels des médias. Il sait combien les médias sont indispensables à toutes œuvres humaines et mieux encore aux actions d’un homme politique de sa trempe. Mais pourquoi découvre-t-il maintenant que ce sont des badauds ? Nous croyons que ces propos sont excessifs, or tout ce qui est excessif est insignifiant. Boni YAYI doit corriger ce tir qui risque de lui revenir au visage en pleine campagne, ce qu’on ne lui souhaite pas. Certains confrères avaient pris un risque extrême en le soutenant pour son plébiscite de 2006. Tous ses proches le savent bien et lui-même en est plus que conscient. Etaient-ils des badauds ou c’est après cette commune victoire qu’ils le sont devenus ? Ou bien faut-il être nécessairement à ses côtés pour ne pas être traité de badaud ? Il ne sera sûrement pas vain que le premier magistrat précise sa pensée.

Mais la surprise la plus désagréable provient de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication qui vient de manquer une occasion pour démontrer son indépendance vis-à-vis de l’exécutif. Déjà, nous redoutons que l’expérience du Colonel voisin attire notre président car les signes ne trompent pas. Tandja vient de mettre la presse, comme toutes les institutions de son pays, sous son propre contrôle. D’autres exemples du genre foisonnent en Afrique et on craint que Boni YAYI soit atteint à son tout par ce syndrome qui pousse à transgresser les lois de la République. Nul n’est méchant volontairement et il possible que les difficultés que rencontre actuellement le chef de l’Etat l’amène à surprendre davantage. Mais ce serait certainement plus compliqué qu’ailleurs.

Changement Oblige !

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