Dérive sous l’ère du changement :Ils réduisent les chances de Yayi pour 2011
22 oct, 2008 | Par lautrefrat | Rubrique : A la uneLe congrès de refondation des Forces cauris pour un bénin émergent (Fcbe) a clairement annoncé pour 2011, la candidature de l’actuel président de la République.
Thomas Boni Yayi à mi-parcours de ce mandat présidentiel à lui accordé par le peuple en 2006, nourrit donc de sérieuses ambitions, pour succéder à lui-même, au terme du prochain scrutin qui aiguise déjà les appétits les plus voraces, des acteurs à divers niveaux, de la classe politique nationale. A l’heure du bilan, on se demande ce que, l’ex président de la Boad servira à ce peuple car, des dérives sont à mettre, à l’actif de ce concept de changement véhiculé depuis Avril 2006.
Et ils sont nombreux, ces hommes du pouvoir actuel, qui réduisent chaque jour, les chances de Boni Yayi pour 2011. Entre la multiplicité des annonces et la prise de mesures réelles qui améliorent les conditions de vie des béninois, il y a un contraste qui s’est établi et montre l’incapacité du gouvernement, à bien gérer les affaires publiques
Roger Gbégnonvi
Le vieux professeur de lettres à l’Université d’Abomey Calavi a décidé depuis quelques semaines, de mettre le gouvernement de Boni Yayi en spectacle. Un spectacle qui en définitive, fait plus de mal que de bien, au régime du changement dans la ligne droite, de la réalisation des objectifs consignés dans l’Agenda pour un Bénin émergent dont un pan important, est la lutte contre la corruption. Car, le professeur a fait économie de vérité.
Quelle mouche a donc piqué le professeur Roger Gbégnonvi qui a décidé de manière unilatérale, de porter sur la place publique, un dossier de malversations qui en réalité, ne ressemble à rien du tout.
En jetant son dévolu sur un des cadres de son ministère qu’il aurait surpris dans un bal où des ordres de mission fictifs sont établis, Roger Gbégnonvi a manqué de délicatesse pour rassurer l’opinion publique nationale, dans ce dossier qui a plutôt l’air d’un règlement de compte. Gbégnonvi a-t-il finalement eu peur devant caméra et micro, quand il s’est agit, de révéler le nom du cadre qu’il accuse ?
Tout porte à le croire, car le professeur a semblé pris rendez vous avec l’autre griot, chantre auto-proclamé, de la lutte contre la corruption, pour discréditer le gouvernement et mettre Yayi dans une position inconfortable. D’ailleurs, la célèbre phrase a été vite lâchée et de Boni Yayi, on dit qu’il est quasiment le seul, à croire à son changement. Une chose est certaine, l’actuel président de la République a besoin des hommes politiques de poids, pour espérer une victoire en 2011.
On voit mal ce que Gbégnonvi peut apporter à Yayi dans ce sens car l’homme n’a aucune assise électorale donc politiquement sans importance. Le congrès de Refondation des Fcbe aurait dû prendre en compte, cet aspect des choses car en face, les amis d’hier complotent pour infliger une raclée à Yayi en 2011. Le chef de l’Etat doit ainsi prendre ses responsabilités et composer véritablement avec les hommes profondément encrés dan le changement.
Galiou Soglo :L’actuel ministre des sports se trompe visiblement de combat et prend le changement de Yayi à l’envers. Dans la crise née ces derniers temps et qui a abouti à la triste décision du ministre, de dissoudre certaines fédérations dont celle de l’athlétisme présidée par Théophile Montcho, il y a beaucoup de non dits et assez de maladresses qui confirment qu’autour de Yayi, l’égoïsme, le culte de la personnalité et les incantations constituent le leitmotiv de certains de ses collaborateurs. Les langues continuent de se délier pour désapprouver la décision du ministre.
