REBONDISSEMENT DANS L’AFFAIRE EX-IGS / MINISTRE DES FINANCES : Le Colonel Prosper EZIN limogé pour avoir découvert de « choses »

12 mar, 2009 | Par | Rubrique : Manchette

soule-mana-lawani

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Suite à la publication de notre article sur le limogeage brutal et non motivé du colonel Prosper EZIN, notre rédaction ne cesse d’enregistrer des messages et des informations concernant ce cas qui demeure une épreuve pour tous les fonctionnaires de l’administration des douanes béninoises. Pour la plupart, ils se demandent s’ils peuvent encore exercer correctement leur métier.

Arthur SETONDJI

La situation porte un nom : l’injustice. De tous ceux qui nous ont appelés durant le long week-end écoulé, on retient malheureusement que la mise au garage de l’ex Inspecteur Général des Services de la Douane est le fruit d’un montage grossier qui n’a absolument rien de sérieux.

Comme nous le faisions remarquer sommairement déjà, le colonel Prosper EZIN, à quelques mois seulement de sa retraite administrative, a été victime de la méchanceté gratuite des hommes.

Consciemment ou inconsciemment, le ministre Soulé Mana LAWANI a commis un tort et un précédent grave en prenant cet arrêté dégradant contre un fonctionnaire émérite de l’administration des douanes qui n’a fait qu’accomplir sa mission et rien de plus. Mais qu’est-ce qui a pu motiver une si lourde injustice contre ce haut cadre des douanes, est-on obligé de se demander.

Prosper EZIN a tort d’avoir, tôt, raison.
Des sources dignes de foi, on apprend que lors d’une série de descentes formelles dans certains démembrements de l’administration des douanes, l’ex IGS, Prosper EZIN, a découvert des irrégularités qui donnent à réfléchir sur la manière dont fonctionne sa corporation.

Par exemple, lors de la descente de l’Inspection Générale des Services au Service Régional de Lutte contre la Fraude de l’Atlantique et du Littoral, dirigé par un très proche du président Boni YAYI, le constat est assez décevant. Absentéisme chronique du premier responsable du poste pour des raisons souvent non justifiées et que certains expliquent de façon simpliste par les responsabilités de ce chef de service qui fait également office de conseiller du chef de l’Etat en matière douanière.

Mais comment peut-on conseiller un chef d’Etat lorsqu’on se rend parfaitement incapable de diriger, avec efficacité, un service aussi névralgique ? Mieux, il s’est également révélé au cours de cette sortie de l’IGS au SRLCF (Atlantique/Littoral) que ce conseiller du président Boni YAYI fait preuve d’une incroyable légèreté dans ses responsabilités administratives et cela se caractérise par la non signature fréquente de rapports d’activités.

Toujours dans son souci de permettre au gouvernement du changement de gagner le maximum de recettes par l’administration douanière, l’IGS, sous la houlette de Prosper EZIN avait mis le cap sur le Port de Cotonou où se passent quotidiennement des choses simplement inouïes.

A la brigade des lieux et principalement aux services écor et escortes des marchandises (vers les pays de l’hinterland et du Nigéria), une seule remarque en dit assez sur les nombreux et inimaginables dysfonctionnement qui se perpétuent au Port de Cotonou sans que le ministre « limogeur » ne trouve rien mais absolument rien à dire et à faire. En effet, des matériels ultra sensibles comme les macarons et le plomb sont obtenus sur cotisations personnelles des agents en service.

Alors, comment ne laisser de côté la déontologie pour se remplir facilement les poches ? Il s’en suit par voie de conséquence que le fait doter cette structure administrative de matériels sur fonds personnels crée nécessairement des déviances qui engendrent des pertes énormes pour le trésor public. De l’avis d’un douanier retraité que nous avons interrogé, ces pratiques ayant cours dans le milieu douanier doivent provoquer des désordres comme le manque de chronologie entre les numéros etc.

Sur les axes routiers, le constat n’est pas non plus à la satisfaction des inspecteurs qui ont découvert que des collègues vont parfois sur les routes en singleton ou quand ils sont en nombre requis manquent cruellement du Bulletin de Service qui est ici synonyme d’ordre de mission. Au port sec de Maersk Line, à zongo, les douaniers abandonnent leurs supplétifs communément appelés des « Klébés » pour accomplir les tâche en leurs lieu et place. Eux-mêmes se reposant à l’ombre en attendant les fameux « CR » c’est-à-dire les comptes rendus.

