SUPPOSE GOUVRNEMENT D’OUVERTURE : YAYI pourra-t-il sacrifier le changement ?

8 Sep, 2008 | Par | Rubrique : Manchette

Fidèles à leur habitude, les Béninois sont devenus, en l’espace de quelques mois, des Saints Thomas qui attendent de voir comment aboutiront les négociations entre le gouvernement de Boni YAYI et les soi-disant opposants au changement. Cette attitude tient surtout du fait que le mot changement n’est pas un slogan inventé par l’ex candidat à la présidentielle de 2006 mais un concept voulu par les Béninois et qui doit atteindre ses nobles idéaux.

 

René LOKOTIN

 

C’est désormais incontestable, Boni YAYI est entre le marteau et l’enclume car il est sous le feu nourri de ses maîtres chanteurs que sont certains acteurs de la classe politique béninoise (une minorité assez marginale) qui attendent de s’offrir les dépouilles du changement en participant à la gestion active du pouvoir suprême confié par le peuple à l’actuel chef d’Etat.

 

De l’autre côté, ce même peuple attend pour voir comment se comportera son chef face à cette race d’hommes qui ne veulent, apparemment, rien comprendre de la lassitude du peuple qui tient à mettre un terme bien définitif à la corruption, l’incivisme fiscal, le viol des lois, la criminalité économique, la concussion, la prévarication, la gabegie et leur cortège de misères.

 

Exercice bien compliqué pour un économiste éloigné des méandres de cette catégorie d’individus qui ne pensent jamais à la patrie mais qui cultive l’individualisme à outrance.

 

Face à ce dilemme, Boni YAYI n’a vraiment pas droit à l’erreur. Il lui suffit d’être fidèle à ses promesses de campagne qui coïncidaient curieusement avec les aspirations profondes du peuple béninois qui a marre de certains de ses propres enfants venus d’où personne ne sait.

 

On a souvent envie de se demander si ces Béninois se considèrent réellement comme tel. Aujourd’hui, on découvre le vrai visage de ces messieurs qui donnent franchement de la voie mais malheureusement pour ne revendiquer que des intérêts absolument individuels pour ne pas dire personnalisés. Le cas le plus palpable est caractérisé par les potentats du groupe dénommé G13. Voici des hommes politiques ou appelés ainsi qui n’ont jamais exigé du gouvernement des revendications d’intérêt général.

 

En réalité, les populations se posent désespérément la question de savoir si elles existent pour ce G13 qui brille par ses tapages à travers le pays sans convaincre personne sur le bien fondé de ses agitations, souvent sordides. Aujourd’hui que le chef du gouvernement semble vouloir leur offrir l’opportunité de venir servir le peuple en entrant au gouvernement, on apprend de sources échappées mais généralement crédibles que ce groupe exigerait en plus de portefeuilles ministériels la latitude de gérer à leur guise tous les départements ministériels qui leur seront confiés.

 

C’est là que le président doit comprendre que le vrai problème des ces hommes n’est que de participer à sa gestion du pouvoir d’Etat mais en causant, une fois encore, plus de tort à ce peuple qui a déjà tant souffert de ces mêmes types.

 

D’ailleurs, la liste de tous les membres composant le G13 n’inspire rien de bon et d’encourageant car tous, à part quelques rares exceptions, ont laissé aux Béninois des souvenirs macabres. Parmi eux se trouve des repris de justice, des délinquants fiscaux incurables, des corrompus connus dans certaine régie financière du pays etc..

 

Il est donc évident qu’affronter convenablement ces individus ne serait que donner pleine satisfaction au peuple béninois qui n’attend plus rien de cette catégorie de ses enfants qui, manifestement, se sont décrédibilisés en s’éloignant des préoccupations quotidiennes de ce peuple.

 

En un mot, Boni YAYI aura toujours le soutien de ce peuple car personne n’entend laisser aucune occasion à des apatrides qui sont également dans le collimateur de l’ex président Mathieu KEREKOU qui ne manque aucune occasion de les dénoncer publiquement.

Si pendant longtemps cet ancien chef d’Etat a eu le courage de laisser ces mêmes personnes écumer les ressources de ce pays, force est de lui reconnaître cette force de les dénoncer aujourd’hui, en guise de soutien indéfectible à Boni YAYI, tout ce beau monde qui veut parler de gouvernance. Mais pourquoi le G13 parle de gouvernance sans coller à ce mot un qualificatif.

La réponse ne souffre d’aucun mystère. Le G13 en parlant de gouvernance sans un adjectif qualificatif parle indirectement de sa participation au partage de pouvoir sans se soumettre à la charte du gouvernement.

Autrement dit, le G13 veut se faire une santé financière avant les élections de 2011 car ses membres influents ont perdu de leur superbe. Boni YAYI ne perdra donc rien à isoler ses types de la bonne gouvernance qui est devenue une notion chère au peuple béninois.      

 

 

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