Prix du lait : Un compromis difficile à trouver
5 juin, 2009 | Par lautrefrat | Rubrique : Actualité nationale, EconomieLes négociations sur le prix du lait entre les producteurs laitiers et les industriels ont échoué une nouvelle fois dans la nuit de mardi à mercredi. Les éleveurs n’ont pas obtenu la revalorisation du prix du lait qu’ils espéraient. Le gouvernement tente de sortir la filière du conflit. Le ministre de l’Agriculture, Michel Barnier, se dit «prêt à accompagner» la trésorerie des producteurs laitiers qui seraient fragilisés par la chute de leurs revenus.
Le scénario de jeudi dernier s’est donc reproduit. Malgré douze heures de négociations, les représentants de la filière du lait ne sont pas parvenus à se mettre d’accord sur un prix global annuel pour 2009. Les producteurs laitiers qui avaient baissé la semaine dernière leurs prétentions de 305 à 290 euros, sont restés fermes. Ils réclament 290 euros pour 1 000 litres de lait afin de faire face notamment à l’augmentation de 15 à 20% de leurs charges. De leur côté, les industriels ont accepté d’augmenter leur prix de 267 à 276 euros pour 1 000 litres. Ils font valoir la chute des cours de produits comme le beurre ou bien encore la poudre de lait. «Des positions encore trop éloignées», selon la Fédération nationale des producteurs laitiers (FNPL). La colère des éleveurs est telle que des incidents à proximité des laiteries industrielles risquent d’éclater. Ces derniers jours, les producteurs ont, en effet, multiplié les manifestations dans toute la France, dans les hypermachés ou devant le siège du géant Lactalis, numéro un français avec plus du quart de la collecte du lait en France.
Abandon du prix de référence interprofessionnel
Cette situation de blocage sur le prix du lait dure depuis un mois. C’est la baisse unilatérale de 30% du prix payé par certains industriels qui a déclenché la colère des producteurs. Jusqu’à présent les producteurs, les industriels et les coopératives s’entendaient tous les ans sur un prix moyen du lait en France, ce qui permettait de lisser les variations des cours mondiaux de la poudre de lait ou du beurre.
Mais ce système mis en place il y a dix ans a été dénoncé par la direction de la concurrence en France, l’an dernier. Cette décision du gouvernement intervenait alors que les cours mondiaux étaient encore très hauts après une pénurie de lait exceptionnelle, et dont les éleveurs ont bénéficié pendant six mois. Aujourd’hui c’est l’inverse, les cours se sont effondrés. Or, l’an dernier, on avait fortement encouragé les éleveurs à produire en augmentant les quotas au niveau français et européen. D’où une surproduction aujourd’hui, et la dégringolade des prix.
Renouer le dialogue
Le ministre de l’Agriculture a appelé à une «poursuite des discussions dans les tous prochains jours» entre industriels et producteurs. Michel Barnier a reçu les deux parties, mercredi après-midi, pour renouer le dialogue. Il y a, en effet, urgence à aboutir à un accord. La FNPL agite la date butoir du 5 juin 2009, date à laquelle les entreprises vont commencer à payer le prix du lait collecté en mai.
Si les éleveurs le trouvent insuffisant, il y fort à parier que la base réagira violemment. L’un de leurs représentants envisageait de bloquer les centrales d’achat pour empêcher le lait d’arriver jusqu’au consommateur. D’où l’empressement du gouvernement à la veille des élections au Parlement européen. Le ministre de l’Agriculture, Michel Barnier, s’est dit, mercredi, «prêt à accompagner» la trésorerie des producteurs laitiers qui seraient fragilisés par la chute des prix du lait.