Inspection du Dépôt Douanes Port :
véritable source des ennuis de l’ex IGS Prosper EZIN
Afin de bien comprendre les ennuis présents du colonel Prosper EZIN, il faut comprendre comment fonctionne le dépôt douanes port de Cotonou. Ce service dépend officiellement et directement du receveur des lieux qui est sous tutelle du Directeur Régional des départements de l’Atlantique et du Littoral.

Or, de très bonnes sources indiquent que l’actuel DRAL exerce une pression permanente sur le chef du dépôt. Ce comportement loin d’être une violation des textes en vigueur n’en constitue pas moins des sources d’inquiétudes légitimes pour qui connaît les intérêts en jeu au dépôt douanes du port de Cotonou.

Et c’est bien ce qui va amener plusieurs voix autorisées à se poser des questions, somme toute pertinentes, sur les contacts tous azimuts entre le chef de ce dépôt et son supérieur hiérarchique qu’est le DRAL, souvent sans l’intervention du Receveur Douanes Port de Cotonou. En termes clairs, le DRAL a créé une sorte de relation horizontale trop poussée entre lui et le chef du dépôt douanes Port de Cotonou.

De plus, l’IGS se devait d’aller voir ce qui se passait au dépôt douanes Port de Cotonou parce que beaucoup d’importateurs se plaignent également de la manière dont leurs marchandises sont saisies et bradées à des « amis ».

Faut-il rappeler à ce stade de l’analyse que normalement, une marchandise bénéficie de 15 jours de franchise qui pourraient déboucher sur la saisie après 120 jours, conformément à l’article 198 du code des douanes. Cela est, d’ailleurs, une disposition communautaire. Mais contrairement à ces prescriptions légales, toujours en vigueur, les marchandises saisies par l’administration douanière ne sont plus vendues aux enchères publiques.

Parfois, il arrive facilement que des marchandises fassent l’objet de saisie parfaitement illégale parce que n’étant pas tombées sous le coup de la loi. Bien évidemment, ce ne sont pas des citoyens ordinaires comme vous et nous qui s’offrent ces marchandises de grandes valeurs en douanes mais cédées contre des peccadilles. Au détriment du trésor public.

Les acquéreurs de ces marchandises sont des personnes proches de certains milieux douaniers et avec un degré raisonnable de certitude, on sait aussi qu’une dame très respectable et respectée dans l’actuel système vient se faire une fortune formidable au dépôt douanes du Port de Cotonou.

D’où les remarques et initiatives de l’IGS, conduite par le colonel Prosper EZIN, sont considérées au ministère des finances comme des comportements marginaux et susceptibles de déranger de gros intérêts mafieux. 

D’ailleurs, beaucoup de choses sont à redire sur comment s’opèrent les saisies au dépôt douane du Port de Cotonou. Normalement, une saisie au dépôt est faite sur la base du numéro de chaque conteneur. Or ce qui se passe actuellement au dépôt douanes du Port de Cotonou ressemble davantage à du vandalisme en col blanc qu’à un service bien fait.

Voilà des administrateurs des douanes qui déclarent des saisies pour le compte du dépôt des douanes en mentionnant uniquement le numéro du Connaissement (titre de transport) au lieu de mentionner ceux des conteneurs. Cela doit normalement coûter des sanctions pénales car constitutif de délits assez graves donc préjudiciables pour le trésor public.

Mais ces prédateurs prétendent agir pour le changement et prépareraient donc les futures échéances. Dans aucun pays, le numéro du Connaissement ne doit jamais être substitué à ceux des conteneurs pour la simple et unique raison qu’en qualité de titre de transport, un Connaissement peut comporter plusieurs numéros de conteneurs (le nombre est indéfini).

Se comportant ainsi qu’ils le font régulièrement au dépôt douanes du Port de Cotonou, on peut donc imaginer les énormes pertes qu’occasionnent certains hauts gradés des douanes béninoises au budget de l’Etat.

Pour l’heure, l’ex Inspecteur Général des Services douaniers béninois, Prosper EZIN, est limogé pour avoir découvert ces choses et beaucoup d’autres qui dérangent. Le ministre Soulé Mana LAWANI doit alors réhabiliter ce cadre qui a eu le courage de vouloir permettre au gouvernement du changement de récupérer ce qui doit revenir dans les caisses de l’Etat.

Quant au président Boni YAYI, le cas EZIN doit le préoccuper puisque cette injustice est diversement appréciée dans l’opinion. Si, pour certains, cet officier est limogé parce qu’il pas de parrain politique, d’autres estiment avec véhémence que ce limogeage n’aurait jamais été effectif si le colonel Prosper EZIN était d’une autre ère culturelle ou d’une origine géographique au Bénin.

A suivre

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