Football : L’IRAK RELEVE LE DEFI DE LA COUPE DES CONFEDERATIONS
17 juin, 2009 | Par lautrefrat | Rubrique : Actualité nationale, SportDix des vingt-trois joueurs de l’équipe évoluent en Irak et sept au Qatar, dont la star, l’avant-centre Younis Mahmoud. Les autres se répartissent entre l’Iran, les Emirats arabes unis, le Liban ou encore la Libye. Deux joueurs évoluent en Europe : Hawar Mohammed, qui est devenu le premier Irakien à disputer la Ligue des champions avec le club chypriote de Famagouste, et Nashat Akram, qui a signé à Twente aux Pays-Bas pour la saison prochaine.
UN GLOBE-TROTTER À LA TÊTE DE L’ÉQUIPE
L’Irak avait remporté à la surprise générale la Coupe d’Asie 2007 en battant l’Arabie saoudite en finale, sur un but du meilleur joueur de la compétition, Younis Mahmoud. Puis les résultats se sont dégradés. L’Irak n’ira pas à la Coupe du monde 2010, la Coupe du Golfe a été médiocre et le sélectionneur brésilien Jorge Vieira a été limogé. C’est le globe-trotter Bora Milutinovic qui a relevé le challenge. Ancien sélectionneur du Costa-Rica, des Etats-Unis, du Nigeria ou encore de la Chine, le Serbe a été le dernier entraîneur à affronter l’Irak en phase finale de Coupe du monde. Ce fut en 1986 au Mexique avec l’équipe locale, pour ce qui reste la seule participation irakienne à une Coupe du monde. Milutinovic réside une partie de l’année au Qatar. C’est d’ailleurs là-bas que l’équipe a préparé pendant trois semaines la compétition. Mais le Serbe n’a pas hésité mi-avril à se rendre à Bagdad pour signer son contrat et également superviser des matchs du championnat local. Quand on lui demande l’objectif de l’Irak à la Coupe des confédérations, fidèle à son tempérament de gagneur, le baroudeur n’hésite pas : « C’est du sport. Il faut toujours avoir le plus grand objectif, à savoir gagner. Mais nous avons conscience de la supériorité de l’Espagne, du Brésil ou de l’Italie. » L’Irak sera justement opposée à l’Espagne au premier tour, puis affrontera la Nouvelle-Zélande et l’Afrique du Sud.
« UNE VRAIE AVENTURE »
Dans un pays en guerre depuis 2003 et le début de l’intervention américaine, la victoire de 2007 avait été célébrée dans une liesse indescriptible. L’équipe nationale réussit le tour de force d’associer joueurs d’origine kurde, des musulmans sunnites et chiites. « Ce sont des Irakiens, seulement des Irakiens. Ils sont joyeux à l’entraînement et restent discrets sur la politique, et moi je ne m’inquiète pas de ça, je m’inquiète de les préparer », déclare Bora Milutinovic à ce propos. Ce dernier se fait lyrique lorsqu’il évoque son expérience irakienne : « Il faut aller là-bas pour voir la passion incroyable que les Irakiens ont pour le football. Le public va voir les matchs de championnat, malgré les nombreuses restrictions, les contrôles. C’est difficile de comparer, mais il y a ici une vraie, vraie passion pour le football, un peu comme à l’Ajax (Amsterdam) ou à Séville. » « Ça c’est une vraie aventure, ma plus belle », conclut-il.
Anthony Hernandez