C’est de la même manière qu’autour du sport Roi, on s’époumone inutilement, pour des résultats qu’on devrait passer au scanner afin de se rendre compte que les Ecureuils, ce n’est pas encore du solide. Quelques victoires engrangées sans véritablement convaincre, ont vite fait de mettre les sots en transe avec pour corollaires, des incantations ici et là. L’élimination des juniors corrigés à Cotonou par une vaillante équipe malienne et la contre performance des seniors à Kampala ramènent quelques uns à la réalité prouvant du coup, que le travail doit être renforcé.
La mafia du football a d’ailleurs fait parler d’elle avec le retour imposé au coach français Michel Dussuyer, d’un vieillard dont les jambes ne répondent plus sur l’aire de jeu. Et comme si cela ne devrait pas suffire, le ministre Galiou Soglo encore lui, sort une dénomination fantaisiste pour le team national. ‘’Les Panthères émergents’’, le nom est vite trouvé car c’est la seule imagination d’un homme qui se concrétise ainsi.
Le changement et ses incantations mettent véritablement Yayi en mauvaise posture et demain pourrait être trop tard, pour ramener le peuple, dans le bateau du changement. Pour ce qui est qui est de Galiou Soglo, Yayi n’a rien a tiré d’ailleurs, de cette collaboration. L’homme n’a pas une assise politique et le voilà au coude à coude avec son parti originel, la Renaissance du Bénin.
Bio Sina Gounou
Le ministère de la réforme administrative et institutionnelle (Mrai) transformé en une simple direction technique sous tutelle du ministère de la fonction publique donnera plus de visibilité au régime du changement dans la lutte pour faire de l’administration béninoise, une véritable administration de développement dans le renforcement des institutions de la République.
L’avènement de Bio Sina Gounou à la tête de ce département ministériel qu’il faudra à tout prix supprimer maintenant, ne suscite aucunes réformes sérieuses pour sauver l’administration béninoise du danger permanent auquel elle se trouve confrontée et qui fait que les actes attendus, pour accompagner Yayi et le changement sont à la traîne. Un ministère qui dort à défaut de prononcer des incantations.
C’est ni plus ni moins, ce à quoi ressemble aujourd’hui, le Ministère de Bio Sina Gounou que la plupart des béninois ont du mal à reconnaître. Que fait encore Yayi avec le MRAI et Bio Sina Gounou ? La question reste posée et tend à donner raison à ceux qui traitent le gouvernement, de ventilateur. Le Mrai doit revenir à un statut de simple direction technique pour éviter au changement, de gaspiller les maigres ressources de l’Etat.
Grégoire Akoffodji
On avait de réelles raisons de croire, à la bonne santé des structures en charge du contrôle des produits sur nos marchés quand Massiyatou Lauriano ancien ministre de l’industrie et du commerce a entrepris des réformes profondes dans ce sens. Mais depuis l’arrivée de l’actuel ministre qui continue de faire regretter aux béninois son prédécesseur Moudjaïdou Soumanou, la poudrière a repris son droit de cité. Des bouteilles rouillées de la Sobébra pour ne citer que ce seul exemple, inondent le marché et tout se passe sans que ces structures de contrôle de la qualité ne lèvent le petit doigt.
C’est dans cette situation qui met la santé des populations au carrefour des maladies de toutes sortes, qu’une fête dite de la bière décrétée par cette même société fait actuellement grand bruit sur toute l’étendue du territoire national. On prend rendez vous pour décimer la jeunesse par l’alcool dont les effets néfastes pour la santé ne sont plus à démontrer. On veut faire du bénin, un état alcoolo-dépendant par ces temps dits de changement où le chef de l’Etat mise sur les jeunes pour relever le défi d’un bénin économiquement émergent.
Et c’est paradoxalement cette même jeunesse, que l’on affaiblie par l’alcool afin de sceller définitivement l’avenir de la nation. Où est passé Grégoire Akoffodji ministre de l’industrie et du commerce ? La réponse est simple. L’homme n’a rien a reproché à la Sobébra et ses autres collègues n’en voit aussi aucun inconvénient pour ce qui atteste inévitablement, de la lente déconstruction du modèle béninois.
Romaric Adjamonsi