GENERAL MOTORS CHERCHE TOUJOURS A VENDRE OPEL… AU MIEUX
8 juil, 2009 | Par lautrefrat | Rubrique : EconomieLes esprits distraits en oublieraient presque que GM a déjà signé il y a un mois un accord prévoyant de vendre Opel à l’équipementier automobile canadien Magna. Mais l’accord n’est pas encore définitif, et, en attendant, le groupe américain cherche à obtenir des concessions supplémentaires de l’acheteur.
Les rumeurs sur d’éventuels repreneurs concurrents font partie de ce jeu tactique. Mais GM semble oublier que c’est le gouvernement allemand qui choisira le gagnant à la fin de la partie. Berlin a offert une garantie publique pour plus de 3 milliards d’euros de crédits à Opel et, dès la signature de l’accord avec Magna, fin mai, a fourni au constructeur un crédit-relais de 1,5 milliard d’euros pour l’aider à faire face à ses échéances.
Mais, même avec ces engagements, GM ne peut agir entièrement à sa guise : ce que Berlin a accordé peut toujours être repris.
Vu de l’autre côté du Rhin, Magna était un meilleur repreneur que Fiat, parce qu’il s’engageait à maintenir davantage d’emplois en Allemagne. GM, de son côté, préférait aussi l’offre canadienne parce qu’elle comportait un apport de cash, contrairement à la proposition de reprise du groupe italien. Mais le gouvernement allemand se préoccupe sans doute aussi de la viabilité à long terme d’Opel et de la crédibilité sur ce sujet des plans de reprise. On ne sait si Berlin considère comme crédibles les plans proposés par les autres candidats – RHJ, Beijing Automotive ou autres. Ce qui est certain, en revanche, c’est que les responsables politiques allemands verraient d’un très mauvais oeil toute tentative de brider à l’avance les possibilités de croissance d’Opel. Or c’est ce que GM semble exiger dans ses négociations avec Magna.
Déjà, Opel sera de facto interdit sur le territoire américain pour ne pas faire concurrence à son ancienne maison mère. Mais GM s’inquiéterait également pour le marché russe, et le groupe tenterait de limiter les transferts de technologie au motif que l’offre de Magna est largement financée par la Sberbank, la plus grosse banque de Russie.
Il est douteux que le gouvernement allemand accepte de financer un plan de sauvetage qui limiterait ainsi Opel à la fois sur le plus grand marché automobile du monde et sur l’un des plus prometteurs. GM a raison de défendre ses intérêts. Berlin aurait tort d’oublier ceux d’Opel.
LA CALIFORNIE AU BORD DU GOUFFRE?
Parmi les problèmes de finances publiques dans lesquels se débattent les pays qui interviennent pour stimuler l’économie et soutenir les banques, il en est un auquel peu d’attention est prêtée : celui des finances locales. Aux États-Unis, ce sont principalement 44 des 50 États qui sont en difficulté. Et parmi eux le plus grand, la Californie a atteint des limites dangereuses.
Privé de cash, le Gouverneur Arnold Schwarzenegger n’a d’autre recours que payer par reconnaissances de dettes. Vous me direz, cela n’est pas bien grave. Mais derrière cette mesure, se profile un problème financier majeur pour les entreprises qui travaillent pour la Californie, y compris par exemple, une entreprise qui fournit des repas aux prisonniers ou pour les contributions aux personnes âgées et handicapées.
Ayant reçu ces IOU (I owe you, qui se traduit par «je vous dois») ils n’auront qu’un recours, les escompter auprès de banques qui sont déjà gorgées de papier de l’État Californien. John Chiang lui-même, le «controller» de l’État annonce le commencement d’une année fiscale le 1er juillet, avec un «déséquilibre massif».
Le Gouverneur a été empêché d’effectuer une reforme du fonctionnement de l’État : comme nous l’avons vu dans le cas du fonds de pension de l’État de New York, les gouvernements et parlements des États sont très souvent corrompus. Il a en tout cas annoncé que tant que la réforme de l’État n’est pas mise en place, il refusera une augmentation des taxes. Il espère que les nuisances de la situation donneront aux électeurs californiens, en majorité républicains comme leur Gouverneur, un sursaut de civisme qui forcera leurs représentants à accepter une reforme que la Californie attend depuis un quart de siècle. Il faut dire que la taille du déficit pour cette année atteindra les $ 26 milliards sur un budget total de $ 100 milliards. La menace de fermeture de six parcs nationaux qui en période de vacances sont le lieu privilégié de millions de vacanciers a amené l’Etat fédéral à décider de les prendre en charge. Mais ce chantage ne marche pas à tous les coups. Il serait par compte utopique d’espérer que Républicains et Démocrates se mettent d’accord avant la date butoir du 30 juin. On est donc sur un terrain aussi glissant que difficile. Or chacun(e) savait que le retard à lui seul aurait comme conséquence une augmentation du budget de $ 2 milliards. Il faut dire que la réglementation californienne impose une majorité des deux tiers pour le passage du budget, ce qui est virtuellement impossible. Tout dépendra de l’attitude des banques et du prix auquel elles seront prêtes à escompter les reconnaissances de dette de l’État, et a quelles conditions. Bank of America qui est californienne a l’origine a déjà déclaré qu’elle accepterait d’escompter ces titres, mais sans se prononcer sur les taux d’intérêt. Cela pourrait créer un marché secondaire en IOUs, fournissant indirectement la liquidité nécessaire à l’État. Mais on n’en est pas la. En attendant un vendredi par mois, le secteur public californien sera fermé et les californiens…a la plage sans doute.
De toute façon la Californie ne tombera pas en faillite, malgré le fait que le risque que l’Etat soit en cessation de paiement de ses obligations. Les agences de notation se préparent a diminuer la note de la Californie qui est déjà l’Etat le plus mal noté.
Julien Clerc doit etre decu du désastre de «sa» Californie, le huitième État du monde tous pays confondus…Il est évident que la crise des États américains va maintenant avoir un impact sur les finances fédérales.
