Économie : CONFLITS SOCIAUX

17 juin, 2009 | Par lautrefrat | Rubrique : Actualité nationale, Economie

Chez Osram, 108 personnes sont menacées de perdre leur emploi pour avoir refusé une baisse de leur salaire

Pour avoir refusé une baisse de leur salaire, 108 personnes employées par le fabricant d’ampoules Osram risquent de perdre leur emploi. Lundi 8 juin, lors d’une réunion extraordinaire du comité d’entreprise (CE), la direction a annoncé « la mise en place d’un plan social qui touche ces 108 salariés », rapporte un porte-parole de la société. Cette filiale du groupe allemand Siemens emploie quelque 800 personnes en France, dont environ 650 à Molsheim (Bas-Rhin). Il y a quelques mois, Osram avait demandé à ses personnels de se serrer la ceinture. Aux cadres, elle avait proposé une suppression graduelle des journées de RTT – mais les syndicats s’y sont opposés. Les non-cadres, eux, avaient été invités à accepter une réduction du taux horaire de leur salaire de 12,5 % sur trois ans ; ils avaient un mois pour se prononcer sur cet avenant à leur contrat de travail. Finalement, un peu plus de cent personnes ont dit non. Ce projet d’entreprise est lié à une directive européenne qui ordonne l’arrêt de la fabrication de lampes à incandescence en plusieurs étapes d’ici à 2012. Or l’usine de Molsheim produit ce type de biens. La direction a donc décidé de redéployer son activité vers d’autres marchés tout en cherchant à améliorer la compétitivité du site alsacien. Ceux qui n’ont pas voulu subir une diminution de leur paye peuvent encore se raviser : le plan présenté le 8 juin prévoit des offres de reclassement au sein du groupe, assorties de cette même baisse de salaire. « Si l’on propose des postes aux « 108″, cela veut dire que le plan social n’est pas justifié par un motif économique, observe Isabelle Astié, secrétaire (FO) du CE et déléguée syndicale. La direction cherche uniquement à gagner de l’argent sur le dos des salariés. »
PRESSIONS
Une majorité du personnel de production a accepté de rogner sur son gagne-pain parce que des pressions ont été exercées, selon Mme Astié. Faux, rétorque un porte-parole d’Osram. « L’encadrement a essayé de montrer le bien-fondé de la démarche », plaide-t-il. Tout s’est déroulé « dans la transparence » et sur la base du volontariat.
A l’automne 2008, confronté à un recul de son chiffre d’affaires, le tour opérateur Donetallo avait demandé à ses collaborateurs d’accepter une diminution (temporaire) de salaire et du temps de travail, faute de quoi ils seraient licenciés (Le Monde du 17 février). En avril, le constructeur d’ordinateurs Hewlett-Packard France avait présenté des mesures d’économie qui envisageaient des baisses de rémunération. Mais la direction avait précisé qu’elle ne procéderait à aucun licenciement économique en cas de refus. Idem chez le loueur de voitures Hertz, où ce sacrifice a été réclamé aux cadres pour une période de trois mois, à condition qu’ils soient consentants.
Bertrand Bissuel

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