Rencontre inopportune entre Yayi-kérékou et le G13 : Le changement au carrefour de la diversion

26 Nov, 2008 | Par | Rubrique : A la une

(Où est donc l’émergence promise au peuple ?)

Le régime du changement incarné par le président Boni Yayi empreinte de plus en plus, des chemins tortueux qui assurément, ne conduira par le Bénin sur la voie de l’émergence promise au peuple. La crise politique née des ambitions démesurées de certains affairistes,  de contrôler des secteurs importants de l’économie nationale à l’image de l’activité de regroupement et d’escorte des véhicules d’occasion,  fait courber le régime du changement et son chef soucieux lui,  de rempiler en 2011.

On commence donc, par déchanter sérieusement après deux et demi seulement de gestion. C’est le moins que l’on puisse dire,  au regard de ce conclave entre le G13 et Boni Yayi sous l’œil vigilant de l’ancien chef de l’Etat, le général Mathieu Kérékou.

Même si rien de manière officielle n’a filtré de cette rencontre, l’on imagine aisément, le point focal des discussions entre les différentes parties. Le  général Mathieu  Kérékou dans la logique de la décrispation de la tension  politique actuelle, a demandé à son successeur Boni Yayi, de ramener la balle à terre en concédant au club des 13, un certain nombre d’avantages, dont l’activité florissante du regroupement et d’escorte des véhicules d’occasion.

On se rappelle que sous le régime de ce même Mathieu Kérékou, cette activité a été gérée par le groupe Défi emploi jeune patronné par un de ses rejetons. Le bilan, tout le monde le connaît et il serait inutile de revenir là-dessus, tant la gestion a été on ne peut plus, des plus catastrophiques. On est donc sur le point de revenir à l’ancien système de gestion des biens publics,  où des secteurs clés sont abandonnés dans la main de quelques félons qui en font à leur aise au détriment des populations.

De ce conclave entre Yayi-kérékou et les barons du G13,   le peuple n’a visiblement  rien a y tiré. Le président Boni Yayi, lentement mais très sûrement, galvaude ainsi le changement en s’entourant de personnes très peu recommandables pour l’émergence de ce pays. Les masses laborieuses des villes et campagnes sont donc prises une fois de plus, entre l’étau des intérêts égoïstes de quelques politiciens véreux qui font la loi dans la République.

En se ridiculisant ainsi, Boni Yayi met toute son équipe dans une position inconfortable (Les  propos du porte parole du gouvernement sont encore frais dans la mémoire collective) et prouve à quelques exceptions près, qu’il n’est pas différent outre mesure, de tous ceux là qui ont ruiné,  et contribué à ruiner la nation depuis les premières heures de l’indépendance.

La gouvernance concertée érigée en système de gestion est en définitive,  mal interprétée dans les faits,  par ceux là même qui l’ont inventée. Comment donc,  l’émergence promise au peuple se réalisera si tous les appétits gloutons doivent être satisfaits dans un pays où la plupart des béninois continuent  de croupir dans une misère ambiante et honteuse ?  La question reste posée. 

Le changement est sans aucun doute, au carrefour de la diversion et cela peut coûter cher à son chef qui risque de connaître en 2011, le même sort que l’actuel maire de la ville de Cotonou en 1995.  La nécessité s’impose donc,  de corriger le tir et de prouver aux béninois, qu’ils ont voté utile en 2006.

Romaric Adjamonsi

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